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Safadi : les Arabes donneront des garanties sécuritaires à Israël en cas d’accord de paix

Le ministre jordanien des Affaires étrangères a dit à son homologue russe qu’Amman “considère que le problème palestinien est au cœur des tensions de notre région”

Ayman Safadi, le ministre jordanien des Affaires étrangères, à droite, avec son homologue allemand Sigmar Gabriel, à Amman, le 24 avril 2017. (Crédit : Khalil Mazraawi/AFP)
Ayman Safadi, le ministre jordanien des Affaires étrangères, à droite, avec son homologue allemand Sigmar Gabriel, à Amman, le 24 avril 2017. (Crédit : Khalil Mazraawi/AFP)

Le ministre jordanien des Affaires étrangères a déclaré samedi que les pays arabes donneraient des garanties de sécurité à Israël dans le cadre d’un accord de paix avec les Palestiniens où Israël se retirerait de Cisjordanie, a annoncé l’agence de presse russe Spoutnik.

Pendant une rencontre entre Ayman Safadi et son homologue russe Sergueï Lavrov, le ministre jordanien a déclaré: « afin qu’Israël vive en paix avec les Arabes, il est nécessaire qu’ils quittent les territoires occupés après 1967. Donc si cela se produit, les pays arabes seront prêts à donner des garanties de sécurité à Israël. »

Il n’a pas été précisé ce que pourraient comprendre ces garanties.

Safadi a parlé de la nécessité d’ « ouvrir un nouvel horizon politique » pour la paix dans la région.

« Nous considérons que le règlement du problème palestinien est au cœur des tensions dans notre région. C’est pourquoi nous prévoyons réellement de créer des conditions de sécurité et de stabilité supplémentaires dans notre région et dans le monde entier », a-t-il annoncé.

Safadi avait déjà déclaré qu’un accord de paix entraînerait une « réconciliation historique entre Israël et tout le monde arabe. »

Sommet de la Ligue arabe à la station balnéaire de Sweimeh, en Jordanie, le 29 mars 2017. (Crédit : Khalil Mazraawi/AFP)
Sommet de la Ligue arabe à la station balnéaire de Sweimeh, en Jordanie, le 29 mars 2017. (Crédit : Khalil Mazraawi/AFP)

Pendant son sommet annuel en mars, la Ligue arabe avait renouvelé son soutien à l’Initiative de paix arabe proposée en 2002 par l’Arabie saoudite, qui propose une reconnaissance d’Israël par des dizaines de pays arabes et musulmans en échange de la création d’un état palestinien en Cisjordanie, dans la bande de Gaza et à Jérusalem Est. Israël n’accepte pas, entre autres choses, d’envisager un retrait total des territoires conquis pendant la guerre des Six Jours de 1967, et a cherché, sans succès, à négocier la proposition initiale.

Le roi Abdallah II de Jordanie aurait présenté au président américain Donald Trump la position arabe quand les deux dirigeants se sont rencontrés ce mois-ci.

La Jordanie affirme que le conflit israélo-palestinien, vieux de plusieurs décennies, reste au cœur des conflits de la région et que, s’il ne peut être résolu, il compromettra les objectifs de l’administration Trump au Moyen Orient et la défaite des extrémistes du groupe terroriste Etat islamique.

L’envoyé international de Trump, Jason Greenblatt, a dit aux dirigeants arabes en marge du sommet de mars en Jordanie que le président américain avait à cœur de conclure un accord de paix israélo-palestinien et qu’il pensait que c’était faisable.

Trump n’a pas indiqué quel genre d’accord il souhaitait conclure, mais il semble s’être éloigné de ses premières déclarations, dans lesquelles il sous-entendait qu’il pouvait accepter des alternatives à la solution à deux états, soutenue par la communauté internationale et les précédents présidents américains.

Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, à droite, avec Jason Greenblatt, conseiller et envoyé spécial du président américain pour les négociations internationales, au bureau d'Abbas à Ramallah, en Cisjordanie, le 14 mars 2017. (Crédit : WAFA)
Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, à droite, avec Jason Greenblatt, conseiller et envoyé spécial du président américain pour les négociations internationales, au bureau d’Abbas à Ramallah, en Cisjordanie, le 14 mars 2017. (Crédit : WAFA)

Pour l’instant, les émissaires de Trump tentent d’obtenir du Premier ministre Benjamin Netanyahu qu’il freine la construction dans les implantations et adoucisse les restrictions économiques qui pèsent sur les Palestiniens, une mesure américaine traditionnelle pour tenter de relancer les négociations entre Israéliens et Palestiniens.

Greenblatt a été salué par les responsables palestiniens, qui ont déclaré qu’il avait été étonnamment ouvert à leurs préoccupations pendant sa récente « tournée d’écoute » dans la région.

Mahmoud Abbas, le président de l’Autorité palestinienne, devait voir samedi le président égyptien Abdel Fattah el-Sissi pour coordonner ses positions sur le processus de paix avant sa première rencontre avec Trump à Washington cette semaine. Trump a accueilli Netanyahu en février, et devrait se rendre en Israël fin mai.

Selon les médias israéliens et palestiniens, Abbas et Sissi devaient aussi discuter des relations qui se détériorent entre l’Autorité palestinienne et le groupe terroriste du Hamas dans la bande de Gaza.

Des agences ont contribué à cet article.

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