Les dirigeants arabes mettent Israël en garde contre l’abandon de la solution à 2 États
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Les dirigeants arabes mettent Israël en garde contre l’abandon de la solution à 2 États

Au sommet de la Ligue arabe, Abbas place la Jordanie et l'Égypte comme les acteurs majeurs de la médiation avec Israël

Dov Lieber est le correspondant aux Affaires arabes du Times of Israël

Réunion des ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe au Caire, le 7 mars 2017. (Crédit : Khaled Desouki/AFP)
Réunion des ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe au Caire, le 7 mars 2017. (Crédit : Khaled Desouki/AFP)

Le roi Abdallah II de Jordanie, avec le soutien des autres dirigeants arabes, a lancé un avertissement sévère contre Israël, indiquant que les implantations entravaient toute chance de parvenir à un accord de paix avec les Palestiniens, et tout espoir d’accord régional avec les États arabes.

« L’expansion incessante des implantations israéliennes… entravent les chances de paix », a déclaré Abdullah, à l’ouverture du sommet de la Ligue arabe du coté jordanien de la mer Morte.

« Il ne peut y avoir ni paix ni stabilité dans la région sans une solution juste et exhaustive pour la cause palestinienne, la question fondamentale du Moyen Orient, au regard de la solution à 2 États », a-t-il dit.

Abdullah a été rejoint par de nombreux chefs d’États arabes, notamment le roi saoudien Salman ben Abdul Aziz, l’émir du Qatar Sheikh Hamad bin Khalifa Al Thani et le président égyptien Abdul Fatah A-Sissi, qui ont appelé à une solution à 2 États, indiquant qu’elle est la seule solution viable au conflit israélo-palestinien.

Cette position ferme contraste avec l’image que donnent le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président américain Donald Trump, qui, ces derniers mois, ne semblaient pas nécessairement attachés à l’idée d’un état palestinien aux côtés d’Israël.

Les déclarations les plus fortes ont été prononcées par les deux chefs d’États arabes qui ont passé des accords de paix et entretiennent une étroite coopération en matière de sécurité, la Jordanie et l’Égypte.

« L’Égypte a toujours cherché et cherche toujours une solution globale et juste à ce problème, à l’établissement d’un état palestinien basé sur les frontières de 1967, avec comme capitale, Jérusalem Est », a déclaré Sissi.

Abbas a déclaré qu’il attendait impatiemment le soutien des 21 pays arabes présents pour ce sommet, afin qu’ils mettent fin à l’expansion des implantations et qu’ils reconnaissent un potentiel état palestinien, mais « particulièrement de la part des pays qui ont reconnu Israël et qui croient en la solution à 2 États ».

Ces propos pourraient être des reproches sur une réunion secrète qu’ils ont tenu l’an dernier avec Netanyahu, à Aqaba, à l’initiative des États-Unis et à l’insu d’Abbas.

Le roi Abdallah II de Jordanie, au centre, avec ses frères le prince Faisal, à gauche, kle prince Ali, 2e à gauche, le prince Hamzeh, 2e à droite, le prince Hashem, 3e à droite, et leur cousin le prince Rashed avant l'arrivée du roi Salmane d'Arabie saoudite pour le 28e sommet de la Ligue arabe en Jordanie, le 27 mars 2017. (Crédit : Khalil Mazraaqi/AFP)
Le roi Abdallah II de Jordanie, au centre, avec ses frères le prince Faisal, à gauche, kle prince Ali, 2e à gauche, le prince Hamzeh, 2e à droite, le prince Hashem, 3e à droite, et leur cousin le prince Rashed avant l’arrivée du roi Salmane d’Arabie saoudite pour le 28e sommet de la Ligue arabe en Jordanie, le 27 mars 2017. (Crédit : Khalil Mazraaqi/AFP)

Ce sommet n’a pas donné de résultat, mais il a montré que les principaux alliés d’Abbas étaient disposés à adopter un accord régional pour solutionner le conflit.

Et Abbas a reçu le soutien qu’il espérait. Non seulement l’Égypte et la Jordanie ont réaffirmé leur attachement envers la solution à 2 États, mais ils ont aussi qualifié la cause palestinienne de « question fondamentale » du Moyen Orient, dans un contexte qui placerait la guerre civile en Syrie, l’État islamique et l’influence de l’Iran comme des questions plus urgentes.

Abdallah II n’a pas évoqué d’accord de paix arabe, mais Sissi l’a fait, en indiquant qu’il s’agit d’un élément fondamental pour parvenir à résoudre le conflit.

Le roi saoudien Salman a également réaffirmé son attachement envers cet accord, qui avait été initialement proposé par son pays en 2002. L’initiative de paix arabe propose la normalisation des liens entre Israël et des dizaines de pays arabes et musulmans, en échange de la création d’un état palestinien dans les frontières de 1967.

Israël encourage une paix régionale, qui passerait par la normalisation avec certains pays arabes et la conclusion d’un accord avec les Palestiniens. Abbas a refusé de revenir sur l’initiative de paix arabe, craignant qu’elle n’affaiblisse davantage la position des Palestiniens vis-à-vis d’Israël.

Netanyahu n’a pas formellement abandonné son engagement envers la solution à 2 États, mais a cessé de la mentionner dans ses discours depuis l’investiture de Trump. Au lieu de cela, il a fait vaguement mention d’un accord régional.

Netanyahu se targue souvent des alliances étroites qu’il entretiendrait avec certains pays arabes, en coulisses.

Dans son discours à la conférence de l’AIPAC, le lobby américain pro-Israël, Netanyahu a de nouveau fait allusion à une approche régionale, en affirmant que « l’État d’Israël et plusieurs de ses voisins arabes font face aux mêmes dangers, et cela offre l’opportunité de construire des ponts vers un avenir meilleur ».

Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, à droite, avec Jason Greenblatt, représentant spécial pour les négociations internationales du président Trump, à Ramallah, le 14 mars 2017. (Crédit : Abbas Momani/AFP)
Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, à droite, avec Jason Greenblatt, représentant spécial pour les négociations internationales du président Trump, à Ramallah, le 14 mars 2017. (Crédit : Abbas Momani/AFP)

Ces dernières semaines, il semblerait que Trump revienne sur son attachement envers la solution à 2 États, comme la meilleure des solutions.

Son envoyé spécial Jason Greenblatt assistait au sommet de la Ligue Arabe et Trump a convié Abbas à la Maison Blanche en avril, après avoir dit qu’il voulait « conclure un accord ultime » entre Israéliens et Palestiniens.

La visite d’Abbas sera cependant précédée de celles des chefs d’États égyptien et jordanien, qui entretiennent de cordiales relations avec Trump.

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