“Sales Juifs” : Assa Traoré dépose plainte contre Didier Lallement
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“Sales Juifs” : Assa Traoré dépose plainte contre Didier Lallement

Le comité "Vérité pour Adama" reproche au préfet d’avoir, dans un tweet, généralisé des propos antisémites entendus lors de la manifestation du 13 juin à tous les manifestants

Des manifestants place de la République, à Paris, lors d'une manifestation le 13 juin 2020 lors de laquelle certains participants ont scandé des propos antisémites. (Crédit : Anne-Christine POUJOULAT / AFP)
Des manifestants place de la République, à Paris, lors d'une manifestation le 13 juin 2020 lors de laquelle certains participants ont scandé des propos antisémites. (Crédit : Anne-Christine POUJOULAT / AFP)

Assa Traoré, sœur d’Adama Traoré, mort après son interpellation en 2016, a déposé plainte contre Didier Lallement, préfet de police de Paris, a appris France Info auprès de l’avocat de la jeune femme.

La jeune femme, à la tête du comité « Vérité pour Adama », qui a notamment organisé une manifestation le samedi 13 juin lors de laquelle des propos antisémites ont été entendus, reproche au préfet d’avoir, dans un tweet, généralisé ces propos à tous les manifestants.

La plainte accuse ainsi Lallement de dénonciation calomnieuse et faux en écriture publique.

« Didier Lallement ne pouvait pourtant ignorer que les termes ‘sales Juifs’ n’avaient pas été scandés par les manifestants le 13 juin 2020 place de la République, mais qu’un seul homme semblait avoir tenu de tels propos », rapporte le texte de la plainte.

« En affirmant dans un signalement au procureur de la République sur le fondement de l’article 40 du code de procédure pénale que ‘les manifestants’ avaient proféré des injures à raison de la religion, le préfet se rend coupable de dénonciation calomnieuse mais aussi du crime de faux en écriture publique puisqu’il a altéré la vérité dans un document
officiel », affirme Yassine Bouzrou, l’avocat d’Assa Traoré. « Le préfet de police a le droit d’être un mauvais préfet mais n’a pas le droit de commettre des infractions pénales. »

En France, la peine pour dénonciation calomnieuse peut s’élever jusqu’à 15 ans de prison et 225 000 euros d’amende.

Contactée par France Info, la préfecture de police avance qu’il « est du devoir de chaque fonctionnaire de signaler toute infraction dont il a connaissance ».

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