Sanders « résolu » à couper les aides pour faire pression sur Israël une fois élu
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Sanders « résolu » à couper les aides pour faire pression sur Israël une fois élu

Le sénateur du Vermont et candidat démocrate pour 2020 dit qu'il n'est pas anti-Israël, mais que la politique du Moyen Orient des États-Unis ne peut être uniquement "pro-Israël"

Eric Cortellessa couvre la politique américaine pour le Times of Israël

Le candidat démocrate à la présidence et sénateur américain Bernie Sanders (indépendant du Vermont) prend la parole lors d'un rassemblement électoral le 26 juillet 2019 à Santa Monica, Californie. (Mario Tama/Getty Images/AFP)
Le candidat démocrate à la présidence et sénateur américain Bernie Sanders (indépendant du Vermont) prend la parole lors d'un rassemblement électoral le 26 juillet 2019 à Santa Monica, Californie. (Mario Tama/Getty Images/AFP)

WASHINGTON – Le sénateur du Vermont Bernie Sanders, l’un des principaux candidats démocrates à la présidence pour 2020, envisagerait « absolument » d’effectuer des coupes dans l’aide étrangère américaine à Israël afin de faire pression sur Jérusalem.

Les États-Unis fournissent à Israël quelque 3,8 milliards de dollars d’aide militaire, et quand on lui a demandé s’il « étudierait la possibilité d’utiliser cela comme moyen de pression pour amener le gouvernement israélien à agir différemment », le natif de Brooklyn a répondu : « Absolument ».

M. Sanders, qui occupe actuellement la deuxième place dans la plupart des sondages pour les primaires démocrates, a fait ses commentaires vendredi à Jon Favreau, ancien rédacteur des discours de Barack Obama, sur le populaire podcast Pod Save America.

Le candidat, qui est juif et a vécu dans un kibboutz en Israël, est considéré comme plus critique envers Jérusalem que les autres candidats démocrates à l’investiture.

Il a cherché à contextualiser sa réponse en disant qu’il ne prendrait pas de décisions qui rendraient Israël militairement vulnérable.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu prend la parole lors d’une conférence organisée par le journal « Israel Hayom » dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 27 juin 2019. (Aharon Krohn/Flash90)

« J’ai de la famille en Israël. Je suis juif. Je ne suis pas anti-Israël », a-t-il dit. « D’accord, je crois que le peuple d’Israël a absolument le droit de vivre en paix, dans l’indépendance et la sécurité. Fin de la discussion – c’est ce que je crois fermement. »

Mais, a-t-il ajouté : « Je pense que ce qui s’est passé ces dernières années sous Netanyahu, c’est que vous avez un gouvernement d’extrême droite avec de nombreuses tendances racistes ».

Sanders a déjà qualifié le Premier ministre Benjamin Netanyahu de raciste, et il a fermement condamné la manœuvre du Premier ministre plus tôt cette année qui a permis à un parti raciste anti-arabe d’entrer à la Knesset.

Il a également critiqué sévèrement les implantations israéliennes et la présence d’Israël en Cisjordanie. En juin, il a posé avec les activistes d’IfNotNow tenant une pancarte qui disait : « Juifs contre l’occupation. »

Sur le podcast, M. Sanders a déclaré que la politique américaine à l’égard d’Israël ne pouvait pas être unidimensionnelle, mais plutôt plus holistique, axée sur ce qui sert le mieux les intérêts des États-Unis et de la région, y compris les Palestiniens.

« Ce n’est pas chose facile – essayer d’apporter enfin la paix au Moyen Orient et de traiter le peuple palestinien avec le respect et la dignité qu’il mérite », a-t-il dit. « Notre politique ne peut pas être simplement pro-Israël pro-Israël pro-Israël. Elle doit être pro-régionale et travailler avec tous les peuples, tous les pays de la région. »

Cette photo prise le 30 mars 2019 depuis le kibboutz de Nahal Oz, au sud d’Israël, en face de la bande de Gaza, montre des véhicules militaires israéliens se tenant à la clôture de la frontière, alors que des Palestiniens, brandissant des drapeaux nationaux, manifestent pour célébrer le premier anniversaire des manifestations « Marche du Retour ». (Jack Guez/AFP)

Les programmes d’aide militaire à Israël n’ont cessé d’augmenter depuis le milieu des années 1980, lorsqu’ils ont été proposés pour la première fois, et sont considérés comme un élément central de l’alliance américano-israélienne. Peu de législateurs américains ont contesté ces aides. En septembre 2016, M. Obama et M. Netanyahu ont signé un protocole d’accord portant le montant annuel de 3 milliards de dollars à 3,8 milliards de dollars pour les dix prochaines années, malgré les liens glacials qui les opposaient.

Le dirigeant du Conseil de sécurité nationale d’Israël, Yaakov Nagel, et Thomas Shanon, sous-secrétaire d’Etat américain aux Affaires politiques, après la signature de l’accord d’aide militaire israélo-américain au département d’Etat, le 14 septembre 2016. (Crédit : ambassade israélienne à Washington)

L’ensemble de l’aide est considéré en Israël comme essentiel pour l’aider à maintenir son avantage militaire qualitatif par rapport aux menaces potentielles dans la région.

En avril 2016, Sanders était l’un des 17 sénateurs qui n’avaient pas signé une lettre adressée à Obama l’exhortant à accroître son aide à Israël.

Sanders n’est pas le premier démocrate en vue à lancer l’idée de réduire l’aide à Israël s’il maintient des politiques auxquelles les États-Unis s’opposent pour des raisons morales et politiques.

En avril, l’élue Alexandria Ocasio-Cortez a été interrogée sur le podcast Skullduggery de Yahoo pour savoir si les États-Unis devraient envisager de redéfinir leur politique vis-à-vis d’Israël.

La représentante démocrate de New York Alexandria Ocasio-Cortez pendant une réunion du National Action Network à New York, le 5 avril 2019. (Crédit : Don Emmert/AFP)

« Je pense que oui », a dit Ocasio-Cortez. « Je pense que cela fait partie des conversations que nous avons dans notre caucus, mais je pense que ce que nous voyons vraiment, c’est une montée de l’autoritarisme à travers le monde. Je pense que Netanyahu est un personnage du genre de Trump. »

La réduction de l’aide militaire ou économique à Israël est, dit-elle, « assurément sur la table ».

Le groupe sioniste libéral J Street lui avait alors attribué le mérite d’exprimer une opinion « nuancée » sur la politique américaine envers Israël.

« Position nuancée de @AOC à la suite de la promesse d’annexion de Netanyahu : ouvrir la discussion sur les relations américano-israéliennes », a tweeté Jeremy Ben-Ami, le président de cette organisation. « Le point de vue de J Street : Les Etats-Unis peuvent assurer la sécurité israélienne sans financer des activités qui vont à l’encontre des valeurs américaines, des intérêts tels que l’annexion, les démolitions. »

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