Séance spéciale à la Knesset pour financer les villes touchées près de Gaza
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Séance spéciale à la Knesset pour financer les villes touchées près de Gaza

Le parti d'opposition Kakhol lavan appelle au débat autour du "mépris et du manque d'attention du gouvernement à l'égard" des résidents des villes frontalières israéliennes

Raoul Wootliff est le correspondant parlementaire du Times of Israël

Un incendie causé par un engin incendiaire provenant de la bande de Gaza fait rage dans un champ agricole de la région de Shaar Hanegev dans le sud d'Israël le 27 juin 2019. (Conseil régional de Shaar Hanegev)
Un incendie causé par un engin incendiaire provenant de la bande de Gaza fait rage dans un champ agricole de la région de Shaar Hanegev dans le sud d'Israël le 27 juin 2019. (Conseil régional de Shaar Hanegev)

En plein troubles en cours le long de la frontière de Gaza, les membres de la 21e Knesset, qui est de courte durée, reprendront brièvement leurs sièges lundi matin dans la salle plénière du Parlement pour une session spéciale de suspension des travaux, appelée à débattre du financement des communautés frontalières israéliennes touchées par la violence.

La session, formellement intitulée « Budgétisation de la fortification des localités situées près de la frontière de Gaza, y compris les grandes villes », a été demandée par plus de 25 députés, principalement du parti Kakhol lavan, qui siège dans l’opposition.

« Outre la question de la protection des communes, la réunion discutera des mesures nécessaires pour le sort des habitants de la région, compte tenu de la récente vague d’attaques incendiaires et des informations concernant un accord avec le Hamas, dont les détails sont inconnus du public », a déclaré Kakhol lavan dans un communiqué avant la session.

Le parti a déclaré qu’il avait invité les résidents des communes frontalières à assister au débat « pour discuter du mépris et du manque d’attention du gouvernement à leur égard ».

Dimanche, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a rejeté les critiques à l’encontre du gouvernement pour ses récentes politiques à Gaza, y compris l’octroi de concessions économiques en échange de l’accord du Hamas de mettre fin aux incendies criminels et aux émeutes aux frontières – même si la violence a continué sans répit.

« Je ne suis pas impressionné par la propagande des ‘experts’. Beaucoup d’entre eux nous donnent des conseils qu’ils n’ont pas eux-mêmes mis en œuvre lorsqu’ils étaient en fonction », a déclaré M. Netanyahu avant la réunion hebdomadaire du cabinet du Premier ministre à Jérusalem, faisant référence aux déclarations faites par ses concurrents politiques qui avaient auparavant servi comme chefs de l’armée et de la défense.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu préside la réunion hebdomadaire du cabinet à son bureau à Jérusalem, le 30 juin 2019. (Oded Balilty/AP)

Le Premier ministre a également averti qu’Israël pourrait être contraint de partir en guerre s’il n’y a pas de fin à la violence émanant de la bande de Gaza.

« Et ne vous y trompez pas, ils seront aussi les premiers à nous critiquer après que nous nous serons lancés dans une opération militaire à grande échelle, ce que nous pourrions être obligés de faire. Ce qui me guide n’est donc qu’une chose : la sécurité de l’État d’Israël », a déclaré le Premier ministre.

« Nous comprenons la détresse des localités de la zone de l’enveloppe [de Gaza] et nous nous efforçons de rendre les choses aussi faciles que possible », a dit Netanyahu. « La semaine dernière, nous avons imposé de lourdes sanctions au Hamas, y compris l’arrêt de l’approvisionnement en carburant. Si nécessaire, nous agirons avec d’autres moyens, beaucoup plus lourds. Ces actions sont menées en consultation avec toutes les forces de sécurité. »

Plus tôt vendredi, un responsable israélien a confirmé que le pays avait accepté un certain nombre de concessions économiques pour Gaza en échange de la fin des incendies criminels et autres violences le long de la frontière. Israël a accepté d’étendre la zone de pêche au large de la côte de Gaza à 15 miles marins et de rétablir l’approvisionnement en carburant du territoire palestinien, a déclaré le responsable.

Le chef du parti Kakhol lavan, le député Benny Gantz, s’est moqué de Netanyahu au sujet de l’accord et s’est joint aux critiques de l’opposition sur sa politique vis-à-vis de l’enclave palestinienne.

Benny Gantz, ancien chef de Tsahal sous Netanyahu, a appelé à des « attaques fortes » contre le Hamas en réponse aux tirs de ballons incendiaires depuis Gaza. La dernière incursion militaire d’Israël dans l’enclave a été l’opération Bordure protectrice en 2014, lorsque Netanyahu était Premier ministre et Gantz, son chef d’état-major.

Netanyahu a déjà défendu sa politique à Gaza en disant qu’il était dans l’intérêt d’Israël de faire tout son possible pour éviter une opération militaire majeure. Gantz a souvent attaqué Netanyahu au sujet de Gaza pendant la campagne électorale, mais il a donné peu de détails sur ce qu’il aurait fait différemment s’il était Premier ministre.

Le dirigeant de Kakhol lavan, Benny Gantz, répond à des journalistes devant un champ calciné dans le sud d’Israël, le 28 juin 2019. (Crédit : capture écran / Twitter)

Le Hamas, qui cherche à détruire Israël, s’est emparé de Gaza aux mains de l’Autorité palestinienne en 2007 et gouverne le territoire depuis. Israël tient le Hamas pour responsable de toutes les attaques qui en émanent.

Les incendies criminels se sont considérablement intensifiés la semaine dernière, les équipes affiliées au Hamas lançant des centaines de ballons et de préservatifs gonflés à l’hélium transportant des engins incendiaires et, dans certains cas, des explosifs de l’autre côté de la frontière.

Il n’y a pas eu de blessés dans les incendies causés, dont la plupart se sont produits dans des champs agricoles et des prairies, mais ils ont causé d’importants dommages aux cultures et à la faune.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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