Sebastian Kurz : Netanyahu m’a « secoué » et poussé à agir contre le virus
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Sebastian Kurz : Netanyahu m’a « secoué » et poussé à agir contre le virus

Le chancelier autrichien a déclaré que le Premier ministre israélien l'avait averti que l'Europe sous-estimait la menace et l'avait invité à "se réveiller et à agir"

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, (à droite), avec le chancelier autrichien Sebastian Kurz au bureau du Premier ministre de Jérusalem, le 11 juin 2018. (Crédit : Ohad Zwigenberg/Pool)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, (à droite), avec le chancelier autrichien Sebastian Kurz au bureau du Premier ministre de Jérusalem, le 11 juin 2018. (Crédit : Ohad Zwigenberg/Pool)

Le chancelier autrichien Sebastian Kurz a déclaré qu’il avait intensifié les mesures pour tenter d’arrêter la propagation du coronavirus après avoir parlé au Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui l’a averti par téléphone que l’Europe sous-estimait l’impact dévastateur de la pandémie.

Dans une interview avec le quotidien allemand Bild vendredi, M. Kurz a déclaré que M. Netanyahu lui avait fait comprendre il y a deux semaines que l’Europe allait être durement touchée par le virus, et l’avait « secoué » face à sa relative insouciance.

« Netanyahu m’a dit : ‘Vous sous-estimez cela en Europe… Réveillez-vous et agissez’. »

Suite à cet appel, et après s’être entretenu avec plusieurs chefs de gouvernement asiatiques, Kurt a introduit un ensemble de restrictions qui, selon lui, resteront en vigueur jusqu’au 13 avril.

Le 11 mars, l’Autriche autorisait encore des rassemblements allant jusqu’à 500 personnes en plein air et les écoles restaient ouvertes. Le 15 mars, elle avait interdit tous les rassemblements de cinq personnes ou plus et fermé les écoles, les restaurants et les entreprises.

Depuis le 16 mars, elle ne permet aux individus de quitter leur domicile que dans des circonstances très limitées, comme travailler – s’il n’est pas possible de travailler à domicile -, acheter de la nourriture ou aider les autres.

Dans l’interview, M. Kurz a appelé la population à « s’accrocher » et a reconnu que cela exigeait « beaucoup de sacrifices ».

« Nous évaluerons en permanence si, à partir du 14 avril, nous pouvons lever les mesures étape par étape pour revenir à la normale », a-t-il ajouté.

A la date de vendredi, la nation alpine de près de neuf millions d’habitants a déclaré avoir enregistré plus de 2 200 cas du nouveau coronavirus et 6 décès.

L’augmentation quotidienne des nouveaux cas a légèrement ralenti et s’élève maintenant à 20 %, a déclaré le ministre de la Santé Rudolf Anschober, ajoutant que cela restait « insuffisant ».

Les autorités continuent d’appeler les citoyens à respecter les mesures strictes. Quelque 1 200 infractions ont été commises au cours de la semaine, a déclaré le ministre de l’Intérieur Karl Nehammer. Ceux qui ne respectent pas les mesures prises s’exposent à des amendes pouvant atteindre 3 600 euros.

L’Autriche a également adopté des restrictions strictes en matière de voyages, ce qui a entraîné l’annulation de vols et de transports ferroviaires en provenance d’Italie et d’autres pays touchés par le virus.

Il a également déclaré jeudi qu’il plaçait toutes les arrivées par avion en quarantaine obligatoire de 14 jours à domicile. Seuls les passagers en transit, les professionnels de la santé et le personnel des organisations internationales sont exemptés.

La province occidentale du Tyrol a été placée sous quarantaine la semaine dernière, en plus de plusieurs communes de deux autres provinces occidentales, après de multiples cas dans la région frontalière avec l’Italie.

Kurz et Netanyahu entretiennent des relations chaleureuses, et le chancelier autrichien avait été le premier dirigeant à féliciter Netanyahu après les élections du 2 mars pour sa « victoire » – si ce n’est le seul.

« Félicitations sincères au Premier ministre @netanyahu pour sa nette victoire électorale ! Je me réjouis de continuer à travailler avec vous afin de renforcer encore nos excellentes relations bilatérales et de lutter contre l’antisémitisme et l’antisionisme », avait-il tweeté le 3 mars, bien avant que tous les votes n’aient été comptés et que la commission centrale électorale n’ait publié les résultats définitifs.

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