Selon une étude de la Fed, la grippe espagnole a favorisé le nazisme
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Selon une étude de la Fed, la grippe espagnole a favorisé le nazisme

Selon l'auteur du rapport, le changement démographique et la tendance historique des citoyens à rejeter la faute des épidémies sur les étrangers ont accru le soutien aux nazis

Le Federal Reserve Bank de New York. (Crédit : CC BY gonsee, Flickr)
Le Federal Reserve Bank de New York. (Crédit : CC BY gonsee, Flickr)

Une récente étude de la Fed, la Federal Reserve Bank de New York (la banque centrale de New York), s’est intéressée aux liens entre la grippe espagnole, survenue entre 1918 et 1919, et le vote extrémiste dans les années 1930 en Allemagne.

Publié lundi, le document avance que les régions allemandes les plus touchées par l’épidémie ont connu par la suite un pourcentage plus élevé du vote nazi lors des scrutins de 1932 et 1933. Environ 287 000 Allemands seraient morts de la grippe espagnole entre 1918 et 1920.

L’étude porte sur 60 villes en Allemagne. Le vote communiste a lui connu un déclin dans les zones du pays les plus touchées par le virus. L’étude avance également que les investissements publics ont diminué dans les villes allemandes les plus durement touchées, en particulier dans le secteur de l’éducation.

Selon Kristian Blickle, auteur du rapport et économiste à la FED, le changement démographique provoqué par la pandémie et la tendance historique des citoyens à rejeter la faute des épidémies sur les étrangers pourraient avoir accru le soutien à l’extrémisme – et donc aux nazis.

« La souche particulière de grippe qui a sévi de 1918 à 1920 a largement affecté les jeunes et a ainsi remodelé la démographie », a-t-il expliqué. « Les régions les plus touchées ont perdu une part de jeunes relativement plus importante que les autres régions. Cela peut avoir modifié la vision et les attitudes futures de la société [allemande]. »

« De plus, étant donné les origines étrangères du virus, il peut avoir suscité un ressentiment envers les étrangers, qui ont été considérés comme responsables de la pandémie », a-t-il ajouté.

Blickle a noté que les régions dans lesquelles le vote nazi avait été le plus fort avaient davantage eu tendance à rejeter la faute sur les étrangers lors des épidémies du Moyen-Âge.

Suite à l’épidémie de coronavirus, les communautés asiatiques à travers le monde ont connu une montée du racisme à leur égard. Les étrangers en Chine, et notamment les personnes noires, ont également connu des discriminations selon ABC News. Les thèses antisémites ont également été favorisées par la pandémie ont rapporté plusieurs sources, dont le centre Kantor de l’université de Tel Aviv.

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