Shaked aurait promis l’immunité à Netanyahu contre son poste la Justice – média
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Shaked aurait promis l’immunité à Netanyahu contre son poste la Justice – média

La chef du parti Yamina aurait affirmé qu'elle pouvait convaincre le procureur général de clore les enquêtes, dans sa présumée quête pour rejoindre le Likud ; Shaked dément

Ayelet Shaked, ancienne ministre de la Justice et chef du parti HaYamin HaHadash, pose pour un selfie lors d'une conférence de presse à Ramat Gan, le 21 juillet 2019. (Tomer Neuberg/Flash90)
Ayelet Shaked, ancienne ministre de la Justice et chef du parti HaYamin HaHadash, pose pour un selfie lors d'une conférence de presse à Ramat Gan, le 21 juillet 2019. (Tomer Neuberg/Flash90)

Un article publié lundi par Haaretz affirmait que l’ancienne ministre de la Justice, qui dirige désormais le parti Yamina, avait proposé d’utiliser son influence auprès du procureur général d’Israël pour garantir que les trois affaires de corruption qui pèsent sur le Premier ministre Benjamin Netanyahu soient classées.

Si cette accusation s’avère véridique, les actions présumées de Shaked constitueraient en elles-même un crime, notamment l’abus de confiance et obstruction à la justice. Elle a farouchement démenti l’article lundi, le qualifiant de « bas et ignoble ».

L’article a été publié dans le quotidien Haaretz, qui assure avoir consulté des échangés écrits et des enregistrements de « personnalités politiques » faisant cette offre au nom de Shaked.

Durant les mois de juin et de juillet, alors que le monde politique se préparait aux nouvelles élections, Shaked, visage connu et apprécié de la droite, qui a échoué aux élections d’avril, aurait mis en oeuvre des efforts considérables pour rejoindre les rangs du Likud.

Elle aurait utilisé des intermédiaires pour faire pression sur d’influentes figures du parti au pouvoir, notamment Netanyahu et sa femme, qui, selon des responsables du Likud, aurait une influence considérable sur les décisions politiques de son mari.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’entretient avec la ministre israélienne de la Justice Ayelet Shaked (G) lors d’un vote dans la salle de réunion du Parlement israélien, le 21 décembre 2016, lors du vote du budget national pour 2017-2018. (Yonatan Sindel/Flash90)

Plusieurs hauts responsables du parti ont été persuadés de soutenir ses efforts après que des sondages internes auraient montré que son classement en haut de la liste du parti au pouvoir à la Knesset pourrait donner un coup de pouce de cinq sièges au parti.

Mais les efforts de Shaked se seraient révélés infructueux, notamment à cause de l’animosité entre elle et la famille Netanyahu, qui la suspecte d’être impliquée dans les fuites qui portent atteinte à Benjamin Netanyahu. Certains élus du Likud ont également tenté de torpiller ses efforts, ne voyant pas leur intérêt à la faire entrer dans la compétition au sein du parti.

C’est durant cette phase de pression que Shaked aurait envoyé des messagers à plusieurs personnes de l’entourage de Netanyahu pour leur proposer « un soutien total à l’immunité de Netanyahu et éviter son inculpation ».

Netanyahu risque des poursuites dans trois affaires, sous réserve d’une audience prévue en octobre avec le procureur général Avichai Mandelblit.

Selon le journal, l’un de ces messagers aurait dit à un interlocuteur anonyme du Likud que Shaked était très proche de Mandelblit.

« Elle le contrôle, elle sait comment l’influencer. Elle est proche de lui. Si elle n’est pas aux commandes du ministère de la Justice, c’est évident que Bibi [Netanyhu] ira en prison », aurait dit ce messager.

Il aurait également dit que Shaked était mieux placée que personne pour offrir à Netanyahu l’immunité parlementaire. « Elle est la seule à pouvoir amener l’immunité à Bibi. Elle sait comment aller parler aux médias et leur expliquer pourquoi l’immunité est nécessaire. Ils lui font confiance, elle n’est pas Miri Regev [la ministre de la Culture populiste du Likud]. »

Le procureur-général Avichai Mandelblit, à gauche, et la ministre de la Justice Ayelet Shaked lors d’une cérémonie à Jérusalem, le 13 juin 2017 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Un autre responsable aurait assuré à un autre proche de Netanyahu la « loyauté totale » de Shaked. « Elle soutiendra le Premier ministre quoi qu’il en soit. »

Shaked a farouchement rejeté cet article lundi, le qualifiant de « tentative basse et ignoble de me calomnier. Si les propos relayés [dans l’article] ont effectivement été dits par quelqu’un, c’est très grave. Mais je n’ai rien à voir avec cela et ils n’ont pas été dits avec mon aval. Je n’ai jamais parlé avec le procureur général d’affaires criminelles, et encore moins lorsqu’il est question de Netanyahu. »

Mandelblit a annoncé au début de l’année son intention d’inculper Netanyahu pour fraude et abus de confiance dans l’une des trois affaires, et de corruption dans l’une d’entre elles, sous réserve d’une audience.

L’audience a été prévue pour le 2 et 3 octobre. Initialement prévue le 10 juillet, elle a été reportée à la demande de l’équipe juridique du Premier ministre.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) et le secrétaire du Cabinet de l’époque Avichai Mandelblit lors de la réunion hebdomadaire du cabinet du Premier ministre, à Jérusalem, le 2 février 2014. (Yonatan Sindel/Flash90)

Netanyahu nie tout méfait.

Les médias ont affirmé à plusieurs reprises avant et après les élections d’avril que Netanyahu exigeait des députés du Likud et des potentiels partis de la coalition qu’ils lui assurent l’immunité parlementaire en cas de poursuite, comme pré-requis pour intégrer sa coalition.

Netanyahu nie avoir fait une telle demande auprès des partis et des députés.

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