Shas porte plainte contre des juges pour avoir statué durant Shabbat
Le député Yinon Azulaï a fait valoir que de telles actions "constituent une grave violation de l’État de droit et de la confiance du public", justifiant l’ouverture d’une enquête

Le parti ultra-orthodoxe Shas a déposé mercredi une plainte officielle contre les juges de la Haute Cour Isaac Amit, Khaled Kabub et Yechiel Kasher auprès du médiateur des juges Asher Kola.
Cette plainte porte sur la récente décision de ces trois juges d’autoriser des manifestations anti-guerre d’une ampleur supérieure à celle autorisée par les règlements du Front intérieur, ainsi que sur le fait que cette décision a été rendue à Shabbat.
Cette ordonnance provisoire, rendue avant le cessez-le-feu avec l’Iran, a suscité les critiques de politiciens nationalistes et religieux qui ont contesté le fait qu’elle ait été rendue le jour du repos juif.
À la suite de cette ordonnance, plusieurs hauts responsables gouvernementaux, dont le Premier ministre Benjamin Netanyahu, avaient critiqué la Cour pour avoir autorisé les « manifestations de gauche » mais pas les offices religieux au mur Occidental ou dans d’autres lieux de culte importants.
Le ministre de la Justice, Yariv Levin, était allé encore plus loin, appelant le gouvernement à ignorer la Cour et à appliquer les restrictions malgré tout. Les chefs religieux s’étaient également joints à la controverse, le Grand Rabbin séfarade David Yosef qualifiant la Cour « d’ennemie du judaïsme », principalement parce qu’elle avait rendu sa décision pendant Shabbat.
Quelques jours plus tard, la Cour a répondu à un recours déposé par les partis orthodoxes de la Knesset, autorisant des prières limitées au mur Occidental et sur le mont du Temple, bien que les nouvelles directives du Commandement du Front intérieur aient depuis permis l’ouverture de ces sites sans restrictions.
Dans un communiqué publié mercredi, le député Yinon Azulaï (Shas) a qualifié cette décision de « coup dur porté au Shabbat et au sentiment public », alléguant que le tribunal a violé la loi sur les heures de travail et de repos et affirmant que « le simple fait de tenir l’audience le jour du Shabbat et l’obligation de soumettre des réponses ont été injustifiés » ne découlant pas d’une situation d’urgence mettant des vies en danger qui aurait permis une telle activité.
Dans sa plainte, Azulaï a fait valoir que de telles actions « constituent une grave violation de l’État de droit » et de la « confiance du public », justifiant l’ouverture d’une enquête.







