Shin Bet : 480 attentats terroristes déjoués l’an dernier
Rechercher

Shin Bet : 480 attentats terroristes déjoués l’an dernier

Nadav Argaman a expliqué aux députés que le calme relatif en Cisjordanie était "trompeur" et que les Territoires palestiniens sont "extrêmement instables"

Le chef des services de sécurité du Shin Bet  Nadav Argaman lors de la commission de la Défense et des Affaires étrangères à la Knesset, le 6 novembre 2018 (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
Le chef des services de sécurité du Shin Bet Nadav Argaman lors de la commission de la Défense et des Affaires étrangères à la Knesset, le 6 novembre 2018 (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Nadav Argaman, directeur des services de sécurité intérieure du Shin Bet, a mis en garde les législateurs mardi contre une instabilité croissante en Cisjordanie, précisant que le calme relatif dans les Territoires palestiniens était « trompeur ».

S’exprimant devant la commission des Affaires étrangères et de la Défense, Argaman a expliqué que la bande de Gaza et la Cisjordanie sont devenues « très instables » au cours de l’année écoulée. Il a ajouté à l’intention des parlementaires que son agence avait déjoué des centaines d’attaques au cours de cette période.

A Gaza, Argaman a expliqué qu’Israël était perpétuellement bloqué entre « une opération militaire d’un côté tout en s’efforçant, de l’autre, de stabiliser la situation humanitaire ».

Mais en Cisjordanie, a-t-il dit au comité, « la réalité est bien plus complexe ».

« En surface, il semble qu’il y ait un calme relatif mais ce calme est trompeur, parce que sous la surface, les tensions ne cessent de bouillir davantage ».

Argaman a expliqué que les terroristes du Hamas, en Cisjordanie, ont tenté « avec tous les moyens dont ils disposent » de mobiliser des personnes susceptibles de commettre des attentats contre Israël, guidés depuis Gaza, la Turquie et le Liban.

Photo d’illustration : Des manifestants palestiniens affrontent les soldats israéliens pendant des affrontements à proximité de l’implantation juive de Beit El, près de Ramallah, le 2 octobre 2018 (Crédit : Flash90)

Le chef du Shin Bet a ajouté que son agence avait déjoué 480 attaques terroristes l’année dernière, arrêtant 219 cellules du Hamas et contrecarrant les plans d’environ 590 « loups solitaires ».

Il a affirmé que le Shin Bet avait également contrecarré des initiatives d’espionnage au détriment de l’Etat juif ainsi qu’un certain nombre de cyber-attaques lancées depuis la Cisjordanie.

« L’ampleur des attentats ne peut qu’indiquer l’envergure du terrorisme entrepris en souterrain », a-t-il dit.

Une vague d’attaques palestiniennes – commis en majorité par des « loups solitaires » – avait balayé le pays en 2015. Le nombre d’attentats a baissé depuis mais les craintes portant sur de nouvelles flambées de violence persistent.

Le mois dernier, deux Israéliens ont été tués sur leur lieu de travail par un collègue dans un complexe industriel en Cisjordanie et il y a eu, ces dernières semaines, une hausse des tentatives d’attaque à l’arme blanche visant des soldats israéliens.

Dimanche, un Palestinien originaire de Hébron a été blessé par les tirs des militaires alors qu’il tentait de s’en prendre à un soldat israélien à Kiryat Arba, aux abords de Hébron.

Lundi, une Palestinienne a essayé de poignarder des agents de la police des frontières à Kfar Adumim, en Cisjordanie. Blessée par balles en riposte à l’agression, elle a été prise en charge à l’hôpital.

Argaman a servi d’intermédiaire entre Israël et l’Autorité palestinienne (AP) depuis que les négociations de paix sous l’égide des Etats-Unis ont été interrompues en 2014. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le président de l’AP Mahmoud Abbas entretiennent peu de contact dorénavant.

La semaine dernière, la chaîne Hadashot a annoncé que Netanyahu avait tenté de renouer des liens avec l’AP, ces derniers mois, et qu’il avait envoyé Argaman à Ramallah pour offrir à Abbas des propositions d’ordre économique.

Au cours de leur entretien à Ramallah, Argaman a confié à Abbas qu’Israël était prêt à établir une zone industrielle conjointe et à ouvrir une structure de production de gaz au large de la côte de Gaza, selon la chaîne, deux offres qui ont été refusées par le leader palestinien.

Le reportage n’a pas précisé quand cette rencontre avait eu lieu, disant seulement qu’elle était survenue dans le cadre d’une série de réunions auxquelles Argaman avait participé, ces deniers mois, en compagnie de hauts-responsables de l’AP, durant lesquelles il avait souligné qu’une reprise des contacts avec les dirigeants israéliens serait bénéfique à l’économie palestinienne.

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas durant une réunion du Conseil central palestinien, un organe clé de l’Organisation de libération à Ramallah, le 28 octobre 2018. (Crédit : ABBAS MOMANI / AFP)

Les efforts livrés par Netanyahu en faveur du rétablissement des liens avec l’AP ont été motivés par les mises en garde du chef d’Etat-major israélien, le général de division Gadi Eizenkot, attestant de l’instabilité croissante en Cisjordanie et à Gaza.

Les relations ont encore empiré depuis que l’AP a coupé toute communication avec les Etats-Unis suite à la reconnaissance de Jérusalem en tant que capitale d’Israël par le président Trump au mois de décembre 2018 et au transfert de l’ambassade américaine dans la ville sainte.

Israël et l’AP continuent de maintenir des relations sécuritaires entre les forces qui oeuvrent sur le terrain. Même si les responsables de l’AP ont menacé de manière répétée d’y mettre un terme, les liens ne cessant de se détériorer, ils se sont abstenus d’une telle démarche pour le moment.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...