Sir Frank Lowy, milliardaire juif australien, fait son alyah
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Sir Frank Lowy, milliardaire juif australien, fait son alyah

Ce survivant de la Shoah qui avait combattu au sein de la Hagana a vendu son empire immobilier pour venir vivre en Israël

Le magnat de l'immobilier Sir Frank Lowy à Sydney, en Australie, en novembre 2014 (Crédit : AP /Rick Rycroft, File)
Le magnat de l'immobilier Sir Frank Lowy à Sydney, en Australie, en novembre 2014 (Crédit : AP /Rick Rycroft, File)

Frank Lowy, survivant de la Shoah qui avait combattu pendant la guerre de l’Indépendance et devenu magnat des centres commerciaux en Australie, a fait son alyah.

« J’ai l’impression d’être chez moi. C’est tout. C’est très simple », a déclaré Lowy dans un entretien diffusé mardi par la Douzième chaîne.

Né dans ce qui est devenu aujourd’hui la Slovaquie en 1930, Lowy et sa famille avaient été emprisonnés dans le ghetto de Budapest pendant la guerre. Son père, Hugo, avait disparu alors qu’il tentait de trouver un moyen de faire fuir sa famille.

Lowy avait fui vers la France, tenté de se rendre en Palestine mais il avait été intercepté par les Britanniques à Chypre avant de finalement atteindre le but de son voyage. Il avait alors intégré les rangs de la Hagana et combattu pendant la guerre d’Indépendance israélienne.

« Quand j’étais soldat seul, je n’avais pas un centime sur moi. Tout le monde mangeait du houmous avec de la tehina ou des felafel, et je ne pouvais pas m’en payer. J’ai eu faim, un peu, mais je m’en suis sorti », dit Lowy en hébreu dans le reportage.

Le milliardaire et philanthrope australien Sir Frank Lowy se promène rue Dizengoff à Tel Aviv après avoir fait son Alyah, au mois de mai 2019 (Capture d’écran : Douzième chaîne)

Travaillant comme plombier après la guerre, Lowy avait décidé de se rejoindre sa mère et son frère lorsqu’ils avaient obtenu des visas pour l’Australie en 1952, abandonnant à ce moment-là son prénom de Pinchas pour Frank – qui avait une tonalité plus anglophone.

Vivant une success-story, Lowy a ensuite fait son chemin en s’élevant au sein de la société australienne et il a cofondé en 1959 la compagnie de centres commerciaux Westfield, qu’il a vendue au mois de décembre 2017 pour 33 milliards de dollars.

A la fin de cette année-là, il a été anobli par la Reine Elizabeth pour « sa contribution apportée à l’économie du Royaume-Uni par le biais de la compagnie qu’il a fondée, Westfield, et de ses investissements majeurs au Royaume-Uni. »

Lowy explique à la Douzième chaîne qu’il avait commencé à s’intéresser au Royaume-Uni lorsqu’il était un jeune garçon vivant en Europe de l’est, alors ravagée par la guerre. Quand il était enfant, se souvient-il, il s’asseyait dans un abri et il écoutait la radio, en entendant les carillons de Big Ben, à Londres, annoncer les dernières informations sur le conflit.

« Cela nous a toujours donné l’espoir que l’aide arriverait et que la guerre se terminerait en notre faveur », s’exclame-t-il.

Israël est toujours resté dans le cœur de Lowy, connu pour ses activités philanthropiques ainsi que par une tentative manquée de racheter la banque Leumi. Cet épisode s’était achevé en 2007 avec une enquête ouverte sur une intervention présumée dans l’opération du Premier ministre de l’époque Ehud Olmert.

Affligé, pendant toute sa vie, de ne jamais avoir su quel avait été le sort réservé à son père, Lowy avait été abasourdi quand, 45 ans après sa disparition, un étranger s’était approché de son fils Peter, qui vivait alors en Californie, en 1991, et qui lui avait dit : « J’étais avec ton grand-père à Budapest » quand les deux hommes avaient été arrêtés par les nazis et envoyés à Auschwitz.

Peter avait raconté ce qu’il s’était passé à son père et Frank Lowy avait pris le premier vol en direction de la Californie pour s’entretenir avec l’individu, qui lui avait dit que son père avait été fusillé à son arrivée à Auschwitz après avoir refusé d’abandonner son châle de prière et ses téfilines.

« Il ne pouvait pas vivre sans son Tallit et ses téfilines », ajoute un Lowy en pleurs.

Après avoir appris cette information, Lowy a fait restaurer un wagon qui était utilisé pour déporter les Juifs hongrois à Auschwitz pour en faire un lieu de commémoration et il l’a inauguré au camp, en 2013, dans le cadre de la Marche des Vivants. Il a enfin pu dire ce jour-là la prière du Kaddish pour son père.

Evoquant sa vie, Lowy attribue sa réussite au fait qu’il n’a jamais abandonné devant l’adversité.

« Le mot ‘non’ n’a pas été créé pour moi. Je ne l’entends même pas. Il faut toujours essayer encore et encore », clame-t-il.

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