Smotrich fustige le chef « paon » d’un parti extrémiste pour l’échec électoral
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Smotrich fustige le chef « paon » d’un parti extrémiste pour l’échec électoral

Bezalel Smotrich a déclaré qu'Itamar Ben Gvir, le chef d'Otzma Yehudit, ne "devrait pas se montrer en public" après avoir pris des "dizaines de milliers" de voix à la droite

Bezalel Smotrich, membre du parti Yamina et ministre des Transports, s'exprime au quartier général de Yamina pendant la soirée électorale à Ramat Gan, le 17 septembre 2019. (Flash90)
Bezalel Smotrich, membre du parti Yamina et ministre des Transports, s'exprime au quartier général de Yamina pendant la soirée électorale à Ramat Gan, le 17 septembre 2019. (Flash90)

Mercredi, le ministre des Transports a attaqué le chef d’un parti d’extrême droite qui n’a pas réussi à franchir le seuil d’éligibilité mardi. Il l’a accusé d’avoir gâché des dizaines de milliers de voix qui auraient pu permettre de renforcer les partis de droite à la Knesset.

Smotrich, également d’extrême droite et membre de l’alliance nationale religieuse Yamina, a déclaré qu’Itamar Ben Gvir, le chef d’Otzma Yehudit, courait partout « comme un paon imbu de lui-même », accusant tout le monde sauf lui-même.

« Zéro prise de responsabilité, zéro introspection, zéro préoccupation pour les résultats », a ainsi fustigé Smotrich sur Twitter.

Alors que 90 % des votes ont été décomptés, Otzma Yehudit a obtenu 2 % des suffrages, environ 75 000 voix, ce qui est bien loin du seuil minimum de 3,25 % des suffrages pour entrer à la Knesset. Cela constitue une perte importante pour les partis du bloc de droite, qui n’ont pas réussi à rassembler une majorité au Parlement.

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« Finalement, ce matin, la vérité est plus forte que lui », a écrit Smotrich. « Ben Gvir a encore brûlé… des dizaines de milliers de votes ! Contrairement à toutes ses fausses affirmations, il n’était même pas proche du seuil d’éligibilité ».

Itamar Ben Gvir, au centre, chef du parti Otzma Yehudit parle aux médias dans le quartier général de son parti lors de la soirée électorale, le 17 septembre 2019. (Flash90)

En référence au scrutin d’avril dernier, qui n’a pas permis de dégager une coalition majoritaire menant ainsi les Israéliens à un nouveau vote, Smotrich a déclaré que « la dernière fois, il avait conduit l’alliance [de droite] à obtenir 30 000 votes, et cette fois-ci, avec une campagne mensongère, il a retiré des dizaines de milliers de votes plus innocents [à des gens] qui ont cru à ses mensonges ».

« Dans un monde parfait, cet homme serait trop gêné pour se montrer publiquement », a-t-il ajouté.

Dans les semaines qui ont précédé le vote de mardi, le parti d’extrême droite a fait campagne sur l’idée que sa capacité à franchir le seuil d’éligibilité déciderait ou non de celle du Premier ministre Benjamin Netanyahu à former un gouvernement de droite. Sans Otzma Yehudit, a affirmé Ben Gvir, les sièges obtenus par le Likud, le parti national religieux Yamina et les partis ultra-orthodoxes Shas et Yahadout HaTorah ne permettraient pas de constituer une coalition de droite.

De leur côté, le Likud et Yamina affirmaient qu’Otzma Yehudit ne franchirait jamais le seuil d’éligibilité et que sa candidature ne faisait que retirer des voix à d’autres partis de droite.

Mercredi, Ben Gvir a écrit sur Facebook : « Je suis déçu, triste, blessé et peiné. Je pensais que la victoire était possible, mais certains ont tout fait pour que nous ne puissions pas gagner ».

« Ce matin, je comprends que Netanyahu ne veut pas de nous avec lui à la tête du pays parce qu’il ne veut pas vraiment changer les choses – pas en matière de sécurité, pas en matière de justice et pas en matière d’économie », a écrit le candidat défait, tout en accusant Ayelet Sahed et Naftali Bennett de Yamina et les médias.

« Je comprends que Smotrich ne veut pas à ses côtés une entité qui projetterait une lumière indésirable sur le fait qu’il souhaite accepter des compromis majeurs afin de siéger au cabinet ».

Ayelet Shaked, la présidente du parti Yamina, à droite, avec les membres du parti Bezalel Smotrich, ministre des Transports, au centre, et Rafi Peretz, le ministre de l’Education, au quartier général du parti Yamina, lors de la soirée électorale à Ramat gan, le 17 septembre 2019. Photo par Flash90

Mardi soir, dans son QG de campagne, Ben Gvir a également fustigé ceux qui auraient fait échouer sa candidature à la Knesset.

« Ils disent qu’il [Netanyahu] est un politicien de génie, mais les résultats montrent que ce n’est pas du tout le cas, s’est moqué Ben Gvir. Il a également qualifié « [d’]arrogants » les responsables de Yamina, Shaked et Bennett et même Smotrich, encore plus à droite, et dont il partage beaucoup de positions.

Mercredi, les résultats presque définitifs ont montré que le parti du Likud de Netanyahu avait remporté 31 sièges, devancé d’un siège par Kakhol lavan de Benny Gantz. Yamina en a obtenu sept.

Les résultats donnent au bloc de centre-gauche, avec la Liste arabe unie à 13 sièges, un total de 56 sièges, donc encore loin des 61 sièges nécessaires pour une majorité à la Knesset qui en compte 120. Un bloc de droite incluant les partis ultra-orthodoxes pourrait rassembler 55 sièges.

Les neuf sièges restants – et l’équilibre du pouvoir – sont détenus par Avidgor Liberman et son parti laïc Yisrael Beytenu. Liberman a promis de faire pression en faveur de la mise en place d’un large gouvernement laïc d’unité nationale comprenant son parti, le Likud et Kakhol lavan.

Jacob Magid a contribué à cet article.

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