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Smotrich se réjouit de la validation du plan de règlement qui « efface l’illusoire solution à deux États »

Le ministre se félicite de l'autorisation « historique » d'un projet de construction polémique dans la zone E1 de Cisjordanie, après des décennies d'interdictions

Le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, lors d'une conférence de presse annonçant son intention d'autoriser la construction de plus de 3 000 logements dans le cadre du projet d'implantation E1, entre Jérusalem et Maale Adumim, le 14 août 2025. (Crédit : Yonatan Sindel/FLASH90)
Le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, lors d'une conférence de presse annonçant son intention d'autoriser la construction de plus de 3 000 logements dans le cadre du projet d'implantation E1, entre Jérusalem et Maale Adumim, le 14 août 2025. (Crédit : Yonatan Sindel/FLASH90)

Un important projet de construction de 3 400 logements dans la très controversée zone E1, en Cisjordanie, entre Jérusalem et l’implantation de Ma’ale Adumim, a reçu l’autorisation finale ce mercredi.

Présenté la semaine passée par le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, ce projet a donc reçu le feu vert officiel du Comité supérieur de planification de l’Administration civile, un service du ministère de la Défense.

Smotrich, qui occupe également un poste de Secrétaire d’Etat au ministère de la Défense – ce qui lui donne un mot à dire dans la construction des implantations -, a qualifié cette décision d’« historique ».

Il a expliqué que ce projet de construction était une « étape importante qui faisait pour ainsi dire disparaitre l’illusoire solution à deux États et consolidait l’emprise du peuple juif sur le cœur de la Terre d’Israël ».

« L’État palestinien est en train de disparaitre, non pas à grand renfort de slogans, mais à travers des actes. Chaque implantation, chaque quartier, chaque logement est un clou de plus dans le cercueil de cette idée dangereuse », a déclaré le ministre d’extrême droite.

Il a qualifié cette décision spectaculaire, qui aura pour effet de diviser de facto la Cisjordanie en deux, de représailles contre les États occidentaux qui, ces dernières semaines, ont annoncé leur intention de reconnaître un État palestinien.

Vue générale de la zone E1, une étendue de terre déserte à l’est de Jérusalem, entre l’implantation de Ma’ale Adumim, à gauche, et la ville palestinienne d’Eizariya, en Cisjordanie, à droite, le 14 août 2025. (Crédit : AP Photo/Nasser Nasser)

Le projet a été salué par le maire de Ma’ale Adumim, Guy Yifrach, qui a déclaré par communiqué qu’il était « heureux d’annoncer que l’administration civile venait d’autoriser la construction du quartier E1 ».

Si le processus avance rapidement, les travaux d’infrastructure d’E1 pourraient commencer dans les tout prochains mois et la construction des logements, dans un an environ.

Cela faisait des dizaines d’années que ce projet d’implantation E1 était gelé, en raison de l’opposition farouche de la communauté internationale et notamment des précédentes administrations américaines, qui craignaient que la construction de nouvelles implantations sur cette parcelle de terre presque vide n’empêche la création d’un État palestinien contigu et viable.

Tel qu’approuvé, le projet permettra de relier les zones métropolitaines de Jérusalem et Ma’ale Adumim et de saborder les perspectives d’une présence palestinienne contiguë entre les centres de population de Bethléem, Jérusalem-Est et Ramallah – longtemps considérée comme la base d’un État palestinien.

L’ONG La Paix maintenant, qui fait campagne contre les implantations, a convenu, comme Smotrich, que ce projet mettait gravement en péril la viabilité d’un futur État palestinien, et qu’il ferait d’Israël un « État d’apartheid binational ».

« Sous le prétexte de la guerre, Smotrich et ses amis messianiques, pourtant minoritaires, sont en train de prendre des décisions délirantes que nous devrons de toute manière évacuer dans la perspective de tout accord », a déclaré l’organisation en ajoutant que ce projet donnerait lieu à la dépense – au gaspillage – de milliards de shekels.

« Le but de l’accord concernant E1 est de saboter une solution politique et de se diriger au pas de charge vers un État d’apartheid binational », poursuit le communiqué du groupe.

La semaine dernière, l’annonce de Smotrich lui avait valu la condamnation de nombreux pays européens et arabes, sans oublier celle des organisations internationales, les Nations Unies appelant Israël à revenir sur sa décision.

Le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric, a déclaré aux journalistes que ce projet « mettrait un point final aux chances de solution à deux États ».

L’Union européenne a elle aussi exhorté Israël à renoncer à son plan, la plus haute diplomate de l’agence, Kaja Kallas, affirmant dans un communiqué que cette mesure sapait les bases de « la solution à deux États et s’imposait comme une violation du droit international ».

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