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« Son compagnon la battait tous les jours », selon les voisins d’une femme assassinée

L'ex du suspect a raconté à la police ce qu'elle avait subi ; le meurtre d'Edisi Elbena a eu lieu quelques jours après un deuxième report du projet de loi sur les violences conjugales

Edisi Elbena. (Autorisation)
Edisi Elbena. (Autorisation)

Les voisins d’une femme poignardée à Kiryat Ata, dans le huitième acte mortel de violence domestique de l’année, ont déclaré samedi qu’ils l’avaient entendue se faire battre quotidiennement et qu’ils avaient déjà appelé la police par le passé.

Le compagnon d’Edisi Elbena a d’abord pris la fuite vendredi soir, mais il s’est ensuite rendu à un poste de police, où il a été arrêté.

Selon le site d’information Walla, la police a déclaré avoir déjà reçu des plaintes pour violences conjugales de la part d’une ancienne partenaire.

« Il était défoncé, ivre et la battait tous les jours », a déclaré au site d’information Hani Abu Azizi, un voisin.

« Il ramenait des caisses d’alcool à son domicile. Il la battait tous les jours », a ajouté Abu Azizi.

« Chaque jour, à partir de 18h, on entendait des cris. Les policiers venaient sur les lieux suite à nos appels. Je leur montrais où aller et ils frappaient à la porte, mais rien. Je lui avais suggéré d’appeler la police, mais elle me répondait ‘plus tard, plus tard' », a déclaré Abu Aziza.

La police sur les lieux d’un meurtre, à Kiryat Ata, le 24 mars 2023. (Crédit : Police israélienne)

Un autre voisin a déclaré que le compagnon de la femme avait augmenté le volume de la musique lorsque ses cris sont devenus plus forts dans la nuit de vendredi à samedi.

Yochaï Suissa a déclaré avoir entendu de « terribles » cris jusqu’à ce que la femme se taise.

« J’habite juste au-dessus d’eux. Vers 20h30, j’ai entendu un bruit, les sons horribles d’une longue lutte qui n’en finissait pas, avec les cris terribles de la femme », a déclaré Suissa.

« Elle a crié et crié de toutes ses forces, jusqu’à ce qu’elle finisse par se taire », a-t-il ajouté.

« Elle baignait dans une mare de sang, le visage contre sol, torse nu ; tout son dos était couvert de coups de couteau », a ajouté Suissa. « Il semble qu’il se soit déchaîné et qu’il l’ait poignardée et poignardée. »

La police a été appelée sur les lieux après avoir reçu des plaintes de plusieurs voisins. Ils ont enfoncé la porte et ont trouvé la femme avec de multiples coups de couteau.

Les services médicaux d’urgence ont également été dépêchés sur les lieux, mais ils ont malheureusement dû prononcer son décès à leur arrivée.

Un voisin anonyme a déclaré au site d’information Ynet qu’il avait rencontré le compagnon de la femme à l’extérieur de l’immeuble lorsque l’ambulance est arrivée.

« Je lui ai demandé pourquoi il n’avait pas ouvert la porte à l’équipe médicale et il a répondu calmement ‘je ne pense pas qu’une ambulance soit encore nécessaire’ et il est parti », a déclaré le voisin.

« Il n’a pas couru, il s’est éloigné nonchalamment comme s’il n’avait rien fait », a ajouté le voisin.

Selon le site d’information Ynet, la femme avait un fils de 16 ans qui vivait en Éthiopie.

Cela faisait seulement un an qu’elle s’était installée en Israël ; elle travaillait dans une usine de vêtements où elle était décrite comme « bonne et dévouée ». Son directeur a déclaré qu’elle avait été absente du travail pour cause de maladie pendant plusieurs jours, mais qu’elle était censée revenir dimanche.

Cet homicide survient trois jours seulement après qu’une femme de 61 ans, originaire de Tel Aviv, est décédée des suites des blessures à la tête qu’elle avait subies après avoir été battue par son compagnon la semaine dernière.

La femme a été identifiée comme étant Vera Palacinta ; son partenaire a été placé en état d’arrestation.

Vera Palacinta. (Autorisation)

Dans un autre cas, Darya Leitel, 31 ans, a été retrouvée morte dans son appartement de Haïfa la semaine dernière.

Son époux, âgé de 35 ans, a appelé la police pour signaler qu’il avait assassiné sa femme et a été placé en état d’arrestation.

Ces meurtres surviennent au milieu de la controverse suscitée par un projet de loi visant à traquer les auteurs de violences conjugales.

Darya Leitel, tuée par son époux le 17 mars 2023. (Autorisation)

Mercredi, les députés de la coalition ont de nouveau rejeté le projet de loi visant à équiper de bracelet électronique les auteurs de violences conjugales, suscitant une vive indignation chez les membres de l’opposition, entre autres, qui affirment que ce système pourrait contribuer à sauver des vies.

Le projet de loi, qui aurait permis de faire respecter les ordonnances restrictives contre les agresseurs, a été rejeté par 54 voix contre 53 lors de sa lecture préliminaire à la Knesset, alors que les députés se sont querellés, ce qui a conduit plusieurs d’entre eux à être expulsés du plénum.

Avant le vote, le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a été accueilli par des membres de l’opposition hurlant le mot « honte ». Il a terminé son discours en exhortant les députés à rejeter le projet de loi en l’état.

Alors que des personnalités de l’opposition ont condamné ce report, le bureau de Ben Gvir aurait déclaré qu’une version du projet de loi soutenue par le gouvernement était en cours de préparation, une version qui semble vouloir mettre davantage l’accent sur la protection des hommes contre les fausses accusations.

Itamar Ben Gvir s’exprimant depuis le podium de la Knesset, le 22 mars 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Les médias israéliens ont indiqué que la question avait créé un clivage au sein de la coalition religieuse de droite radicale, des députés plus modérés ayant tenté de freiner Ben Gvir sur cette question.

Hagit Peer, présidente de l’organisation de défense des droits des femmes Naamat, a déclaré samedi que le blocage de ce projet de loi montrait que la coalition se souciait peu des femmes et de leur sécurité.

« Le gouvernement israélien abandonne la vie des femmes en Israël. Ceux qui se sont opposés au projet de loi sur la surveillance électronique cette semaine et ceux qui tentent d’imposer une justice égale entre les hommes violents et les victimes de crimes sont des personnes dangereuses », a-t-elle déclaré.

Les militants se plaignent depuis longtemps que les mesures prises pour prévenir la violence à l’égard des femmes en Israël sont insuffisantes, en particulier dans les cas connus des autorités.

Selon l’Observatoire israélien du féminicide, 24 femmes ont été « assassinées parce qu’elles étaient des femmes » l’année dernière, soit une augmentation de 50 % par rapport aux 16 meurtres de ce type enregistrés en 2021. La moitié de ces meurtres ont été commis dans la communauté arabe, qui ne représente que 21 % de la population.

Le gouvernement a décidé à la mi-mars de retarder de six mois toutes les discussions sur le projet de loi avancé par la coalition précédente qui introduirait le suivi électronique des délinquants reconnus coupables de violences domestiques.

Un rapport publié en novembre par le ministère des Affaires sociales montre qu’entre janvier et octobre 2022, le ministère a reçu 5 712 plaintes pour violences conjugales, soit une augmentation de 3,6 % par rapport à l’année précédente.

Bien que les données sur les fausses accusations de violence domestique soient rares, les chercheurs du monde entier s’accordent à dire que le nombre d’agressions réelles dépasse de loin le nombre de fausses accusations. En outre, il y a la question des agressions non signalées, qui ne sont pas incluses dans les statistiques officielles.

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