Steinitz : Abbas est « l’ennemi n°1 d’Israël, pire qu’Arafat »
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Steinitz : Abbas est « l’ennemi n°1 d’Israël, pire qu’Arafat »

Le ministre de l’Energie affirme que le dirigeant palestinien n’a jamais reconnu le droit des juifs à un état, ou même des villes israéliennes comme Haïfa ou Tel Aviv

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Yuval Steinitz, ministre de l'Energie, avant la réunion de cabinet hebdomadaire dans les bureaux du Premier ministre Benjamin Netanyahu à Jérusalem, le 30 octobre 2016. (Crédit : Ohad Zwigenberg)
Yuval Steinitz, ministre de l'Energie, avant la réunion de cabinet hebdomadaire dans les bureaux du Premier ministre Benjamin Netanyahu à Jérusalem, le 30 octobre 2016. (Crédit : Ohad Zwigenberg)

Le ministre de l’Energie Yuval Steinitz (Likud) a déclaré jeudi que le président de l’Autorité palestinienne (AP) Mahmoud Abbas est le plus grand ennemi d’Israël, affirmant que le dirigeant palestinien a constamment refusé de reconnaître le droit des juifs à l’auto-détermination et qu’il refusait de considérer des villes majeures, comme Tel Aviv et Haïfa, comme appartenant au territoire israélien.

Dans une interview accordée à la radio publique israélienne, Steinitz a répondu aux propos tenus par Abbas dans un discours déterminant prononcé mercredi, au cours duquel le chef palestinien a réaffirmé son refus de reconnaître Israël en tant qu’Etat juif, menaçant de ne plus reconnaître non plus l’Etat d’Israël.

Au cours de son discours politique majeur à l’occasion du septième Congrès du Fatah à Ramallah, Abbas a souligné qu’il « ne reconnaîtra pas un état juif » et a expliqué que la reconnaissance palestinienne d’Israël « ne durera pas éternellement » si Israël ne reconnaît pas un état palestinien.

« C’est une autre mauvaise plaisanterie », a déclaré Steinitz à la radio, ajoutant qu’Abbas reconnaît de facto l’existence d’Israël mais pas son droit à exister.

« Abbas parle de mettre un terme à sa reconnaissance d’Israël, mais il devrait commencer par reconnaître Israël. Abbas n’a jamais reconnu le droit à l’existence d’Israël. Jusqu’à aujourd’hui, il aura rejeté le droit d’Israël à exister », a poursuivi le ministre.

« Nous ne devons pas nous mentir. Abbas dans son idéologie est l’ennemi numéro un de l’existence même d’Israël. Il l’est même plus que ne l’était Arafat », a-t-il dit, en référence à l’ancien dirigeant palestinien Yasser Arafat.

Yasser Arafat (Crédit : Thomas Coex/AFP)
Yasser Arafat (Crédit : Thomas Coex/AFP)

Arafat, décédé en 2004 et qui reste une figure vénérée des Palestiniens, est considéré par un grand nombre de personnes en Israël comme un terroriste qui n’aura jamais évolué et qui a condamné à l’échec la tentative de négociations de paix qui avait eu lieu à Camp David en l’an 2000, qui a orchestré les massacres perpétrés lors des attentats suicides de la seconde Intifada qui avait suivi, et qui a disséminé un récit qui prévaut encore parmi les Palestiniens, niant l’histoire et la légitimité des juifs en Terre Sainte.

Steinitz, considéré comme un proche confident du Premier ministre Benjamin Netanyahu, a estimé qu’Abbas rejettait le contrôle israélien, pas simplement en Cisjordanie, mais dans le pays tout entier.

Abbas, a-t-il déclaré, est de l’opinion selon laquelle « il n’y avait aucune nécessité de fonder un état juif, que les juifs n’ont pas le droit d’avoir leur propre état. Que les juifs n’ont pas de droit, non seulement à Naplouse, mais aussi à Haïfa ; non seulement à Ramallah, mais aussi à Tel Aviv. »

Dans le cadre des accords d’Oslo, en 1993, lors desquels Abbas avait joué un rôle majeur, les Palestiniens avaient reconnu l’Etat d’Israël. Abbas, toutefois, refuse de définir Israël comme étant un « Etat juif », clamant que cette définition pourrait compromettre les droits des citoyens arabes en Israël.

Les propos de Steinitz viennent faire écho à ceux de Netanyahu qui, depuis des années, a toujours souligné que le refus d’Abbas de reconnaître Israël en tant qu’Etat juif était un point de friction, condamnant d’avance toute initiative de négociation de paix.

Au début du mois de novembre, Netanyahu avait expliqué au président italien alors en visite officielle, Sergio Mattarella, qu’Abbas ne reconnaîtra jamais un Etat juif, « quelles que soient ses frontières ».

Notant que son invité venait de rencontrer Abbas, Netanyahu avait déclaré que le chef de l’AP « continue de refuser d’accepter un état juif, quelles que soient ses frontières, et cela reste le cœur du conflit, ce refus palestinien persistant d’accepter un état juif quelle que soit sa configuration. »

Mahmoud Abbas, président de l'Autorité palestinienne, pendant son discours devant le 7e congrès du Fatah, réuni à la Mouqataa, le siège de l'Autorité à Ramallah, en Cisjordanie, le 30 novembre 2016. (Crédit : Abbas Momani/AFP)
Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne, pendant son discours devant le 7e congrès du Fatah, réuni à la Mouqataa, le siège de l’Autorité à Ramallah, en Cisjordanie, le 30 novembre 2016. (Crédit : Abbas Momani/AFP)

Abbas, aux commandes du Fatah, de l’OLP et de l’Autorité palestinienne depuis la mort de Yasser Arafat en 2004, a défendu la voie diplomatique et non-violente, et l’internationalisation de la cause palestinienne.

Pendant son discours, Abbas n’a pas annoncé de nouvelle politique. Il a réaffirmé son engagement envers l’option de négociation avec Israël pour parvenir à un accord sur la base d’une solution à deux états, mais a rejeté tout accord qui entraînerait des frontières provisoires pour un état palestinien naissant.

Il a également exprimé à nouveau son soutien à l’initiative de paix française, qui cherche une solution internationale au conflit israélo-palestinien. Israël a déclaré son opposition à l’initiative française, et veut des négociations directes avec les Palestiniens.

Durant le discours qu’il avait prononcé devant l’Assemblée générale des Nations unies au mois de septembre à New York, Abbas avait expliqué que les Palestiniens avaient reconnu l’existence d’Israël en 1993 avec la signature des accords d’Oslo, mais avait ajouté qu’ « Israël doit faire la réciproque avec la reconnaissance de l’Etat de Palestine. »

Dov Lieber a contribué à cet article.

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