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Strasbourg : plainte après des insultes antisémites lors d’un Zoom

"Il s'agit d'une nouvelle forme d'antisémitisme numérique qui est inadmissible", a réagi auprès de l'AFP le porte-parole du Consistoire israélite du Bas-Rhin, Thierry Roos

Emile et Myriam Ackermann, fondateur  (Crédit : Margot Davier)
Emile et Myriam Ackermann, fondateur (Crédit : Margot Davier)

Deux associations ont adressé une plainte au parquet de Strasbourg après l’irruption, dans une visio-conférence sur les femmes rabbins, de personnes proférant des insultes antisémites, a-t-on appris samedi auprès d’un responsable associatif.

L’Association œcuménique Charles Péguy et la section strasbourgeoise d’Amitié judéo-chrétienne de France organisaient jeudi une visio-conférence intitulée « Femmes, féminisme et judaïsme : des femmes rabbins ? » au cours de laquelle intervenaient Myriam et Emile Ackermann, élèves rabbins du courant juif orthodoxe moderne. Une soixantaine de personnes y participaient.

« Au bout de 7 ou 8 minutes de conférence, nous avons commencé à entendre des bruits de claviers, puis des images pornographiques ont été insérées, et des insultes antisémites, ‘un bon juif est un juif mort’, ‘la Shoah n’existe pas’, ou encore ‘on va chauffer les juifs au four' », a déclaré à l’AFP Jacqueline Cuche, vice-présidente de l’Association œcuménique Charles Péguy, confirmant une information du journal La Croix.

« Ensuite, l’image a été remplacée par Z 2022 », a précisé Jacqueline Cuche, ce qui pourrait être une signature en référence à la candidature d’Eric Zemmour à l’élection présidentielle.

« C’était vraiment horrible à voir, c’était extrêmement choquant », a ajouté la responsable associative. « Le président de l’association a essayé de chasser ces intervenants mais il n’a pas réussi et il a dû couper la visio-conférence ».

Les présidents des deux associations ont adressé une plainte au parquet de Strasbourg, avec la copie du déroulé de la visio-conférence, selon Mme Cuche. Sollicité, le parquet n’a pas précisé les suites apportées à cette plainte.

« Il s’agit d’une nouvelle forme d’antisémitisme numérique qui est inadmissible », a réagi auprès de l’AFP le porte-parole du Consistoire israélite du Bas-Rhin, Thierry Roos, s’interrogeant sur « la sécurité de cette visio-conférence » qui était « ouverte à tous ».

« En 2022, chaque organisation juive sait qu’elle ne peut pas se permettre de rendre son lien Zoom public », a déploré sur Twitter Emile Ackermann.

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