Sur scène à New York, BHL rêve d’un sursaut des Etats-Unis
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Sur scène à New York, BHL rêve d’un sursaut des Etats-Unis

Evoquant le massacre de Pittsburgh, le philosophe juif français dit avoir "pensé que les Etats-Unis n'étaient peut-être plus cette terre préservée des démons de l'antisémitisme"

Bernard-Henri Lévy à Paris, le 14 janvier 2016. (Crédit : Joël Saget/AFP)
Bernard-Henri Lévy à Paris, le 14 janvier 2016. (Crédit : Joël Saget/AFP)

Le jour de ses 70 ans, le philosophe juif français Bernard-Henri Lévy a donné lundi à New York une représentation de sa nouvelle pièce Looking for Europe, dans laquelle il appelle à un sursaut des Etats-Unis face à Donald Trump.

La pièce est une adaptation de Hotel Europe, montée en 2014, « presque totalement réécrite pour la circonstance », a-t-il expliqué à l’AFP.

Il a joué lundi, en anglais, cette nouvelle mouture sur la scène du Public Theater, théâtre reconnu de New York, qui l’avait invité à se produire la veille des « mid-terms », les élections législatives américaines.

Comme son personnage, qui se moque de son accent français, Bernard-Henri Lévy est « épouvanté par le climat de guerre civile qui est en train de s’installer » aux Etats-Unis.

« C’est un personnage qui est attristé de voir que la droite américaine est en train de devenir la plus bête du monde », dit-il, « et que, comme par un effet de miroir, la gauche américaine est en train aussi parfois de devenir parfois la plus bête du monde. »

Il évoque aussi la tuerie antisémite de Pittsburgh, qui a fait onze morts dans une synagogue, il y a un peu plus d’une semaine.

« Mes parents me disaient, quand j’étais adolescent, qu’il y avait un pays au monde qui, pour les juifs, était un sanctuaire possible », se souvient BHL. « Il y avait Israël mais il y avait, plus encore, les Etats-Unis. »

« Quand j’ai appris la nouvelle de Pittsburgh, j’ai pensé que les Etats-Unis n’étaient peut-être plus cette terre préservée des démons de l’antisémitisme », a-t-il poursuivi.

Un mémorial de fortune devant la synagogue Tree of Life à la suite d’une fusillade meurtrière à Pittsburgh, Pennsylvanie, le 29 octobre 2018. (Crédit : Matt Rourke/AP)

S’il s’inquiète aussi du sort de l’Europe, en proie au populisme et au nationalisme tout comme les Etats-Unis, il rêve, dans la pièce, d’un nouvel élan démocratique et d’un transatlantisme qui unirait les peuples.

A LIRE : Le défi des juifs américains, selon l’ADL ? « Ne pas devenir comme l’Europe »

Il veut croire que le vent a tourné pour Donald Trump, qu’il appelle « Baby Trump ».

« Le vrai mur sur lequel il est en train de se casser la tête, c’est celui de l’opinion publique américaine, c’est le mur des électeurs, c’est le mur de la démocratie de ce pays. Et il me semble que c’est elle qui va marquer des points » mardi lors du scrutin législatif aux Etats-Unis.

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