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Sydney: 20 artistes se retirent d’un festival après un don de la mission israélienne

Répondant aux appels au boycott lancés par des pro-palestiniens, les artistes accusent les organisateurs de s'associer à un État "d'apartheid"

The opera house, Sydney, Australia. (photo credit: Yoram Zmora/Flash90)
The opera house, Sydney, Australia. (photo credit: Yoram Zmora/Flash90)

Au moins 20 artistes se sont retirés d’un important festival culturel à Sydney, en Australie, qui doit débuter plus tard cette semaine, déclarant un boycott de protestation suite à un financement par l’ambassade d’Israël d’un spectacle de danse prévu lors de l’événement.

L’ambassade a fourni 20 000 dollars pour « Decadance », un spectacle basé sur une œuvre du chorégraphe israélien Ohad Naharin et de la Batsheva Dance Company de Tel Aviv, dans le cadre du Sydney Festival 2022.

Il devrait être présenté par la Sydney Dance Company du 6 au 9 janvier à l’Opéra de Sydney.

Sur le site Internet du festival, l’ambassade est citée comme « partenaire vedette » en raison de son parrainage.

Le chorégraphe et lauréat du prix Israel Ohad Naharin, lors des dernières répétitions pour le 50e anniversaire de la compagnie Batsheva, à l’opéra de Tel Aviv, le 21 juin 2014. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Les artistes se sont retirés en réponse aux appels au boycott lancés par des groupes d’activistes arabes, pro-palestiniens et autres, a rapporté The Guardian mardi. Certains de ceux qui se sont retirés ont accusé Israël de pratiques d’apartheid envers les Palestiniens.

Cependant, les organisateurs du festival sont déterminés à maintenir le spectacle.

Le comédien australien Tom Ballard a annoncé son retrait dans un message sur Twitter mardi : « J’aime le festival et j’aime raconter des blagues, mais défendre les droits de l’homme et s’opposer à un système d’apartheid est plus important. »

Il a appelé le festival à rendre le financement qu’il a reçu de l’ambassade et exhorté d’autres artistes à suivre son exemple.

Des artistes au Festival de Sydney, à Sydney, en Australie, le 14 janvier 2021. (Crédit : Rick Rycroft/AP)

Le chanteur Marcus Whale, en annonçant son retrait du festival lundi, a tweeté que l’ambassade d’Israël « collabore avec les institutions culturelles occidentales pour dépeindre Israël comme une démocratie libérale d’un côté tout en appliquant une occupation brutale et un apartheid de l’autre. C’est fini ».

Certains participants au festival ont déclaré qu’ils maintenaient leurs représentations, mais à titre indépendant et se sont retirés des auspices du festival de Sydney, selon le journal britannique.

Les acteurs de la célèbre pièce « Seven Methods of Killing Kylie Jenner » (7 méthodes pour tuer Kylie Jenner) ont déclaré dans un communiqué qu’ils se retiraient « en solidarité avec la cause palestinienne » et les droits de tous les peuples autochtones à la « souveraineté et à la libération », qualifiant Israël d’ « implantation de peuplement oppressive ».

Ils ont également accusé les organisateurs du festival de ne pas avoir fourni un « espace culturellement sûr pour tous les artistes, les employés et le public. »

Tom Ballard (Crédit : capture d’écran YouTube)

Le Belvoir St Theatre a déclaré qu’il présenterait le spectacle prévu, mais qu’il n’accepterait aucun financement direct du festival parce que les artistes palestiniens ne sont pas en mesure de participer à la « sécurité culturelle ».

Le conseil d’administration du festival de Sydney a déclaré mardi qu’il maintiendrait le spectacle parrainé par Israël et qu’il « souhaite collectivement affirmer son respect pour le droit de tous les groupes à protester et à exprimer leurs préoccupations. »

« Tous les accords de financement pour le festival actuel – y compris pour Decadance – seront honorés, et les représentations auront lieu », a-t-il déclaré.

« Par ailleurs, le conseil d’administration a également déterminé qu’il allait revoir ses pratiques en ce qui concerne les financements provenant de gouvernements étrangers ou de parties liées. »

Marcus Whale (Crédit : capture d’écran YouTube)

Le Palestinian Justice Movement Sydney (PJMS) a affirmé en décembre que le financement de l’ambassade israélienne avait été convenu en mai et avait appelé au boycott, accusant le festival de contribuer « à la normalisation d’un État d’apartheid ».

L’ambassade avait alors répondu dans une déclaration au Guardian qu’Israël était « fier de soutenir et de participer à cet important festival qui présente des artistes et des spectacles de premier plan du monde entier ».

« La culture est un pont vers la coexistence, la coopération et le rapprochement et devrait être laissée en dehors de l’arène politique », a déclaré l’ambassade.

La PJMS appelle à une manifestation de protestation qui se tiendra en face de l’opéra lorsque le festival débutera jeudi.

Illustration : Un égyptien achète un pin’s avec le logo du BDS (Boycott, Divestment and Sanctions) au Caire, en Egypte, en 2015. (Crédit : AP Photo/Amr Nabil)

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