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Syrie : ni la France, ni les USA, le Royaume-Uni, la Turquie et Israël n’ont à donner de leçon

Damas, soutenu par Pékin, Moscou et Pyongyang, rejette toute responsabilité dans les exactions dénoncées par le Conseil des droits de l'homme

Le Conseil des droits de l'Homme à Genève débat d'une résolution condamnant les actions d'Israël sur le plateau du Golan, le 22 mars 2019. (Capture d'écran : UN WebTV)
Le Conseil des droits de l'Homme à Genève débat d'une résolution condamnant les actions d'Israël sur le plateau du Golan, le 22 mars 2019. (Capture d'écran : UN WebTV)

L’examen de la situation en Syrie lundi devant le Conseil des droits de l’homme a donné lieu à de fermes dénonciations des graves violations des droits humains dans le pays. Damas a nié les allégations et mené une bataille de procédure.

« La situation en Syrie est, depuis plus d’une décennie, marquée par des violations des droits de l’Homme et du droit international humanitaire systématiques, massives et constantes », a dénoncé l’ambassadeur de France auprès des Nations unies à Genève, Jérôme Bonnafont lors de l’examen périodique universel des droits de l’homme de la Syrie.

« Ces violations inacceptables doivent cesser et leurs auteurs devront impérativement rendre des comptes », a-t-il souligné en insistant sur le fait que le régime syrien « est le premier responsable de ces violations ».

Une intervention qui résume bien le ton des critiques portées contre le régime de Bachar al-Assad, qui préside aux destinées d’un pays en guerre civile depuis plus de 10 ans et où les tortures systématiques, les disparitions forcées, les attaques sur les civils – par les forces gouvernementales mais aussi des groupes armés de l’opposition – ont été maintes fois documentés.

Le président syrien Bachar Assad écoute le président russe Vladimir Poutine lors de leurs entretiens par vidéoconférence, à Damas, en Syrie, le 9 novembre 2020. (Crédit : SANA via AP)

Comme elle l’avait déjà fait notamment lors des interventions des homologues britannique et américaine mais aussi celle, très virulente, de la Turquie, la délégation syrienne présidée par Bachar al-Jaafari, a interrompu l’intervention de l’ambassadeur de France pour un rappel procédural.

La France, qui selon une source diplomatique française a musclé son langage pour pointer du doigt la responsabilité première du régime Assad, mais aussi en insistant pour que le régime crée « les conditions du retour sûr, digne et volontaire des réfugiés et des déplacés, et mettre un terme à toutes les violations dont ils sont victimes une fois revenus en Syrie ».

La nouvelle ambassadrice des Etats-Unis auprès de l’ONU à Genève, Sheba Crocker a accusé le gouvernement syrien d’avoir « fait échouer toute tentative de trouver une solution politique au conflit », et Simon Manley, le représentant britannique a jugé « lamentable l’utilisation de la famine et une guerre de siège contre les portions de territoires détenus par l’opposition ».

Le Palais des Nations à Genève, en Suisse, siège du Conseil des droits de l’homme de l’ONU. (CC BY-SA Henry Mühlpfordt/Wikipedia)

M. al-Jaafari a non seulement rejeté toute responsabilité dans les exactions mais a estimé que ni la France, ni les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la Turquie et Israël n’avaient à donner de leçon. « Nous ne pouvons ignorer le fait » que « tous ces pays sont impliqués dans l’occupation d’une part de mon pays, et de ce fait ils violent le droit international », a-t-il lancé.

Si les critiques ont été plus nombreux, la Syrie a aussi eu des soutiens de poids.

La Chine, a « appelé la communauté internationale à respecter la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Syrie et de respecter le choix du peuple ».

Quant à la Russie qui soutient le régime par une forte présence militaire dans le pays, elle a dénoncé « les occupation militaires illégales » mais aussi les « graves violations » des droits de l’homme dans les zones occupées par « des groupes terroristes ».

La Corée du nord pour sa part a félicité « le gouvernement syrien pour ses efforts continus en faveur de la promotion et la protection des droits de l’homme de son peuple ».

L’examen périodique universel (EPU) passe en revue les réalisations de l’ensemble des Etats membres de l’ONU dans le domaine des droits de l’homme. Pour la Syrie, c’est la troisième fois après 2011 et 2016.

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