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Tel Aviv: Arrestations et violences à une manifestation pour un accord avec le Hamas

"Rafah peut attendre - pas les otages", disaient les manifestants, une élue, des parents d'otage et la police s’accusent mutuellement de violences, cette dernière parle de rassemblement illégal

Des manifestants se heurtent à la police pendant un rassemblement appelant à la libération des Israéliens détenus par le groupe terroriste du Hamas à Gaza, devant le ministère de la Défense, à Tel Aviv, le 29 avril 2024. (Crédit : Itai Ron/Flash90)
Des manifestants se heurtent à la police pendant un rassemblement appelant à la libération des Israéliens détenus par le groupe terroriste du Hamas à Gaza, devant le ministère de la Défense, à Tel Aviv, le 29 avril 2024. (Crédit : Itai Ron/Flash90)

Des milliers de personnes ont manifesté lundi soir à Tel Aviv, appelant le gouvernement à conclure un accord avec le groupe terroriste palestinien du Hamas pour obtenir la libération des otages détenus dans la bande de Gaza depuis le 7 octobre. Ce rassemblement a ensuite dégénéré en affrontements avec la police, en arrestations et en accusations de violence à l’encontre d’une députée et de la famille d’un otage.

Alors que l’armée se préparait à lancer une offensive dans la ville de Rafah, à Gaza, les manifestants ont allumé un feu sur la route Begin à Tel Aviv, près du quartier général de Tsahal, et ont écrit en grandes lettres hébraïques : « Rafah peut attendre – pas eux [les otages] ».

Des parents d’otages et d’ex-otages libérés lors de la trêve d’une semaine en novembre ont pris part à la manifestation, appelant le gouvernement à mettre fin à la guerre pour pouvoir ramener chez elles, les personnes kidnappées.

Le rassemblement a eu lieu alors que le Hamas devait répondre à la dernière offre israélienne qui prévoyait une pause de 40 jours dans les combats et la libération de milliers de prisonniers de sécurité palestiniens en échange de 33 otages vivants, ainsi qu’une deuxième phase de trêve consistant en une « période de calme durable » – le compromis proposé par Israël en réponse à la demande du Hamas d’un cessez-le-feu permanent.

Le secrétaire d’État américain Antony Blinken et le ministre britannique des affaires étrangères David Cameron ont exprimé leur espoir de voir le Hamas accepter cette offre « extraordinairement généreuse ».

En entendant les détails de cette offre rapportés par les médias, les dirigeants d’extrême droite de la coalition du Premier ministre Benjamin Netanyahu ont menacé de faire tomber le gouvernement si l’opération de Rafah était annulée et si un terme était mis au conflit. Le ministre du cabinet de guerre, Benny Gantz, a affirmé que si les autres ministres empêchaient la conclusion d’un accord soutenu par l’establishment de la sécurité, il quitterait le gouvernement d’urgence qu’il a rejoint quelques jours après le 7 octobre.

Des Israéliens participent à un rassemblement appelant à la libération des Israéliens retenus en otage par les terroristes du Hamas à Gaza devant le quartier général de Tsahal à Tel Aviv, le 29 avril 2024. (Tomer Neuberg/FLASH90)

Dans son discours, Einav Zangauker, mère de l’otage Matan Zangauker, s’est adressée à Netanyahu, lui disant qu’il devait choisir entre ramener les otages à la maison et maintenir intact son gouvernement malgré les objections des ministres d’extrême droite Itamar Ben Gvir et Bezalel Smotrich, qui sont farouchement opposés à tout accord sur les otages qui serait conditionné par un cessez-le-feu.

Des affrontements ont eu lieu entre les manifestants et la police plus tard dans la soirée. Certains manifestants auraient crié « Ben Gvir [le ministre de la Police] est un terroriste »’.

Le rassemblement a ensuite atteint la zone du siège du parti au pouvoir, le Likud, à Tel Aviv, où la police a fait usage d’un canon à eau pour disperser la foule et a arrêté cinq personnes pour trouble à l’ordre public.

La police a déclaré qu’un feu d’artifice avait été tiré en direction d’un policier, qui a été transporté à l’hôpital.

Des images diffusées par les médias ont montré un policier poussant la députée de l’opposition, Naama Lazimi (Avoda), qui participait à la manifestation.

Selon plusieurs médias, les policiers auraient également bousculé Ilana Gritzewsky, la compagne de Matan Zangauker, enlevée le 7 octobre et libérée dans le cadre de l’accord de novembre.

Einav Zangauker, la mère de Matan, a affirmé à Ynet que les policiers l’avaient poussée au sol et qu’ils avaient fait un usage excessif de la force et envoyé des forces « disproportionnées » pour disperser la foule, dans ce qu’elle a qualifié de « violence intensifiée ».

La police a accusé les manifestants, expliquant « qu’un petit nombre de manifestants a commencé une manifestation illégale et perturbé l’ordre tout en se montrant violent envers les forces de l’ordre », ajoutant que certains, « dont un membre de la Knesset », ont été arrêtés alors qu’ils tentaient de pénétrer dans le siège du Likud et d’y taguer des graffitis aux murs.

Lazimi (Avoda), a indiqué que le communiqué de la police était « un mensonge flagrant » et qu’il « incitait à la haine contre les familles d’otages ».

Plus tôt dans la soirée, les proches des otages Keith Siegel et Omri Miran ont tenu une conférence de presse pour exiger un accord immédiat pour le retour des otages, quelques jours après la diffusion par le Hamas d’une vidéo de propagande montrant les deux otages.

Quelques jours plus tôt, le Hamas avait également publié une vidéo de Hersh Goldberg-Polin. La famille de ce dernier n’a pas assisté à la conférence de presse.

Suite à la diffusion d’une vidéo de propagande du Hamas la semaine dernière montrant les otages Keith Siegel et Omri Miran, les deux familles ont tenu une conférence de presse appelant tous les gouvernements impliqués à travailler pour finaliser un accord de libération de tous les otages, sur la Place des Otages, à Tel Aviv le 29 avril 2024. (Crédit : Paulina Patimer/Forum des familles des otages et disparus)

« Dix-huit dirigeants du monde entier ont envoyé une lettre demandant la libération immédiate de tous les otages et je voudrais demander à tout le monde d’arrêter de parler et de commencer à agir », a déclaré la fille de Keith, Elan Siegel.

« Nous perdons des personnes qui sont encore en vie et il n’y a pas de temps à perdre. Nous savons aussi qu’un accord est possible, » a-t-elle ajouté.

Aviva, l’épouse de Keith, qui a également été prise en otage le 7 octobre et libérée pendant la trêve de novembre, a expliqué qu’il lui était insoutenable de regarder la vidéo, de lui, diffusée par le Hamas.

« Cela me rappelle les moments où il était triste et déprimé, lorsque j’étais à ses côtés. Je sais ce que c’est que d’être là, je sais ce que c’est que de perdre espoir », a-t-elle déclaré.

L’épouse d’Omri demande la libération de son mari afin qu’il puisse retrouver ses deux jeunes filles.

« Aucun enfant ne devrait être contraint de grandir avec un souvenir lointain de son père capturé sur une photo », a déclaré Lishay Lavi-Miran.

Les otages Keith Siegel (à droite) et Omri Miran, dans une vidéo de propagande du Hamas diffusée le 27 avril 2024. (Crédit : Capture d’écran Telegram)

« Finalisons l’accord qui est sur la table pour ramener les otages, mettre fin aux hostilités, convenir d’une trêve et nous permettre de célébrer la fête de l’Indépendance d’Israël le mois prochain avec nos proches réunis ici même en Israël », a-t-elle ajouté.

« Omri a confiance en vous et en votre capacité à le ramener à la maison et à lui redonner le sourire », a-t-elle ajouté en s’adressant au gouvernement.

Dani, le père de Miran, a expliqué aux participants que la fille de l’otage avait demandé à Lishay : « Est-ce qu’Omri est toujours mon père ? »

« C’était la question la plus difficile à entendre venant d’une petite fille », a-t-il ajouté, précisant que la famille apprenait actuellement à leur plus jeune fille, qui vient d’avoir un an, à dire « papa » afin qu’elle soit prête pour le retour d’Omri.

Des Israéliens participent à un rassemblement appelant à la libération des Israéliens retenus en otage par les terroristes du Hamas à Gaza devant le quartier général de Tsahal à Tel Aviv, le 29 avril 2024. (Crédit : Itai Ron/Flash90)

Netanyahu a également invité des représentants du Forum Gvura – formé par des familles endeuillées qui ont perdu des êtres chers pendant la guerre – après que les membres de ce forum ont menacé d’entamer une grève de la faim lundi soir et jusqu’à ce que Tsahal lance son opération à Rafah.

« Ce qui nous motive, c’est la peur que nos fils soient morts pour rien », a expliqué Itzik Bonzel, dont le fils Amit a été tué à Gaza le 6 décembre.

« Tout autre résultat qu’une victoire et un succès dans la poursuite des objectifs de la guerre, à savoir l’élimination complète du Hamas et le retour des otages, peut nous entraîner dans une crise personnelle par rapport au sacrifice auquel nous avons consenti », a expliqué Itzik au site d’information Ynet, lundi dernier.

129 otages enlevés par le Hamas le 7 octobre dernier se trouveraient encore à Gaza – pas tous en vie – après que 105 civils ont été libérés des mains du Hamas pendant la trêve de novembre, ainsi que quatre otages libérées avant cette trêve. Trois otages ont été secourus par des troupes vivantes, et les corps de 12 otages ont également été retrouvés ; trois d’entre eux ont été tués par erreur par l’armée.

Tsahal a confirmé la mort de 34 des personnes encore détenues par le Hamas, citant des renseignements et des données obtenus par les troupes opérant dans la bande de Gaza. Selon certaines informations plus récentes, ce nombre pourrait être plus élevé.

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