Tel Aviv: Une femme agressée après avoir réclamé le port du masque dans le bus
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Tel Aviv: Une femme agressée après avoir réclamé le port du masque dans le bus

Sarah Nadav explique avoir été frappée à la tête avec une cannette, avoir reçu des crachats et essuyé des insultes après avoir demandé à une passagère de mettre son masque

Sarah Nadav, peu après son agression dans un bus de Tel Aviv (Autorisation : Sarah Nadav)
Sarah Nadav, peu après son agression dans un bus de Tel Aviv (Autorisation : Sarah Nadav)

Une femme, à Tel Aviv, a raconté avoir demandé à une passagère qui se trouvait dans son bus de mettre le masque, comme l’exige la loi, et avoir en réponse essuyé la fureur de la femme concernée qui l’a agressée avec violence – entraînant chez la victime des saignements et des lésions cutanées.

« Je me suis sentie détruite », raconte Sarah Nadav au Times of Israel , évoquant la manière dont la passagère, en rage, lui a jeté une cannette de boisson énergisante à la tête avant de lui cracher dessus.

« Elle m’a porté un coup à la tête avec une grosse cannette qui a entraîné des lésions cutanées et un bleu sur le crâne », ajoute-t-elle.

La victime, une femme de 45 ans, mère de deux enfants, explique : « j’étais tellement choquée que je n’ai pas réalisé que j’avais été blessée à la tête avant de prendre un selfie et de le remarquer ».

Nadav note avoir subi une intervention chirurgicale juste avant la pandémie, ce qui place dans la catégorie des personnes à risque face au coronavirus. Pendant une période, elle a dû se montrer d’une telle prudence face à l’infection qu’elle s’est isolée de ses enfants. L’incident est survenu la semaine dernière – c’était la première fois qu’elle remontait dans un bus depuis son opération – et elle explique que sa nervosité était manifeste et que c’est sans doute la raison pour laquelle la femme lui a craché dessus.

« Elle a vu que j’étais effrayée et elle a voulu faire en sorte que j’aie peur, que je me sente menacée autant que possible – elle a réussi », dit Nadav.

Des agents en tenue de protection désinfectent un bus à titre préventif afin de lutter contre la propagation du coronavirus, à Tel Aviv, le 9 mars 2020. (Crédit : Tomer Neuberg / Flash90)

Shimrit Nothman, directrice du groupe 15 Minutes, qui se consacre aux transports publics, dit être inquiète face au phénomène de menaces et confrontations violentes dans les bus entraîné par des conflits entre usagers sur le port du masque.

« Nous recevons quotidiennement des informations des passagers à ce sujet », déclare-t-elle au Times of Israel. « Certains passagers ont trop peur pour intervenir et ce n’est pas vraiment leur travail de le faire ».

Nothman veut voir mise en place une application plus stricte des règles relatives au port du masque par la police, indiquant que rien de tel n’a été mis en place pour le moment et que cette inaction accroît la vulnérabilité des passagers respectueux de l’obligation du masque. Certains s’inquiètent dorénavant trop pour prendre les transports publics et se sentent finalement isolés et dans l’incapacité de se déplacer, note-t-elle.

Nadav dit être déçue par ce qu’elle considère être une politique inadéquate en termes de respect des directives dans les bus – elle ajoute aussi avoir été perturbée par la réaction marquée de dédain d’une policière qu’elle a approché, blessée, alors qu’elle était arrivée à destination, à la plage.

« Je suis allée voir une policière, je saignais de la tête et je lui ai montré une photo de la personne qui m’avait fait ça », explique -t-elle. « Elle m’a répondu : ‘On ne pourra pas découvrir qui c’est’. »

Elle n’a donc pas porté plainte suite à son agression.

Le porte-parole de la police israélienne, Micky Rosenfeld, contacté pour une réaction, a noté que si des preuves étaient présentées, les agents pourraient apporter leur aide dans ces cas d’agression. Concernant la question plus générale de la présence de policiers dans les bus, il a insisté sur le fait que les agents prenaient très au sérieux le respect des règles adoptées pour lutter contre la pandémie.

Des inspecteurs parlent à un homme sans masque dans la ville de Safed, dans le nord d’Israël, le 15 juin 2020. (David Cohen/Flash90)

Nadav, économiste née aux Etats-Unis, membre d’un réseaux d’experts du Forum économique mondial et autrice d’un livre sur la prise de décision financière dans un contexte de crise, estime pour sa part que les efforts livrés par la police ne sont pas suffisants. Elle ajoute que ceux qui peuvent assumer les coûts d’une voiture peuvent se déplacer en toute sécurité tandis que les autres sont soumis à un niveau de risque inutilement élevé en raison de la mise en vigueur médiocre des règles sanitaires.

« Certains peuvent se permettre de se déplacer plus que d’autres », continue-t-elle. « Si vous prenez un transport public, vous êtes de loin plus exposé à des personnes qui sont potentiellement malades. C’est la police qui devrait faire respecter ces règles mais aujourd’hui, ce sont les gens qui tentent de les faire respecter les uns aux autres, et cela entraîne des violences ».

Interrogée sur le début de l’incident, Nadav explique avoir demandé à la femme de placer le masque, qu’elle avait autour du cou, sur son visage.

« Elle a répondu en approchant son visage très près du mien et elle m’a dit : ‘Et sinon, vous allez faire quoi ? », ajoute-t-elle.

Elle indique que la passagère s’est alors mise à crier et à l’insulter.

Nadav indique que « je n’ai pas voulu la repousser physiquement et la seule chose à laquelle je pensais, c’était de l’asperger avec de l’eau pour l’éloigner de moi ».

Nadav reconnaît qu’elle « aurait dû aller voir le chauffeur », ajoutant s’être sentie « piégée » et être restée à sa place.

« Elle s’est alors saisie de mon sac et elle a tout jeté par terre, elle a envoyé la cannette de boisson énergisante dans ma direction, elle est venue frapper ma tête qui a saigné », continue Nadav.

A son arrivée à la plage, elle s’est rendue directement au stand des premiers secours pour s’assurer qu’elle n’avait pas de traumatisme crânien. Elle ajoute : « Le jour suivant, je suis allée chez le médecin parce que j’avais une migraine et ma tête me fait encore mal ».

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