Témoignage d’une ancienne employée de Sara Netanyahu
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Témoignage d’une ancienne employée de Sara Netanyahu

La plaignante accuse l’épouse du Premier ministre de l’avoir forcée à se laver les mains plus de 100 fois par jour et à se changer plus de 10 fois par jour

Raoul Wootliff est le correspondant parlementaire du Times of Israël

Sara Netanyahu, l'épouse du Premier ministre Benjamin Netanyahu, pendant une réunion pour encourager l'étude de la Torah à la Knesset, le 31 janvier 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Sara Netanyahu, l'épouse du Premier ministre Benjamin Netanyahu, pendant une réunion pour encourager l'étude de la Torah à la Knesset, le 31 janvier 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Une ancienne employée de la résidence du Premier ministre a témoigné dimanche contre Sara Netanyahu, l’épouse du Premier ministre.

La police a recueilli le témoignage concernant les plaintes d’anciens employés, et a enquêté sur d’autres témoins afin de corroborer son histoire. La plaignante est une jeune femme ultra-orthodoxe de 24 ans, mère de trois enfants, qui a récemment travaillé comme femme de ménage pendant un mois à la résidence officielle.

Le plainte pour 225 000 shekels détaille comment la Première dame israélienne aurait sans cesse insulté la jeune femme.

Dans la plainte il est affirmé que pendant le premier entretien d’embauche avec Netanyahu, il a été demandé à l’employée si elle possédait une voiture, car arriver en retard serait « la fin du monde », du point de vue de son employeur. De plus, Netanyahu a affirmé à la jeune femme qu’elle aimait les employés qui « courent. »

« C’est pour ça que je n’engage pas de femmes qui sont grosses », aurait dit Netanyahu.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, son épouse Sara et leur fils Yair durant une rencontre avec le Premier ministre néerlandais ng Mark Rutte, hors-cadre, à la résidence officielle de Netanyahu à Jérusalem, le 8 décembre 2013 (Crédit : Haim Zach/GPO/Flash90)
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, son épouse Sara et leur fils Yair durant une rencontre avec le Premier ministre néerlandais Mark Rutte, hors-cadre, à la résidence officielle de Netanyahu à Jérusalem, le 8 décembre 2013 (Crédit : Haim Zach/GPO/Flash90)

L’épouse du Premier ministre aurait ensuite dit à la plaignante qu’elle travaillerait avec un autre employé, mais qu’il leur serait interdit de se parler, affirme la plainte.

La plaignante affirme notamment qu’elle n’avait pas le droit de prendre congé quand l’un de ses enfants était malade, et devait utiliser les toilettes situées en dehors du bâtiment principal.

Elle affirme également que le fils aîné du Premier ministre, Yair Netanyahu, conduirait des inspections de propreté.

Netanyahu aurait interdit à son ancienne employée de manger, de boire ou de se reposer, et qu’elle devait changer de vêtements une dizaine de fois par jour. Elle devait aussi se laver les mains une centaine de fois par jour à l’eau chaude, et les essuyer avec une serviette différente de celles utilisées par la famille Netanyahu, selon la plainte.

Le nom de l’ancienne employée n’a pas été autorisé à la publication. Cependant, contrevenant au protocole visant à protéger les témoins et les plaignants, David Amsalem, député du Likud, a révélé le nom de la jeune femme à la Deuxième chaîne samedi soir, affirmant qu’elle participait à une « chasse aux sorcières » contre la famille Netanyahu, et ne devait pas rester anonyme.

Le député du Likud a été vivement critiqué pour avoir révélé le nom de la plaignante, notamment par son avocat, qui a répondu et publié le numéro de téléphone personnel d’Amsalem sur Facebook.

Menny Naftali, ancien employé de la résidence du Premier ministre, au tribunal du travail du district de Jérusalem, le 25 mars 2015. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Menny Naftali, ancien employé de la résidence du Premier ministre, au tribunal du travail du district de Jérusalem, le 25 mars 2015. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Plusieurs anciens employés ont affirmé avoir été maltraités par l’épouse du Premier ministre. La famille Netanyahu dément toute malversation, et affirme que ces accusations sont une chasse aux sorcières politique, organisée par des médias hostiles.

Dans la plainte, les avocats de la jeune femme indiquent que, comme elle est ultra-orthodoxe, elle ne regarde pas la télévision et n’écoute pas la radio, et ne connaissait donc pas les précédentes accusations contre Sara Netanyahu.

Répondant à une question du Times of Israël sur l’interrogatoire, la police a indiqué que la femme avait demandé, via son avocat, à témoigner de son propre chef, et que les autorités ne lui ont pas demandé son témoignage.

« Après la vérification de son témoignage, la plainte sera transmise aux enquêteurs autorisés pour être traitée, selon l’avis du parquet », a indiqué la police dans un communiqué.

La Deuxième chaîne a indiqué dimanche soir qu’un conseiller de la famille Netanyahu avait proposé un emploi de « conseiller d’un directeur général de ministère » à un témoin crucial de l’affaire, apparemment pour tenter de l’empêcher de témoigner contre l’épouse du Premier ministre.

Un porte-parole de la famille Netanyahu a ensuite dit que le reportage de la Deuxième chaîne était composé d’ « affirmations infondées, réalisé par une méthode illégitime visant à ternir la réputation de Sara Netanyahu et à nuire au Premier ministre. »

« Il n’y a pas de fin à la persécution et à la diffamation », indique le communiqué, soulignant les anciennes accusations contre Sara Netanyahu, notamment les accusations « cyniques » de Menny Naftali.

Le communiqué ne précise cependant pas que Naftali a obtenu d’un tribunal 170 000 shekels de dommages et intérêts pour ses années de mauvais traitement commis par Sara Netanyahu quand il travaillait à la résidence du Premier ministre.

« Qui proposerait, par message SMS, le travail de conseiller d’un directeur général à quelqu’un qu’il n’a jamais rencontré, et qui par chance se trouve être un témoin crucial ? Ce texto expose toute la mascarade », a ajouté le communiqué du couple Netanyahu.

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