Terrorisme juif : face aux critiques de l’enquête, Netanyahu défend le Shin Bet
Rechercher

Terrorisme juif : face aux critiques de l’enquête, Netanyahu défend le Shin Bet

Le Premier ministre et le président ont soutenu l'agence, accusée par la droite d'avoir maltraité les ados soupçonnés dans la mort d'une Palestinienne

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu annonce la tenue d'élections en avril 2019, lors d'une réunion de faction du Likud à la Knesset, le 24 décembre 2018. (Yonatan Sindel/FLASH90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu annonce la tenue d'élections en avril 2019, lors d'une réunion de faction du Likud à la Knesset, le 24 décembre 2018. (Yonatan Sindel/FLASH90)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a expliqué mardi qu’il n’y avait pas lieu de critiquer le service de sécurité du Shin Bet, exprimant son soutien à l’organisation actuellement fustigée pour son traitement présumé de plusieurs adolescents juifs qui ont été placés en détention pour la mort d’une Palestinienne, tuée par un jet de pierre.

Après avoir salué le Shin Bet et les autres forces de sécurité pour la capture, au petit matin, d’un terroriste palestinien présumé, Netanyahu a affirmé que l’agence était « la meilleure organisation du monde lorsqu’il s’agit de déjouer le terrorisme ».

« Nous lui devons beaucoup. Elle fait son travail avec professionnalisme et dévouement », a-t-il continué, ajoutant – apparemment en référence aux critiques sur le traitement présumé que le Shin Bet aurait infligé aux jeunes terroristes juifs présumés – « Rien ne peut justifier les attaques à son encontre ».

Les propos de Netanyahu ont été tenus au lendemain d’une déclaration d’une députée de son parti du Likud qui a déclaré que le Shin Bet utilisait les « méthodes d’enquête du KGB » et que l’agence « torturait de jeunes garçons juifs », alors qu’elle enquête sur le jet de pierre mortel qui a tué Aisha Rabi, le 12 octobre en Cisjordanie. Les avocats des suspects ont également prétendu que leurs clients avaient été torturés pour leur extorquer des aveux.

La ministre de la Justice Ayelet Shaked, à droite, et le président Reuven Rivlin lors d’une cérémonie de prestation de serment de magistrats et de greffiers à la résidence du président de Jérusalem, le 8 janvier 2019 (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)

Le président Reuven Rivlin a également fait part de son soutien sans faille à l’agence et a mis en garde contre les critiques imprudentes de ses méthodes.

« Il n’y a pas de démocratie sans critique, même de nos institutions les plus nécessaires », a dit Rivlin mardi lors d’une cérémonie de prestation de serment de 29 nouveaux magistrats dans sa résidence officielle de Jérusalem. « Mais nous devons nous inquiéter d’attaques irresponsables contre des personnes dont la mission est de garder et de protéger la sécurité d’Israël, dans le pays comme à l’étranger ».

« Je connais ceux qui travaillent au sein du service [du Shin Bet], et le bien-être de l’Etat d’Israël et de ses citoyens est la seule chose dont ils se préoccupent… Je voudrais apporter mon soutien aux fonctionnaires de l’Etat dans toutes les branches sécuritaires et au Shin Bet en particulier, qui sauvent des vies jour et nuit et qui nous permettent, à nous et nos enfants, de dormir en paix ».

La ministre de la Justice Ayelet Shaked, qui a rencontré lundi les familles des cinq adolescents juifs arrêtés la semaine dernière pour leur implication présumée dans le jet de pierre meurtrier, participait également à la cérémonie.

Une voiture appartenant à une famille Palestinienne impliquée dans un accident meurtrier à cause de jets de pierres qui auraient été lancées par des habitants d’implantation au carrefour de Tapuah en Cisjordanie, le 12 octobre 2018 (Crédit : Zachariah Sadeh/Rabbis for Human Rights)

Dimanche, la députée du Likud Nava Boker a écrit dans un Tweet que « lorsque de jeunes Juifs sont soupçonnés de lancer des pierres, ils découvrent soudainement les méthodes d’enquête du KGB. Il serait préférable que le Shin Bet consacre son temps à tenter d’empêcher le terrorisme palestinien meurtrier au lieu de torturer de jeunes Juifs ».

Le Shin Bet et l’armée israélienne arrêtent et placent régulièrement en détention des lanceurs de pierre palestiniens, notamment de nombreux mineurs.

Avec l’accord des magistrats, les suspects n’avaient dans un premier temps pas eu le droit de rencontrer des avocats. Ces derniers ont ensuite affirmé que le service de sécurité avait torturé les adolescents pour obtenir des aveux – une déclaration démentie par le Shin Bet.

Le service de sécurité a noté dimanche que « les interrogatoires du Shin Bet sont menés conformément à la loi et sont soumis à la supervision du bureau du procureur de l’Etat ».

Reconnaissant avoir interdit aux suspects de rencontrer un avocat, le Shin Bet a souligné qu’il s’agissait d’une démarche « décidée de temps en temps et à l’encontre de suspects autant arabes que juifs… dans des affaires terroristes graves » et que la cour du district de Lod avait autorisée.

Jacob Magid a contribué à cet article.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...