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Traces de poliovirus à Londres : le Royaume-uni travaille avec Jérusalem et New York

Une souche génétiquement liée aux cas survenus dans le nord de l'État de New York et à Jérusalem a été trouvée dans des échantillons prélevés dans plusieurs quartiers

Cette illustration de 2014 mise à disposition par les Centres américains de contrôle et de prévention des maladies représente une particule de virus de la polio. (Crédit : Sarah Poser, Meredith Boyter Newlove/CDC via AP)
Cette illustration de 2014 mise à disposition par les Centres américains de contrôle et de prévention des maladies représente une particule de virus de la polio. (Crédit : Sarah Poser, Meredith Boyter Newlove/CDC via AP)

Les autorités sanitaires britanniques ont annoncé qu’elles coopéraient avec leurs homologues en Israël et aux États-Unis pour retrouver la source des poliovirus trouvés dans des échantillons d’eaux usées provenant de quartiers du nord et du nord-est de Londres, et lancent une campagne de vaccination pour renforcer l’immunité des enfants.

En juin, les autorités avaient annoncé avoir détecté des traces d’une forme de polio dérivées d’une souche vaccinale dans une station d’épuration du nord-est de Londres.

Depuis, le virus, éradiqué au Royaume-Uni en 2003, a été détecté dans huit arrondissements de la capitale, avec une « diversité génétique » suggérant « une transmission du virus », selon les services sanitaires.

« Personne n’a été diagnostiqué avec le virus et le risque est faible pour la population », a insisté le ministre de la Santé Steve Barclay dans un communiqué.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), seule une infection de polio sur 200 entraîne une paralysie ; la plupart des personnes ne présentent aucun symptôme.

L’agence sanitaire britannique a indiqué « collaborer étroitement » avec les autorités de New York, mais aussi d’Israël, pour étudier d’éventuels liens entre des « incidents récents » rapportés.

Le ministère israélien de la Santé n’a pas immédiatement répondu à une demande de commentaire sur l’enquête.

Le mois dernier, les autorités de New York ont annoncé qu’elles avaient détecté la polio chez un Juif orthodoxe du comté de Rockland, marquant ainsi le premier cas de polio aux États-Unis depuis près de dix ans.

L’Initiative mondiale pour l’éradication de la poliomyélite a déclaré le 28 juillet que ce cas était génétiquement lié à des échantillons de virus trouvés à Londres et dans la station d’épuration de Sorek en Israël.

Un centre de vaccination contre la poliomyélite à Maiduguri, au Nigeria, en 2016. (AP Photo/Sunday Alamba, File)

Des responsables des comtés de Rockland et d’Orange, régions situées au nord de New York et comptant une importante population haredi en pleine expansion, ont ensuite déclaré que des traces du virus avaient été trouvées dans des échantillons d’eaux usées.

Israël a diagnostiqué son premier cas depuis des décennies en mars, chez un enfant de 4 ans de Jérusalem. Plusieurs autres cas asymptomatiques ont été découverts chez d’autres enfants, et les autorités sanitaires ont lancé une campagne nationale de vaccination qui, selon elles, a porté le taux d’immunisation à 96 % chez les nourrissons.

Aucun lien n’a été confirmé entre les échantillons de virus et la communauté juive. Toutefois, les autorités de New York et du Royaume-Uni ont noté que le virus a été découvert dans des zones où les taux de vaccination sont plus faibles.

« Nous savons que les zones de Londres où le poliovirus est transmis ont des taux de vaccination parmi les plus bas », a déclaré le Dr Vanessa Saliba, épidémiologiste consultante à l’Agence britannique de sécurité sanitaire. « C’est là que le virus se propage dans ces communautés et cela fait courir un plus grand risque aux résidents qui ne sont pas complètement vaccinés. »

Un homme de la communauté juive orthodoxe, au centre, fait la queue devant un événement visant à encourager la vaccination dans la communauté juive orthodoxe de Grande-Bretagne au Centre de vaccination John Scott à Londres, samedi 13 février 2021. (Crédit : AP/Frank Augstein)

Les autres arrondissements sont Brent, Camden, Enfield, Haringey, Islington et Waltham Forest.

Les communautés ultra-orthodoxes ont souvent des taux de vaccination inférieurs à la moyenne. En 2018 et 2019, Jérusalem et le comté de Rockland ont tous deux connu des épidémies de rougeole que l’on pense avoir été alimentées par la réticence à se faire vacciner chez les juifs haredi.

Le ministre de la Santé britannique a annoncé que tous les enfants entre un et neuf ans se verront proposer une dose de rappel en plus de la dose initiale déjà administrée, s’alignant ainsi avec les pratiques répandues dans d’autres pays, « pour s’assurer qu’ils disposent de la meilleure protection possible ».

Un enfant reçoit un vaccin oral contre la polio, le 18 août 2013. Image d’illustration (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

La poliomyélite, qui touche surtout les enfants, est une maladie extrêmement contagieuse qui envahit le système nerveux et peut causer une paralysie permanente.

C’une maladie souvent transmise par l’eau qui touche principalement les enfants de moins de 5 ans. Elle a été en grande partie éradiquée des pays développés, mais des foyers subsistent au Pakistan, en Afghanistan et dans certaines régions d’Afrique. Les premiers symptômes sont la fièvre, la fatigue, les maux de tête, les vomissements et la raideur musculaire. Chez les personnes paralysées par la maladie, la mort peut survenir dans jusqu’à 10 % des cas lorsque leurs muscles respiratoires se paralysent.

Le poliovirus sauvage est la forme la plus connue du poliovirus.

Il existe une autre forme de poliovirus qui peut se propager au sein des communautés : le poliovirus circulant dérivé d’une souche vaccinale, ou PVDVc. Bien que les PVDVc soient rares, ils sont devenus plus fréquents au cours des dernières années en raison des faibles taux de vaccination au sein de certaines communautés.

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