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Trois policiers suspendus 4 jours pour l’agression d’un homme ultra-orthodoxe

Haim Mizrachi a été battu, menacé et maintenu en garde à vue après avoir tenté de parler à des détectives en civil qui conduisaient à contresens et qui ont percuté une voiture

La police arrête le piéton ultra-orthodoxe Haim Mizrachi à Jérusalem, le 5 janvier 2022. (Capture d'écran)
La police arrête le piéton ultra-orthodoxe Haim Mizrachi à Jérusalem, le 5 janvier 2022. (Capture d'écran)

Trois officiers de police ont été interrogés, dimanche, car ils sont soupçonnés d’avoir agressé un homme ultra-orthodoxe mercredi dernier, jour où des centaines de personnes ont manifesté pour protester contre la présence d’un magasin qui vendait des téléphones non-casher dans le quartier Geula à Jérusalem.

Des vidéos largement relayées sur les réseaux sociaux, dont l’une d’elles a été prise par une caméra de vidéosurveillance, montrent Haim Mizrachi, juif orthodoxe, essayer d’attirer l’attention d’agents de police à bord d’un véhicule civil. Roulant à contresens, ces derniers venaient d’entrer en collision avec une autre voiture. Ne réalisant apparemment pas, à ce moment-là, que les hommes sont des policiers, Haim Mizrachi s’est approché des agents et leur a parlé, avant de s’éloigner.

Un policier l’a alors pris en chasse, traîné derrière une voiture et frappé, avant d’être rejoint par d’autres policiers.

Haim Mizrachi ne semble à aucun moment agir violemment ou manifester son mécontentement.

Les trois policiers ont été interrogés par le département des enquêtes internes de la police – un organe du ministère de la Justice chargé d’examiner les allégations de méfaits de la police – et ont reçu l’ordre de ne pas quitter leur poste de police pendant quatre jours et de ne pas contacter les personnes impliquées dans l’enquête.

Selon les médias israéliens, les officiers sont également soupçonnés d’avoir perturbé les procédures judiciaires.

Haim Mizrachi a donné plusieurs interviews.

« J’ai dit que j’irais les avertir, leur dire qu’ils avaient abîmé une voiture. On m’a répondu : ‘OK, OK’, dans le genre : ‘On vient.’ Et soudainement, on m’a sauté dessus, on m’a attrapé, on a commencé à me frapper », a-t-il raconté à la Douzième chaîne.

« On m’a poussé dans une voiture de police, on m’a marché dessus, on m’a frappé au visage. Je leur ai dit que je ne pouvais plus respirer. Un policier m’a dit : ‘Vous avez suffisamment d’air’ et il m’a frappé », a-t-il ajouté.

Les policiers l’ont ensuite emmené dans un commissariat situé à proximité du Complexe russe, à Jérusalem. L’homme a raconté qu’il a été placé en détention et qu’il avait interdiction de se rendre aux toilettes.

De son côté, la police a affirmé que Haim Mizrachi a agressé un policier. Elle a fait savoir que les manifestants avaient bloqué la circulation et perturbé l’ordre public et qu’au moins six personnes avaient été arrêtées.

Elle a aussi ajouté que « pendant les activités de la police, et après avoir donné l’ordre de se disperser, des mesures ont été utilisées pour disperser les personnes qui troublaient l’ordre public. Nous constatons une certaine partialité dans les reportages, qui ne reflètent pas le désordre public continu et violent qui se produisait dans la zone. S’il y a des plaintes contre des policiers, elles feront l’objet d’une enquête par les autorités compétentes ».

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