Tsahal a frappé des sites du Hezbollah dans un village du sud du Liban
Joseph Aoun déplore des frappes contre des "installations civiles" alors que Tsahal dit avoir "frappé des infrastructures terroristes", qui selon le ministère de la Santé a fait 1 mort et 7 blessés

Des frappes israéliennes dans le sud du Liban ont fait un mort et sept blessés jeudi. L’armée israélienne affirme avoir ciblé le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah et ses alliés, tandis que le président libanais, Joseph Aoun, déplore des frappes contre des « installations civiles ».
Selon le ministère libanais de la Santé, une personne a été tuée dans une frappe sur la ville de Chmistar, dans l’est du pays. Une personne a été blessée à Bnaafoul, dans le district de Saïda (sud-ouest), et six autres à Ansar, dans le district de Nabatieh (sud), a-t-il ajouté.
Aoun a indiqué que les frappes israéliennes visaient des « installations civiles », condamnant ce qu’il considère comme une violation du cessez-le-feu conclu l’an dernier.
« L’agression israélienne répétée s’inscrit dans le cadre d’une politique systématique visant à détruire les infrastructures productives, à entraver la reprise économique et à saper la stabilité nationale sous de faux prétextes sécuritaires », a déclaré Aoun.
Dans un communiqué, Tsahal a indiqué avoir « frappé des infrastructures terroristes du Hezbollah […] dans la région de Mazraat Sinaï, dans le sud du Liban », utilisées par le groupe terroriste pour restaurer ses capacités.
L’armée israélienne affirme que l’une des cibles était une carrière où le Hezbollah produisait du béton pour reconstruire ses installations détruites lors des combats de l’an dernier.
L’armée a également indiqué avoir frappé des installations utilisées par Green Without Borders, une ONG sous sanctions américaines que l’État hébreu considère comme ayant « opéré sous une couverture civile pour dissimuler la présence du Hezbollah dans la zone frontalière avec Israël ».
Le Liban est sorti en novembre 2024 d’une guerre meurtrière entre le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah, soutenu par la République islamique d’Iran, et Israël, qui a fait près de 4 000 morts.
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L’accord de cessez-le-feu prévoit le retrait du Hezbollah de la zone située au sud du fleuve Litani, ainsi que le démantèlement de ses infrastructures terroristes, en échange du renforcement du déploiement de l’armée libanaise et des Casques bleus de l’ONU.
Il prévoit également un retrait israélien du sud du Liban. Cependant, Israël maintient des troupes dans cinq positions frontalières qu’il considère comme stratégiques.
Malgré ce cessez-le-feu négocié notamment sous l’égide des États-Unis, Israël poursuit ses frappes quotidiennes contre le Hezbollah et occupe toujours cinq positions stratégiques du territoire libanais.
Sous la pression des États-Unis et face à la crainte d’une intensification des attaques israéliennes au Liban, le gouvernement a chargé début août les forces armées libanaises (LAF) de préparer un plan pour désarmer le Hezbollah d’ici la fin de l’année.
Cette proposition de désarmement vise à « prolonger et stabiliser » l’accord de cessez-le-feu conclu en novembre entre le Liban et Israël.
En réponse à la décision de le désarmer, le Hezbollah, affaibli par la guerre avec Israël, a accusé le gouvernement de commettre un « péché grave » et a affirmé qu’il ignorait cette décision.
Il considère que cette décision « sape la souveraineté du Liban » et « donne les mains libres à Israël pour porter atteinte à sa sécurité, à sa géographie, à sa politique et à son existence future ».
Iraj Masjedi, coordinateur adjoint de la Force Al-Qods, branche des opérations extérieures du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI), le bras armé du régime iranien, a déclaré que le désarmement du Hezbollah « n’arrivera pas ».







