‘Tu n’assassineras point !’ Vous vous en souvenez ?
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Opinion

‘Tu n’assassineras point !’ Vous vous en souvenez ?

Ceux qui utilisent la légitimité religieuse juive pour assassiner ne comprennent rien. Avec leur cruauté, ils font honte au judaïsme

David est le fondateur et le rédacteur en chef du Times of Israel. Il était auparavant rédacteur en chef du Jerusalem Post et du Jerusalem Report. Il est l’auteur de « Un peu trop près de Dieu : les frissons et la panique d’une vie en Israël » (2000) et « Nature morte avec les poseurs de bombes : Israël à l’ère du terrorisme » (2004).

Moïse brisant les Tables de la Loi de Rembrandt (1659) (Crédit : Wikipédia)
Moïse brisant les Tables de la Loi de Rembrandt (1659) (Crédit : Wikipédia)

Les meurtres d’Ali, de Riham et de Saad Dawabshe, qui ont été tués dans une présumée attaque à la bombe incendiaire menée par le terroriste juif de 21 ans terroriste, Amiram Ben-Uliel, « vont à l’encontre de tout ce que nous croyons », a déclaré Sarah Rosenfeld dimanche, quelques heures après que Ben-Uliel a été inculpé pour assassinat.

Selon l’agence de sécurité du Shin Bet, Ben-Uliel a déclaré qu’il a mis le feu à la maison des Dawabsha dans la nuit du 30 au 31 juillet pendant que la famille dormait à l’intérieur, afin de se venger de l’assassinat du fils de Sarah, Malachi, qui a été abattu par un terroriste du Hamas un mois plus tôt.

« Inutile de dire », a ajouté Sarah Rosenfeld, que les Rosenfeld ont été horrifiés par les massacres. Ce n’était pas du judaïsme tel qu’elle le connaît, a-t-elle dit.

« Cela me dégoûte que des Juifs ont fait cela, si cela est vrai », a-t-elle clamé sur la Dixième chaîne, qualifiant l’ostensible acte de vengeance présumé de Ben-Uliel comme « une claque au visage de la mémoire de mon fils et son mode de vie ».

Cela va sans dire. Cela va sans dire.

Sauf que, de manière trop évidente, il est nécessaire de le dire.

Il est nécessaire de dire que l’essence même du judaïsme est le respect du don divin de la vie humaine.

Pas la terre. La vie.

Il est apparemment nécessaire de dire, en rappelant, en répétant que « Tu n’assassineras point » est en premier sur cette liste des commandements fondamentaux.

Vous auriez pensé que les rabbins, forts en enseignements juifs, sauraient qu’il ne vaut mieux pas chercher à lire entre les lignes des Dix Commandements. Mais il existe le fait profondément malheureux qu’il y a plus d’un chef spirituel, respecté dans certains milieux, qui pendant des années ont lentement, et prétendument doctement, prêché sur les circonstances selon lesquelles, pour les Juifs, cette interdiction n’est pas applicable.

Vous auriez pensé que les dirigeants spirituels auraient suffisamment conscience que tous leurs disciples ne comprendraient pas les nuances de leurs exposés théoriques apprises. Vous auriez pensé que les leçons auraient été tirées après le massacre de Baruch Goldstein au Tombeau des Patriarches et après l’assassinat d’Yitzhak Rabin.

Inutile de vous dire qu’il ne faut pas jouer avec le commandement « Tu n’assassineras point ». Sauf que, nous le voyons encore maintenant, il est nécessaire de le rappeler.

Même après les massacres de Duma, il y a cinq mois, lorsque le Shin Bet a dû mettre en garde contre une « rébellion » juive qui cherche à détruire tout ce que le sionisme a construit ici pour le remplacer par un royaume raciste, il y avait beaucoup de sceptiques. Sérieusement ? Un tas de jeunes à peine barbus, des jeunes vivant à la dure en Cisjordanie constituaient une menace pour l’État puissant d’Israël ?

Et ensuite nous avons regardé la parade des fanatiques arrogants placés en détention. Nous avons lu le manifeste des extrémistes. Nous avons vu les menaces vicieuses publiées sur les médias sociaux. Et nous avons vu cette horrible danse de la mort dans ce mariage de la haine.

Le Shin Bet avait averti que le noyau dur de cette nouvelle terreur clandestine juive était devenu encore plus déconnecté et dangereux, encore plus sûr de son idéologie faussée, peut-être même plus que les plus radicaux des rabbins qui les auraient à une époque inspirés. Les criminels motivés par la haine, qui brûlent les églises, les mosquées et les écoles, ont mis en garde le service de sécurité, étaient parfaitement capables d’assassiner.

Ce mariage, la vue d’une dizaine de soi-disants juifs orthodoxes, portant les calottes et des papillotes en révérence, célébrant de manière méprisante l’assassinat d’une famille innocente et réclamant plus de ce même sang, a indiqué que le noyau dur ne se développe pas dans le vide.

Le concept que des gens puissent se considérer comme faisant partie de la nation juive puisse utiliser la célébration de la vie qu’est un mariage pour se délecter de la mort n’était pas un concept familier pour la plupart d’entre nous, et est nauséabond.

Mais il se trouve que les scènes du « mariage de la haine » – où des mitrailleuses et des cocktails Molotov ont été brandis avec un zèle sanguinaire et où une photo du bébé Ali Dawabsha, qui avait été brûlé vif pendant son sommeil innocent, a été symboliquement poignardée et incendiée dans ces orgies frénétiques – n’étaient pas une scène totalement inconnue pour une certaine partie de la population.

La célébration dépravée de la mort avait seulement franchi un peu plus de lignes rouges que la norme qui existe dans des mariages de certaines communautés de marginaux où les chansons de vengeance [résonnent] et où les couteaux sont brandis à table.

« Inutile de le dire », a déclaré une mère endeuillée pour qui le meurtre de la famille Dawabsha l’a plongée encore plus dans la douleur… Inutile de le dire.

Mais clairement, il n’est pas nécessaire de le dire, encore et encore et encore : la vie humaine est sacrée. Ceux qui prétendent connaître la volonté de Dieu et affirmer une légitimité religieuse juive pour assassiner, ne savent rien. Avec leur cruauté, ils font honte au nom du judaïsme. Ils trahissent le Dieu qu’ils prétendent sanctifier. Ils sont le genre de personnes à cause de qui le Premier Temple a été détruit et le royaume juif a pris fin.

Le texte a été adapté pour refléter une meilleure traduction de la phrase originale en hébreu: Tu n’ assassineras point, plutôt que Tu ne tueras point.

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