Un autre élu doit tenter de former la coalition après Netanyahu – Opposition
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Un autre élu doit tenter de former la coalition après Netanyahu – Opposition

Les leaders de Kakhol lavan disent que sans le Premier ministre et ses déboires judiciaires, un gouvernement d'unité avec le Likud serait formé "demain"

Les leaders de Kakhol lavan (de droite à gauche) Benny Gantz, Yair Lapid, Moshe Yaalon, et Gabi Ashkenazi durant une réunion de faction à la Knesset, le 20 mai 2019 (Crédit : Hadas Parush /Flash90)
Les leaders de Kakhol lavan (de droite à gauche) Benny Gantz, Yair Lapid, Moshe Yaalon, et Gabi Ashkenazi durant une réunion de faction à la Knesset, le 20 mai 2019 (Crédit : Hadas Parush /Flash90)

Dans un contexte d’impasse dans les pourparlers de coalition, impasse qui fait dorénavant planer la menace d’un nouveau scrutin, les députés de l’opposition ont fait savoir, lundi soir, que si le Premier ministre Benjamin Netanyahu devait échouer à mettre en place un gouvernement d’ici mercredi – date-butoir fixée pour sa formation – un autre législateur devait avoir la possibilité de tenter de rassembler le soutien de 61 membres de la Knesset avant qu’Israël ne se dirige vers des élections anticipées.

Ces déclarations ont été faites après que Netanyahu a admis avoir échoué à trouver un accord avec le chef du parti Yisrael Beytenu Avigdor Liberman, lui recommandant toutefois vivement de le rejoindre à quarante-huit heures de la date-butoir d’annonce d’un nouveau gouvernement.

Benny Gantz, leader du parti Kakhol lavan qui – comme le Likud – a remporté 35 sièges au Parlement fort de 120 membres, a raillé l’échec de Netanyahu à former une coalition, l’attribuant exclusivement à ses déboires judiciaires et à sa détermination à se garantir une immunité face aux poursuites, et déjouant pour ce faire toute option de coopération entre les deux formations majeures d’Israël.

« Bibi aurait dû démissionner et demain, il y aurait un gouvernement en état de fonctionnement », a écrit Gantz sur Twitter, utilisant le surnom de Netanyahu. « Mais c’est ainsi que les choses se passent quand tout a été placé au service d’une forteresse judiciaire et quand l’intérêt des citoyens reste toujours une considération mineure ».

Netanyahu doit encore signer un accord avec ses partenaires potentiels de coalition mais les avancées sont au point mort suite à une impasse apparue entre le parti laïc Yisrael Beytenu et les partis ultra-orthodoxes sur la question d’un projet de loi régulant le service militaire pour les étudiants religieux.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le chef du parti Yisrael Beytenu Avigdor Liberman après la signature de l’accord de coalition, à la Knesset, le mercredi 25 mai 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Liberman a affirmé de manière répétée qu’il soutenait Netanyahu au poste de Premier ministre mais qu’il ne rejoindrait le gouvernement que si ce dernier s’engageait à adopter sans amendement une version du projet de loi qui avait été promue au cours de la dernière Knesset. Les partis ultra-orthodoxes sont pour leur part opposés à cette législation et souhaitent la modifier. Netanyahu a besoin de Yisrael Beytenu et des formations haredim pour s’assurer une majorité au Parlement.

« Il y a un mois et demi, le peuple a voté en faveur d’un gouvernement de droite dirigé par moi », a dit le Premier ministre dans une déclaration faite aux journalistes lundi soir, faisant référence aux élections du 9 avril. « Je fais tous les efforts possibles pour éviter des élections non-nécessaires et peu économiques qui nous coûteront des milliards de shekels. Il n’y a aucune raison d’organiser un scrutin et de paralyser le pays pendant encore six mois. Il y a des solutions excellentes et, avec de la volonté, la crise pourrait se résoudre en deux minutes ».

Critiquant ces propos, Gantz a dit : « Que représente une autre nuit de stagnation par rapport à 13 ans de gouvernance de Netanyahu ? Une tromperie et un gaspillage de l’argent des contribuables ».

« Cette nuit, une fois encore, la seule chose qui intéresse Bibi, c’est Bibi », a clamé pour sa part Yair Lapid, numéro deux de Kakhol lavan. « Les seules décisions qu’il prend sont motivées par la mise en place de la carte qui lui permettra d’échapper à la prison. Et c’est la raison pour laquelle il n’y a pas encore de gouvernement ».

« S’il y a de nouvelles élections, c’est à cause de Bibi », a ajouté Lapid, réclamant une coalition qui comprendrait le Likud et Kakhol lavan – sans le Premier ministre actuel. « Nous pouvons mettre en place un gouvernement d’unité sans Netanyahu. Nous avons besoin d’un tel gouvernement. C’est ce dont Israël a besoin », a-t-il asséné.

Le parti centriste n’a pas de marge de manoeuvre claire pour former un gouvernement sans le Likud dans la mesure où il a exclu toute alliance avec les députés arabes et que les législateurs issus des formations ultra-orthodoxes et de droite – notamment Yisrael Beytenu — ont rejeté toute participation à une coalition placée sous l’autorité de Kakhol lavan.

Réunion avec Avi Gabbay, chef du Parti travailliste, et des parlementaires travaillistes (de gauche à droite) : Stav Shaffir, Itzik Shmuli, Amir Peretz et Shelly Yachimovich, à Tel Aviv le 13 février 2019. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Le chef travailliste Avi Gabbay a également demandé à ce que la formation d’un gouvernement soit confiée par le président Reuven Rivlin à un autre député.

« Si quelqu’un ne parvient pas à mettre en place un gouvernement, alors on demande à un autre. C’est une procédure de service. Une seule personne pourrait être Premier ministre ? C’est un gros bluff », a-t-il commenté devant la Knesset.

Le député travailliste Itzik Shmuli a promis dans une déclaration que sa formation « agira avec vigueur de manière à ce qu’un autre candidat reçoive le mandat pour tenter de former un gouvernement, avant de décider d’aller vers de nouvelles élections ».

Lundi, le parlement a adopté lors d’un vote préliminaire une décision de dissolution de la Knesset. 65 législateurs se sont prononcés « pour », 43 « contre » et six se sont abstenus.

Mardi matin, la première lecture est aussi passée.

Il faut encore deux votes pour que ce projet de loi présenté par le Likud – qui a dû être soumis sous la forme de projet privé dans la mesure où il n’y a pas de gouvernement – puisse dans les faits déclencher un processus électoral anticipé.

Deux scrutins dans un laps de temps si court serait sans précédent au sein de l’Etat juif. Certains expriment des inquiétudes sur le coût et la paralysie politique prolongée qui pourraient s’ensuivre.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’adresse à ses sympathisants alors que les résultats des élections sont annoncés au siège du parti à Tel Aviv, aux premières heures du 10 avril 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)

Les deux formations ultra-orthodoxes, Shas et Yahadout HaTorah, ont chacune remporté huit sièges lors du scrutin du 9 avril. Koulanou, le mouvement de centre-droit de Moshe Kahlon, en a gagné quatre. Et l’Union des partis de droite belliqueuse s’en est adjugé cinq. Avec le Likud, l’ensemble de ces formations regroupent 60 fauteuils à la Knesset forte de 120 membres et Netanyahu a également besoin de l’appui de Yisrael Beytenu et de ses cinq sièges pour former une majorité.

Netanyahu doit former sa coalition avant mercredi soir. Mais s’il devait échouer à le faire, ou dissoudre la Knesset, le Premier ministre devrait être en capacité de s’accorder encore 14 jours en utilisant une disposition légale qui n’a jamais été utilisée jusqu’à présent, disent les analystes.

Lors de l’expiration de la date-milite – et si la Knesset doit rester intacte – Rivlin pourrait alors charger un autre député de former un gouvernement. Mais dans la mesure où il est hautement probable que personne d’autre ne réussirait à rassembler une majorité de 61 sièges, ce scénario devrait mener à de nouvelles élections à la Knesset, quelques mois après le scrutin du 9 avril.

Au mois d’octobre, le Premier ministre prendra part à une audience pour répondre aux accusations de fraude et d’abus de confiance formulées dans trois dossiers pour corruption. Il devra aussi répondre de pots-de-vin dans l’un d’eux.

Marissa Newman et l’AFP ont contribué à cet article.

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