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Un cheik musulman radical fustige la nomination d’une femme comme juge de la charia

Un chef de la Branche nord du Mouvement islamique prévient Ayelet Shaked de ne “pas intervenir dans les affaires de l’islam”

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Kamal Khatib, cadre de la Branche nord du Mouvement islamique, à droite, devant le tribunal de Jérusalem, le 4 octobre 2009. (Crédit : Matanya Tausig/Flash90
Kamal Khatib, cadre de la Branche nord du Mouvement islamique, à droite, devant le tribunal de Jérusalem, le 4 octobre 2009. (Crédit : Matanya Tausig/Flash90

Des dirigeants spirituels musulmans ont fustigé jeudi la nomination de la première femme juge d’un tribunal de la charia d’Israël, prévenant la ministre de la Justice Ayelet Shaked de ne « pas intervenir dans les affaires de l’islam. »

Les responsables religieux, avec à leur tête le directeur adjoint de la Branche Nord du Mouvement islamique en Israël, le cheik Kamal Khatib, ont déclaré que « l’islam ne permet pas qu’une femme soit Qadit [juge de la charia] », selon le site d’information Ynet.

Mardi, la commission d’élections des juges de la charia de Shaked a nommé à l’unanimité Hana Khatib, une décision historique selon certains députés arabes.

Khatib habite à Tamra, en Basse Galilée. Elle est spécialisée dans le droit de la famille et de la charia, est mariée et a quatre enfants.

Hana Khatib, première femme à devenir juge dans un tribunal musulman, le 25 avril 2017. (Crédit : Ministère de la Justice)
Hana Khatib, première femme à devenir juge dans un tribunal musulman, le 25 avril 2017. (Crédit : Ministère de la Justice)

Les tribunaux de la charia d’Israël traitent des affaires personnelles de la communauté musulmane, comme le mariage, le divorce, la conversion, l’héritage et la prévention de la violence familiale.

Les cours religieuses juives d’Israël n’ont toujours pas eu de femme juge.

Shaked, membre du parti de droite HaBayit HaYehudi, a déclaré que la nomination d’une femme juge religieuse musulmane « aurait dû se produire il y a longtemps ».

Aida Touma-Sliman, députée de la Liste arabe unie, a déclaré que cette nomination était « une mesure historique pour le mouvement féministe arabe d’Israël, une mesure qui bénéficie non seulement aux femmes arabes musulmanes, mais à toute la population arabe d’Israël. »

Mais le directeur adjoint de la Branche Nord du Mouvement islamique en Israël, un mouvement interdit par la loi, a exprimé sa forte désapprobation. « Je sens un accord politique ici, dans le système juridique de la charia, a déclaré le cheik Khatib. Je ne suis pas mufti, mais l’opinion de la charia islamique est qu’une femme ne devrait pas être nommée Qadit. »

Faisant référence aux membres de la commission, il a ajouté que certains d’entre eux « n’ont rien à voir avec la religion de l’islam […], la connexion de certains d’entre eux à la loi islamique est comme ma connexion à la science de l’espace. »

Issawi Freij, au centre, député de Meretz. (Crédit : autorisation)
Issawi Freij, au centre, député de Meretz. (Crédit : autorisation)

La Branche sud du Mouvement islamique a pour sa part soutenu la nomination de Hana Khatib et lui a souhaité de réussir.

Répondant aux critiques, le député du Meretz Issawi Freij, membre de la commission de Shaked, a souligné que cette commission comptait parmi ses membres le président des cours d’appels de la charia, Kadi Abd Al-Hakim Samara, ainsi que d’autres experts du droit et de la charia qui ont assuré que toutes les étapes avaient été franchies « de la manière la plus professionnelle. »

« Je suis musulman, et je suis convaincu que c’est une décision historique, et dont notre religion peut être fière », a ajouté Freij.

Dov Lieber a contribué à cet article.

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