Un chef terroriste du Jihad islamique tué par une frappe de l’armée sur Gaza
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Un chef terroriste du Jihad islamique tué par une frappe de l’armée sur Gaza

Les tirs de roquettes continuent de viser Israël pour la e journée consécutive malgré un possible cessez-le-feu ; le Jihad islamique exige que ses demandes soient satisfaites

Rasmi Abu Malhous, un terroriste du Jihad islamique qui serait à la tête de l'unité roquette du groupe terroriste, que l'armée israélienne affirme avoir tué  lors d'une frappe aérienne sur la bande de Gaza le 14 novembre 2019. (Twitter)
Rasmi Abu Malhous, un terroriste du Jihad islamique qui serait à la tête de l'unité roquette du groupe terroriste, que l'armée israélienne affirme avoir tué lors d'une frappe aérienne sur la bande de Gaza le 14 novembre 2019. (Twitter)

Un porte-parole arabophone de l’armée israélienne a fait savoir que Rasmi Abou Malhous, un cadre du Jihad islamique, a été tué dans la nuit par une frappe ayant visé une maison à Deir al-Balah, laquelle a tué six membres d’une même famille.

Avichay Adraee a confirmé la mort et partagé sur Twitter une photo de Malhous, qui était, semble-t-il, à la tête d’une unité roquette du groupe terroriste.

Des responsables palestiniens ont indiqué que la frappe aérienne avait également fait 12 blessés.

Cet incident est survenu alors que les terroristes de la bande de Gaza continuent de viser Israël avec des roquettes malgré des annonces d’un cessez-le-feu imminent.

D’après, le ministère de la Santé gazaoui dirigé par le Hamas, une femme et un enfant figurent également parmi les morts, tous civils.

Il s’agit de l’incident le plus mortel depuis le début des affrontements actuels, qui fait porter le bilan à 32 morts côté palestinien.

Israël assure que la plupart d’entre eux étaient des terroristes.

Des roquettes tombaient encore sur Israël tôt jeudi matin alors même qu’un responsable israélien avait rapporté qu’un accord de cessez-le-feu avec l’organisation terroriste du Jihad islamique palestinien était proche.

Un missile israélien tiré par le système de défense Dôme de fer, destiné à intercepter et détruire des roquettes et obus d’artillerie de à courte portée, au-dessus de la bande de Gaza, le 13 novembre 2019. (Crédit : MAHMUD HAMS / AFP)

« Au calme nous répondrons par le calme, et les événements sur le terrain seront un facteur déterminant », a fait savoir le représentant diplomatique s’exprimant sous couvert d’anonymat.

Les sirènes ont retenti plusieurs fois à Ashdod, Ashkelon et dans les localités alentours après minuit. D’après un responsable local, des roquettes ont été interceptées par le Dôme de fer, même si l’armée israélienne ne l’a pas encore confirmée.

Peu avant minuit, les sirènes se sont également fait entendre à Rehovot, Ashdod, Gedera, Yavne et les communes voisines, poussant des centaines de milliers d’Israéliens à se réfugier dans des abris antibombes.

Cependant, l’armée indique que seule une roquette a été tirée et interceptée au-dessus d’Israël, mais sa trajectoire ainsi que les éclats du missile de défense ont déclenché plusieurs alertes.

Le service de secours du Magen David Adom a rapporté qu’une personne était légèrement blessée après être tombée en courant se réfugier.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, de nombreuses séries de tirs de barrages ont visé les villes d’Ashdod et Ashkelon, au nord de la bande de Gaza, ne faisant aucun blessé, mais quelques dégâts matériels.

Des démineurs retirent les fragments d’une roquette tirée depuis la bande de Gaza et interceptée par un missile du Dôme de fer qui a atterri dans une rue d’Ashdod le 13 novembre 2019. (Crédit: police israélienne)

En réaction, l’aviation militaire israélienne a bombardé des cibles du Jihad islamique dans la bande de Gaza, dont un centre de commandement et une base militaire dans la ville de Khan Younis et un centre d’entraînement de l’unité navale du groupe terroriste, qui servait également de cache d’armes, d’après l’armée.

La source diplomatique anonyme a également indiqué que la roquette lancée tard dans la nuit de mercredi à jeudi ressemblait à une tentative de la part de l’organisation terroriste de ressortir vainqueur de ces deux jours d’affrontements.

« Le Jihad islamique veut un cessez-le-feu et tente donc de donner une fausse impression de réussite. Ses exigences prouvent que les opérations israéliennes ont été une réussite. L’armée a tué 20 terroristes et considérablement nui aux capacités du Jihad islamique », a-t-il ainsi expliqué.

Le chef du Jihad islamique palestinien Baha Abu al-Ata attend à Gaza, le 21 octobre 2019. (Crédit : STR/AFP)

Ces combats ont commencé mardi vers 4 heures du matin lorsque l’armée de l’Air israélienne a mené une frappe de précision dans le secteur de Shejaiya, dans la ville de Gaza, où se trouvait Abou al-Ata, le tuant lui et sa femme, dans une opération conjointe avec le Shin Bet.

Peu après l’assassinat d’Abu al-Ata, le Jihad islamique s’est mis à lancer des douzaines de roquettes à courte et longue portée vers les communautés israéliennes situées autour de la bande de Gaza, causant des dégâts matériels mais peu de blessés.

Les soldats en charge du système de défense antiaérienne antimissile du Dôme de fer ont intercepté 90 % des roquettes tirées vers les zones peuplées, ont fait savoir les militaires.

Un missile israélien lancé par le système de défense Dôme de fer, conçu pour intercepter et détruire des roquettes de courte portée et des obus de mortier, au dessus de Gaza City, le 12 novembre 2019. (Crédit : BASHAR TALEB / AFP)

Trois Israéliens ont été directement blessés par des roquettes, dont une femme de 70 ans blessée modérément par les éclats de verre d’une fenêtre de son appartement touchée par un projectile mercredi. Les deux autres personnes ont été légèrement blessées par des éclats d’obus, d’après les secouristes. Une dizaine d’autres civils souffrent de blessures légères après être tombés en courant s’abriter.

En réaction à ces attaques de roquettes, l’armée israélienne a mené plusieurs séries de roquettes sur l’enclave gazaouïe, ciblant des infrastructures du Jihad islamique, dont des tunnels, des centres de commandement, des bases d’entraînement et des usines d’armement, ainsi que des équipes du groupe qui s’apprêtaient à tirer des roquettes sur l’État hébreu.

Des Palestiniens se rassemblent autour des restes d’une maison détruite par une frappe israélienne sur Khan Younés dans le sud de la bande de Gaza, le 13 novembre 2019. (Crédit : SAID KHATIB / AFP)

Au total, 32 Palestiniens ont été tués mardi, mercredi et jeudi, d’après le ministère de la santé de Gaza, dont un enfant de sept ans et deux adolescents.

La majorité de ces morts appartenaient à des organisations terroristes, la plupart au Jihad islamique palestinien.

Les termes du cessez-le-feu sont similaires aux conditions posées mercredi soir par le secrétaire-général du Jihad islamique Ziad Nakhala, basé à Damas.

« Nous avons donné des conditions spécifiques pour un cessez-le-feu. Si Israël les accepte, nous accepterons le cessez-le-feu », a-t-il dit. « Si Israël ne les accepte pas, nous continuerons à combattre pour une période indéfinie. »

Le général Ziad Nakhaleh , secrétaire-général-adjoint du Jihad islamique à l’époque, lors d’un discours, le 14 août 2018 (Capture d’écran : Palestine Today)

Ces conditions « sont simples et modestes. Premièrement, nous parlons de stopper les assassinats dans la bande de Gaza et en Cisjordanie », a-t-il exigé.

« Deuxièmement, nous demandons la fin des tirs sur les civils innocents à la Marche du Retour. Troisièmement, qu’Israël se plie aux accords conclus au Caire qui sont liées aux mesures [inaudible] dans la bande de Gaza », a-t-il poursuivi.

Au cours de l’année écoulée, les services de renseignement égyptiens et l’envoyé spécial des Nations unies pour le Moyen-Orient, Nickolay Mladenov, ont participé à plusieurs séries de négociations de trêve non officielle entre Israël et les organisations terroristes de la bande de Gaza.

Israël et l’enclave palestinienne se sont livrés à plusieurs épisodes de violence sporadiques depuis deux ans, tentant de parvenir à un cessez-le-feu à long terme.

Judah Ari Gross et Adam Rasgon ont contribué à cet article.

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