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Un « déshonneur » pour la CIJ : Réactions israéliennes suite au verdict de La Haye

"Comme tout pays, Israël a le droit fondamental de se défendre", réaffirme Netanyahu ; la "Cour antisémite" cherche à "persécuter le peuple juif", selon Ben Gvir

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s'exprimant dans une déclaration vidéo le 26 janvier 2024. (Crédit : Capture d'écran X ; utilisée conformément à l'article 27a de la loi sur le droit d'auteur)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s'exprimant dans une déclaration vidéo le 26 janvier 2024. (Crédit : Capture d'écran X ; utilisée conformément à l'article 27a de la loi sur le droit d'auteur)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a critiqué vendredi la Cour internationale de justice (CIJ), qui a refusé de rejeter les accusations de « génocide » portées contre Israël par l’Afrique du Sud, préférant rendre une décision provisoire selon laquelle Jérusalem doit prendre des mesures pour empêcher la perpétration d’actes génocidaires à l’encontre des Palestiniens.

« Comme tout pays, Israël a le droit fondamental de se défendre. La Cour de La Haye a rejeté à juste titre la demande scandaleuse visant à nous priver de ce droit », a-t-il déclaré.

Le tribunal a rejeté la demande de Pretoria d’ordonner un cessez-le-feu immédiat à Gaza.

« Mais l’affirmation selon laquelle Israël commet un génocide contre les Palestiniens n’est pas seulement fausse, elle est scandaleuse », a affirmé Netanyahu, estimant que « la volonté de la Cour de discuter de cette question est une marque de déshonneur qui ne sera pas effacée pendant des générations ».

En réponse à une plainte sud-africaine accusant Israël de « génocide » à Gaza, la Cour a refusé vendredi d’ordonner à Israël de mettre fin à son opération militaire, mais a exigé que le pays fasse immédiatement tout ce qui est en son pouvoir pour s’assurer qu’il n’enfreint pas la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, c’est-à-dire qu’il prenne toutes les mesures en son pouvoir pour prévenir la commission à l’encontre des Palestiniens de Gaza, notamment, des actes suivants : éviter de tuer ou de blesser des enfants gazaouis, faire en sorte que les conditions ne soient pas calculées pour détruire totalement ou partiellement la population de Gaza, et veiller à ce que les conditions visant à entraver les naissances au sein du groupe ne soient pas réunies.

« Nous menons une guerre juste et nous la poursuivrons jusqu’à la victoire totale, jusqu’à ce que nous ayons vaincu le [groupe terroriste palestinien du] Hamas, ramené toutes les personnes qui nous ont été enlevées et fait en sorte que Gaza ne constitue plus une menace pour Israël », a souligné Netanyahu.

Dans une déclaration distincte en anglais, Netanyahu a ajouté que « l’engagement d’Israël envers le droit international est inébranlable » et a promis que, la guerre d’Israël étant menée contre « les terroristes et non contre les civils palestiniens », son gouvernement « continuerait à faciliter l’aide humanitaire et à faire tout ce qui est en son pouvoir pour que les civils ne soient pas mis en danger ».

« À la veille de la Journée internationale de commémoration de la Shoah, je m’engage une nouvelle fois, en tant que Premier ministre d’Israël, à ce que cela ne se reproduise plus jamais », a-t-il ajouté, promettant de « continuer à faire ce qui est nécessaire pour défendre notre pays et notre peuple ».

Selon la chaîne publique israélienne Kan, Netanyahu, par l’intermédiaire du conseiller à la sécurité nationale Tzahi Hanegbi, a – à la suite de cette décision – demandé aux ministres de s’abstenir de toute déclaration publique avant la publication d’une position officielle du gouvernement sur la question, un appel qui a été rapidement ignoré par plusieurs ministres.

Le président de la Cour suprême à la retraite, Aharon Barak, prête serment en tant que représentant d’Israël à la Cour internationale de justice de La Haye, le 11 janvier 2024. (Capture d’écran)

Aharon Barak, président à la retraite de la Cour suprême israélienne, nommé par Israël pour représenter le pays lors de l’audience à la Cour internationale de Justice à La Haye, a émis un avis séparé après la décision de la cour.

Avec l’Ougandaise Julia Sebutinde, Barak a été l’un des deux seuls juges à s’opposer à l’affirmation principale du tribunal selon laquelle les actions israéliennes dans la guerre contre le Hamas pourraient violer la Convention sur le génocide.

Barak a voté en faveur de deux mesures incluses dans la décision : exiger d’Israël qu’il fasse tout « en son pouvoir pour prévenir et punir l’incitation directe et publique à commettre un génocide à l’égard des membres du groupe palestinien dans la bande de Gaza » et ordonner « des mesures immédiates et efficaces pour permettre la fourniture des services de base et de l’aide humanitaire dont nous avons un besoin urgent pour faire face aux conditions de vie défavorables auxquelles sont confrontés les Palestiniens dans la bande de Gaza ».

Dans son avis séparé, Barak a critiqué l’Afrique du Sud pour s’être concentrée sur Israël au lieu du Hamas pour avoir perpétré l’attaque terroriste du 7 octobre qui a déclenché la guerre à Gaza, affirmant que le pays « a cherché à tort à imputer le crime de Caïn à Abel ».

Il a évoqué également sa propre expérience en tant que survivant de la Shoah.

« Pour moi, le génocide est bien plus qu’un simple mot ; cela représente une destruction calculée et le pire comportement humain », a écrit Barak. « C’est l’accusation la plus grave possible et elle est profondément liée à mon expérience de vie personnelle. »

Barak a aussi vanté l’engagement d’Israël à adhérer au droit international lors de ses opérations militaires et affirmé que le tribunal devrait utiliser le droit international humanitaire lors de son évaluation sur la guerre à Gaza, et non la convention sur le génocide.

Le ministre de la Défense Yoav Gallant s’adresse aux troupes de l’unité Shayetet 13 de la marine à la base de l’unité à Atlit, le 17 janvier 2024. (Crédit : Ariel Hermoni/Ministère de la Défense)

Le ministre de la Défense, Yoav Gallant, a condamné l’arrêt de la Cour, déclarant qu’Israël « n’a pas à recevoir de leçons de morale » alors qu’il combat le groupe terroriste palestinien du Hamas à Gaza.

« La Cour internationale de justice de La Haye a dépassé les bornes lorsqu’elle a accédé à la demande antisémite de l’Afrique du Sud de discuter de l’allégation de génocide à Gaza, et elle refuse maintenant de rejeter purement et simplement la plainte », a-t-il affirmé dans un communiqué.

« Ceux qui recherchent la justice ne la trouveront pas sur les fauteuils en cuir des salles d’audience de La Haye – ils la trouveront dans les tunnels du Hamas à Gaza, où 136 otages sont détenus et où se cachent ceux qui ont assassiné nos enfants », a poursuivi Gallant. « Ils la trouveront dans ‘l’Esprit de Tsahal’, un document qui décrit les valeurs et la conduite de nos soldats moraux et professionnels. »

Le ministre d’extrême-droite de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a également condamné la CIJ.

Des Palestiniens constatant les dégâts causés par les bombardements israéliens à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 12 décembre 2023. (Crédit : Mohammed Abed/AFP)

« La décision du tribunal antisémite de La Haye prouve ce que l’on savait déjà : cette Cour ne cherche pas la justice, mais plutôt la persécution du peuple juif », a déclaré Ben Gvir, dont la rhétorique a été citée par l’Afrique du Sud comme preuve de ses accusations de « volonté génocidaire ».

« Ils ont été silencieux pendant la Shoah et aujourd’hui ils perpétuent l’hypocrisie et font un pas de plus », a-t-il affirmé, ajoutant que « les décisions qui mettent en danger l’existence continue de l’État d’Israël ne doivent pas être respectées ».

Basée à La Haye, la Cour internationale de justice, dans sa forme actuelle, a été fondée en 1945.

Parmi les déclarations citées à la CIJ lors de l’audience initiale de l’affaire, Ben Gvir avait affirmé que « lorsque nous disons que le Hamas doit être détruit, cela inclut ceux qui le glorifient, ceux qui le soutiennent et ceux qui distribuent des friandises – ce sont tous des terroristes et ils doivent également être détruits ».

Les représentants israéliens à la CIJ avaient fait valoir que les déclarations incendiaires « aléatoires » des hommes politiques israéliens ne reflétaient pas la politique déterminée par les organes de l’État qui élaborent la politique de guerre. Ils ont également insisté sur le fait que les dommages massifs causés aux civils palestiniens pendant la guerre résultaient de l’utilisation généralisée par le Hamas d’infrastructures civiles à des fins terroristes, plutôt que d’une intention génocidaire.

Le ministre des Affaires étrangères, Israel Katz, a qualifié cette décision de « honteuse exploitation de la convention [pour la prévention et la répression du crime] de génocide », tout en se félicitant de l’appel lancé par la Cour en faveur de la libération des otages israéliens détenus par le groupe terroriste palestinien du Hamas.

Dans un communiqué, Katz a déclaré que « l’engagement d’Israël envers le droit international est inébranlable » et « existe indépendamment de toute procédure devant la CIJ, tout comme le droit inhérent d’Israël à se défendre contre les terroristes génocidaires du Hamas ».

« Je le répète aujourd’hui, à la veille de la Journée internationale de commémoration de la Shoah », a-t-il affirmé, faisant écho à Netanyahu.

La CIJ « aurait dû rejeter purement et simplement la requête bidon de l’Afrique du Sud », a renchéri le chef de l’opposition Yaïr Lapid, affirmant que l’armée israélienne « s’efforce résolument de ne pas blesser des innocents ».

« Nous n’avons pas besoin de sermons ou d’instructions morales pour nous comporter comme un État démocratique et correct, agissant conformément au droit international », a-t-il souligné.

Suite à la décision, le député Oded Forer (Yisrael Beytenu) s’en est pris au député Ofer Cassif (Hadash-Taal) pour son soutien public à la motion sud-africaine.

« Son soutien a déjà conduit à une décision qui mettra en péril la capacité d’Israël à agir librement contre le terrorisme », a déclaré Forer, promettant de poursuivre ses efforts pour expulser le législateur la semaine prochaine lors d’une audience prévue sur la question à la Knesset.

Les destructions causées par les terroristes palestiniens du Hamas le 7 octobre 2023, au kibboutz Kissufim, le 1er novembre 2023. (Crédit : Erik Marmour/Flash90)

Cassif a semblé se réjouir de la décision, écrivant sur X que la décision de la Cour « jette une lourde tâche morale sur le gouvernement israélien ».

Le 7 octobre, des milliers de terroristes palestiniens ont pris d’assaut la frontière de Gaza et sauvagement assassiné 1 200 personnes, dont une grande majorité de civils, tout en commettant de graves atrocités, notamment des viols, des tortures et d’autres crimes.

Le Hamas a également pris 253 otages, dont 132 seraient encore retenus en captivité dans la bande de Gaza, bien qu’ils ne soient pas tous en vie. À la suite de ce massacre, Israël a lancé une opération militaire visant à récupérer les otages et éliminer le Hamas du pouvoir dans la bande de Gaza et sa capacité à menacer la sécurité d’Israël.

Dans l’incursion terrestre, l’armée israélienne doit faire face à une situation dans laquelle le Hamas a placé ses terroristes et construit ses installations armées dans toute l’infrastructure civile de Gaza, notamment dans des hôpitaux, des écoles, des mosquées et des foyers.

Plus de 26 000 personnes seraient mortes à Gaza depuis le début de la guerre, selon le ministère de la Santé du Hamas. Les chiffres publiés par le groupe terroriste sont invérifiables, et ils incluraient ses propres terroristes et hommes armés, tués en Israël et à Gaza, et les civils tués par les centaines de roquettes tirées par les groupes terroristes qui retombent à l’intérieur de la bande de Gaza. Tsahal a éliminé 9 000 terroristes palestiniens dans la bande de Gaza, en plus des quelque 1 000 terroristes qui ont pris d’assaut Israël le 7 octobre.

Reuters et Jeremy Sharon ont contribué à cet article.

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