Un haut responsable de l’AP juge décevante la réaction arabe au plan Trump
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Un haut responsable de l’AP juge décevante la réaction arabe au plan Trump

Hussein Al-Sheikh dit que Ramallah avait espéré une prise de position "bien meilleure" et s'inquiète que les pays arabes deviennent un "poignard" pour les Palestiniens

Des Palestiniens manifestent contre le plan de paix de l'administration américaine présenté par Donald Trump, à Hébron, le 30 janvier 2020. (Crédit : AP Photo/Mahmoud Illean)
Des Palestiniens manifestent contre le plan de paix de l'administration américaine présenté par Donald Trump, à Hébron, le 30 janvier 2020. (Crédit : AP Photo/Mahmoud Illean)

Un haut fonctionnaire de l’Autorité palestinienne a parlé de la déception de Ramallah face à la réaction discrète et parfois favorable des nations arabes à la proposition américaine controversée de résolution du conflit israélo-palestinien, indiquant que l’Autorité espérait « beaucoup mieux ».

Hussein al-Sheikh, ministre des Affaires civiles de l’AP, membre du Comité central du Fatah et proche confident du président Mahmoud Abbas, a fait savoir qu’il y avait une inquiétude que les nations arabes, dont l’AP espérait qu’elles soutiendraient leur position, puissent devenir « un poignard contre le peuple palestinien ».

Trump a dévoilé mardi son plan de paix tant attendu. Plusieurs pays arabes, dont le Koweït, le Qatar, les Émirats Arabes Unis et l’Arabie Saoudite ont tous exprimé des réponses qui ne critiquent pas directement le plan et indiquent qu’il s’agit d’une base de négociation dont les Palestiniens devraient s’emparer. Les 22 membres de la Ligue arabe ont convoqué une session d’urgence samedi afin d’examiner la question.

Les Palestiniens, qui avant même la révélation du plan américain avaient déclaré qu’ils le rejetteraient, ont fermement maintenu cette position.

Hussein al-Cheikh, ministre de l’Autorité palestinienne sur Palestine TV, chaîne officielle de l’AP. (Crédit : capture d’écran: Palestine TV)

« Nous espérions que la position arabe serait bien meilleure que cela », a regretté Hussein al-Cheikh au micro d’Al Jazeera jeudi soir. « Mais le véritable test aura lieu samedi, lors de la réunion de la Ligue arabe ».

« A chaque réunion avec nos frères arabes, nous n’avons pas exigé que les Arabes combattent l’Amérique ou Israël en notre nom », a assuré le ministre. Nous leur avons demandé la position minimale… Nous leur avons demandé de dire aux Américains : ‘Ce que les Palestiniens acceptent, nous l’acceptons. Et ce que les Palestiniens rejettent, nous le rejetons' ».

« Nous espérons que toute notre nation arabe sera une force de soutien pour nous et non un coup de poignard à l’encontre du peuple palestinien », a-t-il ajouté.

Le plan accorde à Israël une grande partie de ce qu’il recherche depuis des décennies de diplomatie internationale, à savoir le contrôle de Jérusalem comme sa capitale « indivisible », plutôt qu’une ville à partager avec les Palestiniens, qui auraient leur capitale dans une zone de Jérusalem-Est – mais sans la vieille ville convoitée et les quartiers environnants. Le plan permet également à Israël d’annexer des implantations de Cisjordanie et exclut le retour des réfugiés palestiniens sur le territoire israélien.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui était aux côtés de M. Trump à la Maison Blanche lorsque le dirigeant américain a présenté le plan, a immédiatement fait part de son soutien au projet.

Il a également d’abord annoncé qu’Israël allait immédiatement annexer la vallée du Jourdain et les implantations de Cisjordanie avec l’aval de Washington, mais la Maison Blanche a rapidement précisé qu’elle n’approuverait aucune initiative  d’annexion immédiate.

« Est-il raisonnable que des Arabes applaudissent Trump et Benjamin Netanyahu au 2e ou 3e rang ? », a interrogé le proche de Mahmoud Abbas, faisant apparemment référence aux ambassadeurs des Émirats arabes unis, de Bahreïn et d’Oman, qui ont également assisté à la cérémonie de révélation du plan.

« Est-il raisonnable que ces Arabes applaudissent la division d’Al-Aqsa ? ». Et d’ajouter : « Est-il raisonnable que les Arabes applaudissent le fait qu’Al-Qods soit la capitale d’Israël », utilisant le nom arabe de Jérusalem.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (à droite) et le Président Donald Trump dans la salle Est de la Maison Blanche à Washington, le mardi 28 janvier 2020, lors de l’annonce du plan très attendu de l’administration Trump pour résoudre le conflit israélo-palestinien. (AP Photo/Alex Brandon)

Hussein al-Sheikh a également exprimé sa reconnaissance au roi Abdallah de Jordanie pour sa position « forte et solide » en soulignant que l’accord de paix devait inclure les principales demandes des Palestiniens qui ne font pas partie de la proposition actuellement.

Le souverain jordanien s’est entretenu avec Abbas vendredi et lui a assuré qu’Amman se tiendrait aux côtés de Ramallah « dans la lutte pour obtenir [leur] État indépendant légitime, conformément aux frontières de 1967 ».

La Jordanie a également déclaré qu’elle rejette toute initiative unilatérale d’Israël, en se référant au plan d’annexion des implantations.

Les Palestiniens ont rejeté avec colère l’ensemble du plan.

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