Un leader pro-implantation invité à la conférence de l’AIPAC, une première
Rechercher

Un leader pro-implantation invité à la conférence de l’AIPAC, une première

Le délégué aux Affaires étrangères du conseil de Yesha Oded Revivi devrait participer à des débats ;l e groupe américain a répété son soutien à une solution à 2 Etats

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le délégué aux Affaires étrangères du conseil de Yesha Oded Revivi s'exprime lors d'un événement de l'organisation à Washington, le 5 mars 2018 (Autorisation : Conseil de Yesha)
Le délégué aux Affaires étrangères du conseil de Yesha Oded Revivi s'exprime lors d'un événement de l'organisation à Washington, le 5 mars 2018 (Autorisation : Conseil de Yesha)

Un haut-responsable du conseil de Yesha devrait participer à de la prochaine conférence politique de l’AIPAC. C’est la première fois qu’un représentant de l’organisation-cadre pro-implantation est invitée au sommet annuel de ce puissant lobby.

Oded Revivi, délégué aux affaires étrangères au sein du conseil de Yesha, devrait prendre part à un débat lors de l’un des événements organisés en marge de la conférence, en opposition à la scène principale où le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’adressera aux 18 000 participants enregistrés.

« C’est une relation qui s’est construite au cours des deux dernières années durant lesquelles nous avons pu nous adresser à un grand nombre de délégations envoyées par l’AIPAC en Israël », a expliqué cette semaine Revivi au Times of Israel. « Je pense qu’ils ont réalisé que nous représentons une valeur ajoutée dans notre contribution à la discussion et au dialogue qui auront lieu pendant la conférence ».

L’invitation de Revivi à la conférence politique qui aura lieu à Washington du 24 au 26 mars a été en premier lieu annoncée par le quotidien Israel Hayom.

Oded Revivi s’adresse à une délégation de l’AIPAC dans la ville d’Efrat, en Cisjordanie (Autorisation : municipalité d’Efrat)

Marshall Wittmann, porte-parole de l’AIPAC, a confirmé le fait que Revivi serait le premier haut-responsable du mouvement pro-implantation à apparaître lors du sommet mais il a suggéré que son invitation n’indiquait aucun changement dans les positionnements de longue date de l’organisation.

« Lors de toutes les conférences politiques, nous avons de multiples intervenants appartenant à tout le spectre politique – notamment certains avec des visions diverses sur les implantations – et ce n’est pas différent cette année », a-t-il dit au Times of Israel.

« Nous avons un positionnement de longue date : celui qu’une paix durable entre Israéliens et Palestiniens ne pourra s’accomplir que par le biais de négociations directes entre les deux parties qui résulteront en un Etat juif vivant côte à côte et en paix avec un état palestinien démilitarisé. Nous ne prenons pas position sur les implantations », a expliqué Wittmann.

Selon son site internet, l’AIPAC soutient « avec force une solution à deux Etats » avec un Etat d’Israël juif et un Etat palestinien démilitarisé. Le groupe a par ailleurs réaffirmé sa position il y a moins d’un an dans un tweet :

Mais Revivi, qui est également le maire d’Efrat, en Cisjordanie, a déclaré pour sa part qu’il n’était « pas totalement vrai » que l’AIPAC soutienne une solution à deux Etats.

« Quand on discute avec eux, ce n’est pas si clair que ça. Ils ont tendance à dire que ce qui figure sur le site internet n’est pas si définitif », a-t-il dit.

Revivi lui-même est ardemment opposé à un Etat palestinien mais il rejette également depuis longtemps une annexion unilatérale de la Cisjordanie.

« Aujourd’hui, la question n’est pas de savoir s’il y aura une solution à un ou deux Etats. Il faut qu’il y ait quelque chose qui n’ait pas encore été envisagé dans le passé. Nous avons besoin d’une initiative nouvelle qui nous obligera à réfléchir hors des sentiers battus, à tenter de trouver une solution susceptible de créer un avenir meilleur », a-t-il ajouté.

Lors de la conférence de l’AIPAC, Revivi sera l’un des trois intervenants au cours d’une discussion de groupe intitulée « Retour en 67 : La gauche, la droite et l’héritage de la guerre des Six jours ». Il partagera la tribune avec Polly Bronstein, fondatrice et directrice-générale de l’organisation pacifiste Darkenu et l’activiste social Shir Nosatzki.

« Ce panel est l’exemple même de la représentation de la diversité des points de vue – avec notamment des personnalités qui œuvrent à maintenir le dialogue entre la gauche et la droite », a dit un responsable de l’AIPAC qui s’est exprimé sous couvert d’anonymat.

Netanyahu devrait prendre la parole sur la scène principale de la conférence le 26 mars, 24 heures après son principal rival lors des élections du 9 avril – le candidat de Kakhol lavan au poste de Premier ministre Benny Gantz.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...