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Un magasin haredi de téléphonie détruit par les flammes à Jérusalem

Son propriétaire, Itzhak Deri, dénonce un acte criminel entraîné par son refus de ne plus vendre un certain téléphone estampillé "non-casher" par les rabbins

La boutique de téléphonie détruite par les flammes dans le quartier de Geula à Jérusalem, le 2 octobre 2022. (Crédit : Yonathan Sindel/Flash90)
La boutique de téléphonie détruite par les flammes dans le quartier de Geula à Jérusalem, le 2 octobre 2022. (Crédit : Yonathan Sindel/Flash90)

Une boutique de téléphonie de Jérusalem a été détruite par un incendie dans la nuit de dimanche. Le propriétaire du magasin a affirmé qu’il s’agissait d’un acte de destruction délibéré, entraîné par son refus de ne plus vendre un appareil considéré par certains comme « non-casher ».

De nombreux Juifs orthodoxes, ou haredim, utilisent des téléphones « casher » – soit des vieux appareils qui n’offrent pas de connexion à internet, soit des smartphones dont l’accès à certains sites, aux réseaux sociaux ou aux textos, entre autres, est restreint – sur l’avis des rabbins.

Le problème posé par les téléphones mobiles et les règles à suivre sont largement placés sous le contrôle d’une instance appelée la Commission rabbinique des Communications, qui a une forte influence sur le commerce « casher » des téléphones cellulaires dans tout le pays et sur tous les outils puissants qui ont un impact à la fois sociétal et commercial.

L’incendie s’est déclenché, dimanche, dans un magasin appelé Téléphonie Casher, situé à Geula, un quartier ultra-orthodoxe de la capitale où des incidents similaires ont été rapportés dans le passé – surtout dans des magasins ayant refusé de coopérer avec la commission.

Si les autorités doivent encore déterminer le caractère criminel ou accidentel du feu, le propriétaire de la boutique a la certitude d’avoir été visé par des extrémistes après avoir récemment perdu le certificat accordé par la commission rabbinique.

Le propriétaire Itzhak Deri, 26 ans, a indiqué qu’il a travaillé très étroitement avec la commission dans le passé, adhérant à ses instructions. Toutefois, son refus récent de ne pas vendre un smartphone Xiaomi considéré comme « non-casher » a impliqué la perte d’un certificat émis par la commission – un certificat largement considéré par la communauté comme nécessaire pour l’exploitation d’un commerce relatif à la téléphonie dans les quartiers haredim.

« C’était relativement calme jusqu’à présent, ici, » a déclaré Deri au site d’information Ynet, « jusqu’à ce qu’un inspecteur casher décide de me retirer mon certificat ».

« Il y a trois semaines », a-t-il ajouté, « un inspecteur envoyé par la Commission rabbinique des communications est venu ici et il a dit qu’il me retirait mon certificat parce qu’il pensait que je vendais des téléphones ‘non-casher’. »

Dimanche, il a reçu un texto d’un employé l’informant que le magasin était en feu. « Je suis venu aussi vite que j’ai pu », a-t-il raconté.

Il n’y a pas eu de blessé mais le magasin a été complètement détruit.

Un communiqué du service des incendies et des secours a expliqué que les flammes avaient endommagé plusieurs commerces adjacents, sans préciser l’origine du sinistre.

La police a ouvert une enquête sur l’incident.

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