Un magnat émirati discute avec Israir et donne son avis sur l’accord
Rechercher

Un magnat émirati discute avec Israir et donne son avis sur l’accord

Le milliardaire Khalaf Ahmad Al Habtoor qualifie les Émirats de "terre d'opportunité" pour les Israéliens et ajoute que les Palestiniens profiteront aussi des retombées économiques

Le magnat des affaires émirati Khalaf Ahmad Al Habtoor s'entretient avec la Treizième chaîne israélienne, le 16 août 2020. (Capture écran)
Le magnat des affaires émirati Khalaf Ahmad Al Habtoor s'entretient avec la Treizième chaîne israélienne, le 16 août 2020. (Capture écran)

Un important homme d’affaires des Émirats arabes unis a déclaré dimanche qu’il était déjà en pourparlers avec la compagnie aérienne israélienne Israir pour établir des vols directs entre Israël et les EAU, saluant l’accord de normalisation récemment annoncé entre les deux pays comme une « grande » opportunité pour les deux nations.

Dans une interview accordée à la chaîne israélienne la Treizième chaîne, Khalaf Ahmad Al Habtoor, magnat de l’immobilier et philanthrope milliardaire, a confirmé que sa société était en pourparlers avec Israir.

« C’est vrai, entre mon équipe et l’équipe israélienne, il y a eu des discussions cet après-midi en ce qui concerne les compagnies aériennes commerciales et les charters pour touristes », a-t-il affirmé.

« Il est certain que mon équipe est en train de négocier et j’espère que nous parviendrons à un accord qui profitera à la fois à l’entreprise israélienne et aux Émirats arabes unis », a-t-il déclaré.

Un avion d’Israir. Illustration. (Crédit : Moshe Shai/Flash90)

Israël et les Émirats arabes unis ont annoncé jeudi qu’ils établissaient des relations diplomatiques complètes dans le cadre d’un accord négocié par les États-Unis, qui exige également qu’Israël suspende son plan controversé d’annexion des terres de Cisjordanie sur lesquelles les Palestiniens cherchent à créer leur futur État. Israël avait précédemment prévu d’aller unilatéralement de l’avant avec les mesures sur la base du plan de paix américain.

L’accord fait des EAU le troisième pays arabe, après l’Égypte et la Jordanie, à avoir des relations diplomatiques complètes et actives avec Israël. La déclaration conjointe de jeudi a indiqué que des accords entre Israël et les EAU étaient attendus dans les semaines à venir dans des domaines tels que le tourisme, les vols directs et les ambassades.

Bien qu’Israël ait des liens officiels avec l’Égypte et la Jordanie, cela ne s’est pas traduit par des relations chaleureuses entre les peuples, beaucoup hésitant encore à s’associer publiquement avec Israël.

Cela contraste fortement avec les personnalités publiques et privées des EAU, qui se sont entretenues avec Israël dans les médias ces derniers jours, évoquant les avantages de l’accord pour les deux parties.

Al Habtoor, qui est depuis longtemps un ardent défenseur de l’établissement de liens entre les EAU et Israël, s’est enthousiasmé de l’accord et semblait particulièrement désireux de voir la coopération commencer, disant qu’il avait déjà discuté d’idées avec des amis israéliens.

« C’est une grande décision prise par les dirigeants israéliens et les dirigeants des EAU, je veux dire, ce qu’ils ont fait, vraiment, c’est formidable », a déclaré Al Habtoor. « Cela fera une énorme différence entre nos deux pays et pour les autres pays qui suivront bientôt », a-t-il dit.

« Laissez-moi vous expliquer quelque chose. Les Émirats arabes unis, je les appelle la terre de l’opportunité et c’est une chance pour les hommes d’affaires israéliens et pour les touristes qui voudraient les visiter, nous avons de la variété. C’est un pays très, très riche », a-t-il commenté.

Vue de la Marina de Dubaï, mars 2008 (Crédit : David Pin / Wikimedia Commons / CC BY 2.0)

C’est un scénario partagé par le ministère de l’économie israélien, qui a estimé que la normalisation pourrait voir les exportations israéliennes vers les EAU atteindre un montant annuel de 300 à 500 millions de dollars. Les investissements des EAU en Israël pourraient atteindre 350 millions de dollars par an.

Les Palestiniens estiment que cet accord trahit la cause palestinienne, mais Al Habtoor a assuré que les Palestiniens pourraient également tirer de grands avantages économiques de l’accord de normalisation s’ils renonçaient à jouer au « théâtre des perdants ».

« La majorité des Palestiniens, je les connais depuis l’époque de Yasser Arafat, ils veulent avoir la paix, mais parfois ils jouent dans un théâtre, mais un théâtre de perdants, malheureusement », a-t-il dit.

« Je peux vous assurer que plus de 70 % des Palestiniens veulent travailler. Il y a beaucoup de Palestiniens, et beaucoup de Palestiniens arabes en Israël qui sont très, très riches, ils possèdent des propriétés, des entreprises et ils font un excellent travail, c’est une opportunité pour eux de travailler ».

Le prince royal d’Abou Dabi Mohammed bin Zayed al-Nahayan (2e en partant de la droite), le président de l’Autorité du tourisme et de la culture de l’émirat, Mohamed Khalifa al-Mubarak, à gauche, Emmanuel Macron et son épouse Brigitte Macron visitent le musée du Louvre Abou Dabi lors de son inauguration, Émirats arabes unis, le 8 novembre 2017. (Crédit : Ludovic Marin/Pool photo via AP)

Dimanche, les liaisons téléphoniques entre les EAU et Israël ont également été ouvertes, les deux pays ayant commencé à entretenir des relations diplomatiques. Les sites d’information israéliens qui ont été précédemment bloqués par les autorités émiraties peuvent être consultés sans utiliser de moyens intermédiaires pour contourner le filtrage d’Internet dans les Émirats.

Les responsables émiratis ont rapporté que le ministre des Affaires étrangères, Cheikh Abdullah bin Zayed Al Nahyan, avait appelé son homologue israélien, Gabi Ashkenazi.

Dimanche matin, l’agence de presse WAM, gérée par l’État, a annoncé qu’une société des Émirats avait signé un accord avec une société israélienne pour des travaux de recherche sur la pandémie de coronavirus.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...