Un missile du Hezbollah vise Ashdod ; Tsahal frappe des lanceurs au Liban
Il n'y a pas eu de blessés lors de l’attaque nocturne qui a déclenché les sirènes à Tel Aviv ; une maison a été touchée à Misgav Am ; les Libanais sous le choc après des frappes israéliennes

Israël et le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah ont poursuivi leurs échanges de tirs vendredi, malgré l’annonce par le Premier ministre Benjamin Netanyahu de pourparlers avec le Liban, alors que ce dernier se remettait encore des frappes israéliennes massives menées deux jours plus tôt.
L’annonce israélienne n’a suscité aucune réaction immédiate, ni du Liban, qui avait à plusieurs reprises proposé des discussions pour mettre fin à la guerre, ni du Hezbollah. Netanyahu a indiqué que les pourparlers porteraient sur le désarmement du Hezbollah et « l’établissement de relations pacifiques » entre les deux pays.
Selon une source proche du dossier, les négociations devraient débuter la semaine prochaine au département d’État à Washington. Elles seront menées, côté américain, par l’ambassadeur des États-Unis au Liban, Michel Issa, et, côté israélien, par l’ambassadeur d’Israël aux États-Unis, Yechiel Leiter. La source s’est exprimée sous couvert d’anonymat en raison du caractère sensible du dossier.
Un responsable diplomatique libanais au fait de la situation a indiqué que le pays n’avait pas encore désigné de représentant pour participer aux pourparlers depuis Beyrouth. Le président libanais Joseph Aoun souhaite obtenir un cessez-le-feu temporaire dès l’ouverture des discussions, parallèlement aux négociations entre les États-Unis et la République islamique d’Iran, menées sous médiation pakistanaise. Ce responsable s’est également exprimé sous couvert d’anonymat.
L’annonce d’Israël est intervenue quelques heures après un avertissement d’escalade et un communiqué de Tsahal qui annonçait la mort, suite à une frappe, d’Ali Yusuf Harshi, l’assistant et neveu du chef du Hezbollah, Naim Qassem.
Plus tard jeudi, le Hezbollah a affirmé que ses membres affrontaient des soldats israéliens dans la ville de Bint Jbeil, dans le sud du Liban, où l’armée israélienne mène ces derniers jours des opérations visant à déloger les terroristes et à détruire les infrastructures du groupe soutenu par Téhéran.
Dans un communiqué, le Hezbollah a déclaré avoir utilisé des armes légères et des lance-roquettes RPG contre les soldats israéliens qui avançaient dans la ville, ainsi que des salves de roquettes visant d’autres troupes dans la zone.
Tsahal n’a signalé aucune perte dans ses rangs jeudi.
Le chef d’état-major de Tsahal, le lieutenant-général Eyal Zamir, s’est rendu plus tôt dans la journée à la périphérie de la ville, déclarant que « le principal théâtre d’opérations se trouve ici, au Liban ».
« L’objectif qui vous a été assigné est d’éliminer la menace directe qui pèse sur les habitants du nord, mission que vous accomplissez avec détermination », a-t-il déclaré aux soldats, selon des propos publiés par l’armée.
À l’issue de cette visite, Tsahal a indiqué que le général Zamir avait approuvé de nouveaux plans opérationnels pour la poursuite des combats contre le Hezbollah.
De son côté, le Hezbollah a continué de viser Israël, notamment en tirant tôt vendredi matin un missile en direction de la ville portuaire d’Ashdod, dans le sud – l’une des frappes les plus profondes sur le territoire israélien depuis le début des combats actuels.
Aucun blessé n’a été signalé. Le Commandement du Front intérieur a, pour la première fois, émis une alerte précoce environ deux minutes avant le déclenchement des sirènes dans la ville portuaire.
Des sirènes ont également retenti à Tel Aviv et dans les villes environnantes du centre d’Israël, en raison de l’interception du missile et du risque de chute de débris, selon l’armée.
Quelques heures plus tôt, Tsahal avait averti que le Hezbollah prévoyait d’étendre ses tirs de roquettes au-delà du nord d’Israël.
Peu avant l’attaque contre Ashdod, Tsahal a déclaré que l’armée de l’air israélienne avait frappé une dizaine de lance-roquettes au Liban qui venaient d’être utilisés pour tirer sur le nord d’Israël dans les heures qui avaient précédé, ajoutant qu’elle poursuivait ses opérations pour localiser et détruire d’autres lance-roquettes.
בסגירות מעגל מהירות: צה"ל תקף כ-10 משגרים שירו לעבר צפון הארץ בשעות האחרונות
בסגירות מעגל מהירות, צה"ל תקף מהאוויר בשעות האחרונות כ-10 משגרים שירו לעבר צפון הארץ.
גם ברגעים אלו, צה"ל ממשיך לאתר ולהשמיד משגרים נוספים pic.twitter.com/UZYOlYBrzQ— צבא ההגנה לישראל (@idfonline) April 9, 2026
Les tirs de roquettes du Hezbollah se sont poursuivis vendredi matin. Un projectile a frappé une maison dans la localité frontalière de Misgav Am. Les autorités locales et les services de secours ont fait état de dégâts, sans blessés.
הירי מלבנון נמשך: תיעוד פגיעה בבית ללא מיגון במשגב עם שבאצבע הגליל@rubih67 (צילום: דוברות משגב עם) pic.twitter.com/3H0nMiahFD
— כאן חדשות (@kann_news) April 10, 2026
« « Les recherches ont duré toute la journée »
Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a déclaré plus tôt que la poursuite des frappes israéliennes contre le Liban entraînerait « des coûts explicites et des réponses FERMES », affirmant que le cessez-le-feu de deux semaines dans la guerre avec l’Iran s’étendait également au Liban.
Israël et les États-Unis ont contesté cette affirmation. Le président américain Donald Trump a toutefois indiqué jeudi avoir demandé à Israël de réduire l’intensité de ses frappes au Liban afin de favoriser le succès des négociations entre Washington et Téhéran.
Les frappes israéliennes de mercredi, menées sans avertissement, ont tué plus de 300 personnes et fait plus de 1 800 blessés, selon le ministère libanais de la Santé, qui ne fait pas de distinction, dans son bilan, entre les membres des groupes terroristes et les civils. Plusieurs frappes ont touché des zones commerciales et résidentielles densément peuplées à l’heure de pointe. Le président libanais Joseph Aoun a qualifié ces attaques de « barbares ».
Le ministre de la Défense Israel Katz a déclaré jeudi que plus de 200 terroristes du Hezbollah avaient été éliminés. Selon Tsahal, les frappes visaient des centres de commandement du Hezbollah et d’autres infrastructures militaires, notamment des quartiers généraux des services de renseignement et des bureaux utilisés par le Hezbollah pour planifier des attaques contre les troupes de Tsahal et les civils israéliens ; les infrastructures des unités de roquettes et navales du Hezbollah ; ainsi que des ressources de la Force Radwan, unité d’élite du groupe terroriste, et de son unité aérienne.
À Beyrouth, jeudi, les habitants attendaient toujours dans l’angoisse aux abords des opérations de recherche et de sauvetage, se protégeant le visage de la poussière. Des pompiers épuisés prenaient des pauses entre les voitures calcinées et les bâtiments effondrés.
Le porte-parole de la défense civile libanaise, Elie Khairallah, a déclaré qu’une femme blessée avait été retrouvée vivante dans la nuit dans le quartier balnéaire d’Ain Mreisseh, et qu’un homme avait également été retrouvé en vie dans son immeuble effondré, dans la banlieue sud.
Le Liban dénonce une « violation flagrante » du droit international
Netanyahu avait déclaré plus tôt que les frappes se poursuivraient « avec force, précision et détermination ». Tsahal a accusé les membres du Hezbollah de quitter les principales zones d’influence du groupe terroriste dans le sud du Liban et dans la banlieue sud de Beyrouth, connue sous le nom de Dahiyeh, pour se fondre dans les zones civiles.
Le Premier ministre libanais Nawaf Salam a déclaré que son pays déposerait une plainte urgente auprès du Conseil de sécurité de l’ONU, qualifiant ces attaques de « violation flagrante » du droit international et du droit humanitaire.
Lors d’une réunion du Conseil des ministres jeudi matin, le gouvernement libanais a annoncé un plan visant à démilitariser Beyrouth et à renforcer les patrouilles de sécurité.
Avant même la reprise de la guerre, le gouvernement libanais avait tenté d’obtenir le désarmement du Hezbollah. Cette question a ravivé les tensions au sein de la population, profondément divisée sur le rôle du groupe terroriste et sur son arsenal.
Melhem Khalaf, député réformiste de Beyrouth, a critiqué à la fois les frappes israéliennes et le Hezbollah, qu’il accuse d’avoir entraîné de nouveau le Liban dans la guerre.
« Toutes les zones visées sont des quartiers résidentiels libanais sûrs », a-t-il déclaré en observant un bulldozer déblayer les décombres. « Ce à quoi nous assistons est un massacre contre des civils. »
Plus d’un million de personnes ont été déplacées par la guerre, dont beaucoup originaires du sud du pays et de la Dahiyeh. L’armée israélienne a lancé des avertissements à la population pour qu’elle quitte ces zones, suivis de bombardements intensifs.
Israël a également lancé une offensive terrestre dans la région frontalière. Le bilan au Liban s’élève à 1 739 morts et 5 873 blessés, selon le ministère de la Santé.
Par ailleurs, le principal poste-frontière entre le Liban et la Syrie a rouvert jeudi, cinq jours après des menaces de frappe de Tsahal, qui accusait le Hezbollah de l’utiliser pour faire passer clandestinement du matériel militaire. Les autorités libanaises et syriennes ont démenti ces accusations.
Plus de 200 000 personnes ont fui le Liban vers la Syrie depuis la reprise des combats.







