Israël en guerre - Jour 289

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Un rassemblement pour rappeler aux esprits le calvaire des otages à Tel Aviv

Le diplomate américain Dennis Ross a indiqué que la pression militaire poussait le Hamas à revenir à la table des négociations ; les otages libérés reviennent sur l'épreuve de la captivité

Jessica Steinberg est responsable notre rubrique « Culture & Art de vivre »

Les familles et les soutiens des otages détenus par le Hamas à Gaza lors d'un rassemblement appelant à leur libération à Tel Aviv, en Israël, le 30 décembre 2023. (Crédit : AP/Ariel Schalit)
Les familles et les soutiens des otages détenus par le Hamas à Gaza lors d'un rassemblement appelant à leur libération à Tel Aviv, en Israël, le 30 décembre 2023. (Crédit : AP/Ariel Schalit)

Alors que des informations en provenance du Qatar laissent entendre que le Hamas pourrait être prêt à revenir à la table des négociations sur la question de la libération des otages, des milliers de personnes qui se sont rassemblées sur la Place des Otages de Tel Aviv, samedi soir, pour appeler à ce qu’ils soient relâchés.

Parmi les intervenants montés à la tribune, l’ancien diplomate américain Dennis Ross a soutenu que la pression militaire exercée sur le groupe terroriste par Israël dans la bande de Gaza obligeait le Hamas à reprendre des pourparlers. Il a exhorté les Israéliens à ne pas oublier le sort réservé aux 133 personnes qui seraient encore entre les mains du Hamas et des autres factions terroristes de l’enclave côtière.

« J’aimerais pouvoir dire que j’ai une solution magique », a commenté Ross, qui s’est exprimé en anglais lors de cette manifestation qui était organisée par le Forum des familles d’otages et de portés-disparus. « Je connais le Hamas ; je connais [le leader du Hamas à Gaza Yayha] Sinwar, il va falloir qu’ils cèdent sous la pression militaire ».

Ross, qui avait tenu un rôle déterminant dans des négociations diplomatiques sous plusieurs administrations américaines – depuis les années 1980 et jusqu’en 2011 – a indiqué que c’est le désir du groupe terroriste d’obtenir un sursis dans la campagne militaire israélienne qui l’a amené à revenir à la table des négociations organisées sous l’égide du Qatar.

Les négociations portant sur un nouvel accord sur les otages et sur une trêve humanitaire avaient été interrompues, au début du mois, le Hamas affirmant qu’il ne reprendrait les pourparlers que si un cessez-le-feu était mis en place, une condition préalable qui avait été rejetée par l’État juif.

« Le Hamas s’inquiète de son image publique et nous avons collectivement le devoir d’établir clairement que c’est la question des otages qui retient toute notre attention », a dit Ross.

Dennis Ross lors d’un rassemblement appelant à la libération des otages retenus à Gaza à Tel Aviv, le 30 décembre 2023. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Moran Stela Yanai, libérée dans le cadre d’une trêve antérieure aux côtés de 105 autres civils qui avaient été relâchés à cette occasion, a dit qu’elle comptait les jours de captivité passés par les otages qui sont encore en détention depuis qu’elle est revenue sur le sol israélien.

« Après 54 jours passés à Gaza, je suis enfin revenue chez moi », a dit Yanai. « Cela fait trente deux jours que je peux boire de l’eau potable, que je peux manger. Je dors ; je me réveille en sachant que je vais pouvoir ouvrir la fenêtre pour voir le soleil. Je peux pleurer quand je suis triste ou crier quand je suis en colère. Il est impossible de décrire la peur, ce que c’est de vivre cette réalité. Il ne vous reste alors que les rêves ».

Yanai avait été enlevée au festival de musique électronique Supernova, où elle était allée vendre ses créations artisanales de bijoux.

« Quand j’ai été kidnappée, ils m’ont tout pris », a-t-elle raconté. « Ils ont pris le contrôle de ma vie, de ma liberté, de mon nom et de mon identité. Ceux qui ont été là-bas savent de quoi je parle. Et nous devons leur servir de porte-voix ».

Moran Stela Yanai pendant un rassemblement avec les familles et avec les soutiens des otages détenus par le Hamas à Gaza, à Tel Aviv, en Israël, le 30 décembre 2023. (Crédit : AP/Ariel Schalit)

Prenant la parole lors d’une conférence de presse, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a fait preuve d’un optimisme prudent concernant la possibilité d’un accord, disant que « en ce moment, nous entrevoyons peut-être une possibilité d’avancer ».

Mais il a aussi averti que la guerre « va durer encore de nombreux mois ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu donne une conférence de presse, le 30 décembre 2023 (Crédit : capture d’écran GPO)

Israël a juré d’écraser le Hamas après l’assaut massif qui a été lancé par le groupe terroriste dans les communautés du sud du pays, le 7 octobre. 1200 personnes avaient été tuées. Des familles toutes entières avaient été froidement exécutées et des jeunes qui assistaient à une rave-party avaient été massacrés. 240 personnes avaient été enlevées et prises en otage dans la bande de Gaza.

Si le mouvement dit être apolitique, les familles qui font campagne en faveur de la libération des otages, même au prix d’un cessez-le-feu avec un Hamas encore largement intact, se sont trouvées aux prises avec le gouvernement de Netanyahu qui affirme que la pression militaire est un élément déterminant dans l’obtention de la remise en liberté des captifs.

Alors que des milliers de personnes étaient regroupées aux abords de la Place des Otages, qui se trouve devant le musée d’art de Tel Aviv, un important mouvement de protestation dénonçant le gouvernement avait aussi lieu. Si les Israéliens critiques du gouvernement étaient restés largement muets dans le sillage direct de l’attaque, les pressions nationales semblent dorénavant se renforcer sur le Premier ministre qui est mis en cause pour sa gestion de la guerre.

Rotem Calderon, survivant de l’attaque perpétrée par le Hamas au kibboutz Nir Oz, a indiqué à la foule qu’il avait eu 19 ans au mois d’octobre et qu’il avait tenté malgré tout de fêter son anniversaire – jusqu’à ce qu’il apprenne, ce jour-là, que les corps sans vie de sa grand-mère Carmela Dan et de sa cousine Noya Dan avaient été retrouvés. Elles avaient été tuées le 7 octobre.

Rotem Calderon s’exprime lors d’un rassemblement des familles et des soutiens des otages à Gaza, le 30 décembre 2023. (Capture d’écran)

Ses frères Erez, 12 ans, et Sahar, 16 ans, ont été relâchés de captivité mais son père, Ofer Calderon, se trouve encore entre les mains du Hamas.

« Je n’ai pas encore fait leur deuil », a expliqué Rotem Calderon, « parce que nous devons crier et que nous devons crier non seulement pour les familles des otages mais pour toute la nation d’Israël ».

Il a ajouté que le slogan « Am Yisrael Chai » — la nation d’Israël vit – restera un slogan vide de sens « tant que tous les otages ne seront pas rentrés chez eux ».

Alors que le monde entier fêtera le Nouvel an, dimanche dans la soirée, il indiqué que son seul souhait était « de le fêter avec Papa ».

« Nos vies se sont arrêtées le 7 octobre et elles ne seront plus jamais les mêmes », a déclaré Nissan Calderon, le frère d’Ofer. « Et nous ne serons pas en mesure de reconstruire une nouvelle vie pour nous avant qu’il ne soit enfin revenu ».

Conservant l’espoir d’attirer l’attention du monde sur le calvaire vécu par les otages et d’exercer des pressions sur le Hamas, des célébrités ont aussi commencé à faire leur apparition lors de ces rassemblements hebdomadaires. Julia Haart, star de la téléréalité qui accédé à la célébrité grâce à la série « My Unorthodox Life » sur Netflix qui raconte la transformation de cette ancienne femme au foyer ultra-orthodoxe en agente laïque spécialisée dans le mannequinat, a pris la parole, s’inspirant apparemment du blockbuster de science-fiction « Independence Day. »

« Nous n’allons pas nous laisser réduire au silence », a-t-elle dit.  » Nous n’entrerons pas dans la nuit sans combattre ! Nous ne voulons pas disparaître sans nous battre ! ».

Julia Haart s’exprime lors d’un rassemblement appelant à la libération des otages détenus à Gaza à Tel Aviv, le 30 décembre 2023. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Signe de la présence d’une large base de soutien aux otages dans toute la société israélienne, les organisateurs du rassemblement ont vivement appelé les participants, après la manifestation, à « rejoindre sans tarder nos frères ultra-orthodoxes à Bnei Brak » – les résidents de l’enclave haredi ayant prévu une prière publique pour les captifs.

« Je n’ai jamais été plus fière d’être Juive et de soutenir Israël », a ajouté Haart. « Mon âme se tient aux côtés des otages et de Clal Yisrael. »

La majorité des otages, retenus en captivité à Gaza, avait été kidnappée le 7 octobre. On compte également deux civils et les corps sans vie de deux soldats, enlevés en 2014, se trouvent aussi entre les mains du Hamas – notamment la dépouille d’Oron Shaul.

Le frère du soldat israélien décédé Oron Shaul organise une manifestation devant la résidence du premier ministre Benjamin Netanyahu à Jérusalem, le 30 juin 2016. Les panneaux disent « Rendez Oron ». (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Les regards se sont tournés vers Shaul, cette semaine – il aurait dû avoir 30 ans, jeudi dernier – et sa famille et le Hamas ont tous les deux diffusé des vidéos dont l’objectif était apparemment d’appeler à ne pas l’oublier.

« Si on garde le silence, rien ne se passera », a commenté son frère Aviram Shaul, qui a pris la parole lors du rassemblement. « Il n’y a que la pression et les pressions exercées par le public qui permettront aux otages d’être ramenés chez eux, il n’y a aucun autre moyen ».

Le regroupement s’est terminé lorsque le chanteur Hanan Ben Ari, un chanteur, est monté à la tribune. Il a interprété l’un de ses titres, « Atalef Iver » en hommage à Shaul Greenglick, un réserviste tombé lundi dernier sur le front à Gaza.

Greenglick, un chanteur en herbe, avait participé avec succès, au 3 décembre, à l’émission « HaKochav HaBa », dont le jury choisit le représentant, pour le pays, au concours de l’Eurovision. En permission, portant son uniforme de soldat et ses galons de lieutenant, Greenglick avait chanté la même chanson et il avait été sélectionné pour la prochaine étape de la sélection.

Avant de se produire devant la foule, Ben-Ari a raconté qu’il avait rendu visite à la famille de Greenglick à Raanana, une visite qui avait été l’occasion de parler et de chanter ensemble.

« Son père Tzvika m’a dit que le rêve de son fils était de devenir chanteur parce que la musique pouvait unir cette nation », a-t-il dit. « Je vais chanter pour Shaul qui n’est plus là aujourd’hui – mais dont l’esprit et le souhait restent encore vivants parmi nous. »

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