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Interview

Un réfugié iranien lève plus d’un million de $ pour la synagogue de Pittsburgh

Khashayar Khatiri, qui n'est pas juif, dit qu'il a pris cette initiative après avoir entendu parler de la fusillade au moment où il était en compagnie d'une amie juive

Khashayar "Shay" Khatiri dit avoir été motivé pour collecter des fonds pour la synagogue Tree of Life de Pittsburgh en raison de ses liens avec des amis et mentors juifs. (Crédit : avec l'aimable autorisation de Khatiri/JTA)
Khashayar "Shay" Khatiri dit avoir été motivé pour collecter des fonds pour la synagogue Tree of Life de Pittsburgh en raison de ses liens avec des amis et mentors juifs. (Crédit : avec l'aimable autorisation de Khatiri/JTA)

JTA – Khashayar « Shay » Khatiri n’aime pas s’attribuer trop de mérite par rapport à l’argent qu’il a récolté pour la synagogue de Pittsburgh où une fusillade a eu lieu le mois dernier.

« Ce n’est pas ma collecte de fonds », a déclaré Khatiri, 29 ans, lors d’une interview téléphonique accordée à JTA. « C’est la collecte de fonds que j’ai lancée, mais elle appartient à tous les donateurs. »

Né en Iran et habitant à Washington, il a fait la Une des journaux à travers le pays pour avoir collecté plus d’un million de dollars suite à la fusillade, au cours de laquelle un homme armé a tué 11 personnes à la synagogue Tree of Life.

Khatiri, qui n’est pas juif, dit qu’il a pris cette décision peu après avoir appris la fusillade. L’étudiant se trouvait chez une amie juive le matin de l’attaque meurtrière.

Une équipe d’urgence juive et des policiers sur les lieux de la fusillade de masse qui a tué 11 personnes et en a blessé six à la synagogue « Tree Of Life », le 28 octobre 2018, à Pittsburgh, Pennsylvanie. (Crédit : Jeff Swensen/Getty Images/AFP)

« Je me suis réveillé, et elle m’a annoncé la nouvelle, c’était bouleversant », se souvient Khatiri, qui est demandeur d’asile politique aux États-Unis en raison de son activisme politique à l’encontre du gouvernement iranien.

Khatiri, qui étudie à la Johns Hopkins School of Advanced International Studies, a d’abord dit à son amie qu’il voulait faire un don personnel directement à la synagogue.

« Je lui ai dit que j’allais faire un petit don, une petite somme d’argent, à la congrégation, et je me suis dit qu’il fallait peut-être le faire dans l’espoir que cela devienne viral et ait vraiment un impact », a-t-il dit.

Les victimes de la fusillade à la synagogue de Pittsburgh, le 27 octobre 2018. (Crédit : Facebook/Google Maps/JTA Collage)

Il a donc créé une page sur le site GoFundMe, et les dons ont rapidement commencé à affluer. Khatiri avait utilisé le site à deux reprises pour collecter de petites sommes d’argent afin de couvrir ses frais de vie tout en poursuivant un stage, mais il avait peu d’expérience dans la collecte de fonds à grande échelle.

« Je n’aurais jamais cru que cela pourrait atteindre un million de dollars », a-t-il dit. « C’était vraiment très impressionnant, et c’est incroyable que les gens continuent encore à donner de l’argent. »

Vendredi après-midi, le total recueilli dépassait 1,1 million de dollars.

Khatiri n’est pas le seul à avoir récolté de l’argent après la fusillade. Une campagne menée par des organisations musulmanes a permis d’amasser plus de 200 000 dollars et la Jewish Federation of Greater Pittsburgh a créé un fonds pour les victimes.

Les fidèles se dirigent vers la synagogue Beth Shalom pour les offices du Shabbat le samedi matin dans le quartier de Squirrel Hill, le 3 novembre 2018 à Pittsburgh, Pennsylvanie. (Crédit : Jeff Swensen/Getty Images/AFP)

L’argent récolté par Khatiri est remis directement à la synagogue Tree of Life via GoFundMe. Il dit ne pas avoir eu beaucoup de contacts avec la synagogue, à part un bref appel téléphonique de son président.

Khatiri explique qu’il a été motivé en raison de ses contacts avec des amis et des mentors juifs, qui l’ont aidé à surmonter ses difficultés financières.

« J’ai toujours bénéficié de la bonté et de la générosité des juifs, et je me sens redevable envers eux », a-t-il dit.

Le fait que le tireur a ciblé spécifiquement une synagogue l’a vraiment ému.

« Ce n’était pas juste un fou qui a tiré au hasard sur une foule au hasard », explique Khatiri. « Il visait les juifs, qui sont les personnes les plus persécutées dans le monde, et cela rend la chose encore plus horrible. »

Ayant grandi dans la ville de Gorgan, dans le nord de l’Iran, Khatiri, a été élevé dans une famille athée mais se considère comme un déiste, et a eu peu de contacts avec les juifs.

Mais tout a changé quand il a quitté son pays natal. En 2011, Khatiri s’est installé en Hongrie, où il a tissé des liens étroits avec les Israéliens qui y vivent. Trois ans plus tard, il a déménagé aux États-Unis pour poursuivre des études de premier cycle à l’Arizona State University. Pendant ses études au lycée et plus tard à l’université, beaucoup de ses amis et mentors étaient juifs, explique-t-il.

Avant même de connaître des juifs, Khatiri admirait Israël.

« J’ai toujours aimé Israël qui est la seule démocratie libérale du Moyen-Orient, ce qui est remarquable », a-t-il dit. « J’admire ce pays en tant que démocratie, ce que je n’ai pas connu pendant la majeure partie de ma vie en Iran. »

Pendant son séjour en Arizona, il a été coordinateur législatif sur le campus de l’American Israel Public Affair Committee (AIPAC).

Un mémorial de fortune devant la synagogue Tree of Life à la suite d’une fusillade meurtrière à Pittsburgh, Pennsylvanie, le 29 octobre 2018. (Crédit : Matt Rourke/AP)

M. Khatiri a participé aux manifestations du Mouvement vert iranien en 2009, et il a signé une lettre ouverte en 2016 adressée au président Donald Trump l’exhortant à imposer des sanctions contre l’Iran. Il indique que cette dernière action l’a fait inscrire sur la liste noire du gouvernement iranien.

Il espère rester et travailler aux États-Unis une fois ses études supérieures terminées.

« Je veux me mettre au service de ce pays qui m’a donné toutes les chances d’être heureux », a-t-il dit. « Peu importe comment je pourrai le faire, que ce soit au sein du gouvernement ou à l’extérieur. »

Khatiri se dit heureux de voir tant de gens se mobiliser pour aider la synagogue Tree of Life.

« Cela fait plaisir de voir que les gens se soucient vraiment des rescapés et veulent les aider », confie-t-il.

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