Rechercher

Un suspect accusé de la mort d’un enfant arabe tué d’une balle perdue

Atif Khaledi, 24 ans, est accusé d’avoir ouvert le feu avec un fusil d’assaut sur le camion d’une entreprise rivale, une balle perdue touchant Ammar Hujayrat dans son aire de jeux

Ammar Muhammad Hujayrat (Autorisation)
Ammar Muhammad Hujayrat (Autorisation)

Les procureurs ont déposé vendredi un acte d’accusation à l’encontre d’un homme de Nazareth, âgé de 24 ans, pour le meurtre d’Ammar Hujayrat. En janvier dernier, le petit garçon, âgé de quatre ans, avait trouvé la mort, touché par une balle perdue alors qu’il se trouvait dans une aire de jeux.

Selon l’acte d’accusation, Atif Khaledi, employé par l’entreprise de construction de son oncle, avait été chargé par ce dernier de s’entretenir avec le suspect d’un vol de matériaux sur un chantier de construction dans la ville de Bir al-Maksur, dans le nord du pays.

Selon l’acte d’accusation, Khaledi, armé d’un fusil d’assaut M-16, se serait lancé à la poursuite d’un camion à benne appartenant à un autre entrepreneur, et soupçonné d’avoir chargé de la terre et des pierres sur le chantier de construction.

Toujours selon l’acte d’accusation, en compagnie de deux autres suspects à bord de son véhicule, il aurait tiré pas moins de 55 coups de feu sur le camion. Ces deux suspects n’ont pas été immédiatement identifiés ou inculpés.

L’une des balles perdues a touché Hujayrat, qui se trouvait dans une aire de jeux à environ 300 mètres avec sa tante. Grièvement blessé, le petit garçon a succombé à ses blessures peu de temps après son arrivée à l’hôpital.

Plusieurs suspects ont été arrêtés en lien avec le meurtre, mais seul Khaledi a été inculpé jusqu’à présent. Il est accusé de meurtre avec responsabilité atténuée, de sabotage aggravé, d’infractions à la législation relative aux armes et d’entrave à la justice.

Sa détention provisoire devrait être prolongée jusqu’à la fin de la procédure judiciaire.

L’aire de jeu où Ammar Muhammad Hujayrat, 4 ans, a été abattu par des balles perdues à Bir al-Maksur, dans le nord d’Israël, le 6 janvier 2022. (Crédit : Flash90)

La mort de Hujayrat a déclenché un tollé en Israël et des milliers de personnes ont assisté à ses funérailles. Le président Isaac Herzog s’est entretenu avec Muhammad Hujayrat, le père d’Ammar, et a exprimé sa « profonde horreur » face au meurtre de l’enfant et a présenté ses condoléances à la famille.

Ce meurtre témoigne de la flambée de violence qui affecte les communautés arabes ces dernières années, principalement – mais pas exclusivement – du fait des agissements d’organisations criminelles.

Après une année 2021 particulièrement sanglante, le meurtre du petit Hujayrat constitue le premier décès de l’année imputable à des violences au sein de la communauté arabe.

Les Arabes israéliens critiquent la police qui, selon eux, a échoué à réprimer les puissantes organisations criminelles et se désintéresse grandement de la violence – que ce soit les querelles familiales, les guerres de territoire mafieuses ou la violence contre les femmes.

L’ONG Abraham Initiatives, qui surveille et fait campagne contre la violence dans la communauté arabe, a déclaré que 125 individus arabes avaient été tués en Israël en 2021 dans des circonstances violentes liées à la criminalité, dont 62 avaient moins de 30 ans.

Le Premier ministre Naftali Bennett et le ministre de la Sécurité publique, Omer Barlev, se sont engagés à réprimer les violences ainsi que la circulation d’armes illégales.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...