Rechercher

Un tribunal maintient l’interdiction de prières juives sur le mont du Temple

"Je rétablis la décision de l'officier de police", a déclaré le magistrat, soulignant que les forces de l'ordre avaient agi "avec raison"

Un Juif prie sur le mont du Temple, le 17 juillet 2021. (Capture d'écran : Douzième chaine)
Un Juif prie sur le mont du Temple, le 17 juillet 2021. (Capture d'écran : Douzième chaine)

Un tribunal israélien a maintenu vendredi l’interdiction pour les juifs de prier sur le mont du Temple à Jérusalem, annulant une décision de justice d’un tribunal inférieur qui a provoqué la colère de dirigeants de pays musulmans.

Le 29 septembre, un rabbin, Arié Lippo, a été interpellé par la police israélienne alors qu’il priait, en silence, sur le mont du Temple [esplanade des mosquées pour les musulmans).

Depuis 1967, un accord permet aux juifs d’accéder au site à certaines heures, mais sans pouvoir y prier.

Dans le judaïsme, le mont du Temple est le lieu le plus sacré. Les principales autorités rabbiniques s’opposent aux prières juives et même aux visites sur le mont du Temple, de crainte que les visiteurs ne marchent sur la zone où se trouvait le Saint des Saints du Temple, le déscralisant.

L’esplanade des mosquées – qui abrite le Dôme du Rocher et la mosquée al-Aqsa – est le troisième lieu saint de l’islam. Le site est administré par le Waqf, un organisme dépendant de la Jordanie.

Le rabbin interpellé a été interdit par la police de se rendre sur le site pendant deux semaines.

Mais jeudi, la juge Bilha Yaalom de la Cour des magistrats de Jérusalem a annulé cette décision, déclarant que prier « en silence dans un coin » ne représentait pas « un danger pour l’ordre public comme l’affirme la police ».

Cette annonce a remis en cause des décennies de statu quo sur ce lieu emblématique de Jérusalem, au coeur du conflit israélo-palestinien. L’Egypte y a vu une « violation » et la Jordanie a prévenu s’opposer « fermement » à tout jugement israélien visant les « lieux sacrés » à Jérusalem.

Vendredi, la décision de justice a été à son tour annulée, cette fois par le juge du tribunal de Jérusalem, Arié Romanoff.

« Le fait qu’il y ait eu quelqu’un qui a observé (le rabbin) prier est une preuve que sa prière était visible. Je rétablis la décision de l’officier de police », a déclaré le magistrat, soulignant que les forces de l’ordre avaient agi « avec raison ».

Le ministre de la Sécurité intérieure Omer Barlev avait noté vendredi qu’il avait également fait appel de la décision du tribunal inférieur, avertissant qu’ « un changement dans le statu quo existant mettrait en danger la paix publique et pourrait provoquer une flambée ».

La déclaration a été publiée après que des responsables de l’administration du président américain Joe Biden ont contacté Jérusalem au sujet de l’affaire, a déclaré un responsable israélien au Times of Israel.

Selon cette source, les responsables américains craignaient que la décision du tribunal d’instance ne conduise à une escalade de la violence et ont exhorté le gouvernement à clarifier sa position sur la question.

Le département d’État n’a pas répondu à une demande de commentaire.

« L’État d’Israël prône la liberté de culte et de prière pour tous, cependant, compte tenu des implications pour la sécurité, le statu quo doit être respecté », a ajouté Barlev.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...