Un wagon allemand présenté à New York pour une exposition sur Auschwitz
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Un wagon allemand présenté à New York pour une exposition sur Auschwitz

Ce wagon sans fenêtre figure parmi 700 artéfacts – le plus grand nombre jamais présenté aux Etats-Unis – réunis pour une exposition exceptionnelle consacrée au camp de la mort

Le survivant de la Shoah Leon Kaner, 94 ans, montre son numéro de tatouage devant un wagon plombé allemand similaires à ceux utilisés pour transporter les déportés vers Auschwitz et vers les différents camps de la mort, aux abords du musée du patrimoine juif de New York, le 31 mars 2019. (Crédit : AP Photo/Richard Drew)
Le survivant de la Shoah Leon Kaner, 94 ans, montre son numéro de tatouage devant un wagon plombé allemand similaires à ceux utilisés pour transporter les déportés vers Auschwitz et vers les différents camps de la mort, aux abords du musée du patrimoine juif de New York, le 31 mars 2019. (Crédit : AP Photo/Richard Drew)

Ce dimanche, le musée du patrimoine juif de Manhattan, à New York, a accueilli un wagon allemand de la Seconde guerre mondiale, a annoncé le site Internet de l’ancien camp de concentration d’Auschwitz.

Ce wagon d’époque sans fenêtre est installé devant le musée. Il compte parmi l’un des 120 000 exemplaires construits entre 1910 et 1927 et a été utilisé par la Deutsche Reichsbahn, la société de chemin de fer allemande.

Durant la première moitié du 20e siècle, ces wagons servaient à transporter de la nourriture et des biens. Lors de la Seconde Guerre mondiale, ils ont également été utilisés pour le transport de déportés vers Auschwitz et vers les autres camps de la mort nazis – des voyages dans des conditions terribles qui duraient souvent plusieurs jours. Ils servaient également de moyen de transport aux soldats et à leurs prisonniers de guerre.

La pièce fait partie des 700 objets de la Shoah – le nombre le plus important jamais présenté aux Etats-Unis – qui seront prochainement exposés à l’occasion de l’une des plus grandes expositions jamais organisée sur Auschwitz.

L’exposition sera à découvrir à partir du 8 mai, journée historique qui marque la victoire des Alliés sur l’Allemagne nazie et la libération des camps en 1945. Elle sera ouverte jusqu’au 3 janvier 2020.

Un wagon plombé allemand, comme ceux utilisés pour transporter les déportés vers Auschwitz et vers les autres camps de la mort, sur des rails aux abords du musée du patrimoine juif de New York, le 31 mars 2019. (Crédit : AP Photo/Richard Drew)

Entre juin 1940 et janvier 1945, au moins 1,3 million de personnes ont été déportées à Auschwitz. Parmi elles, 1,1 million y ont péri, dont environ un million de Juifs. Au total, six millions de victimes juives ont péri lors de la Shoah.

« Ce type de wagon de fret est le symbole du meurtre de millions de personnes. Auschwitz n’est pas une histoire ancienne, mais une mémoire vivante, nous avertissant d’être vigilants et de garder à l’esprit la phrase ‘Plus jamais’. Cela nous oblige à regarder ce qu’il se passe dans le monde, à condamner les atrocités en cours à l’encontre de personnes vulnérables et à prendre fermement position contre la haine, la violence ethnique, l’intolérance religieuse et les brutalités nationalistes de toutes sortes », a déclaré Bruce C. Ratner, président du conseil d’administration du musée.

Ray Kaner, 92 ans, survivante de la Shoah, se souvient de ces wagons : « Quatre-vingts personnes y étaient entassées, dépourvues du moindre équipement, sauf d’un seau pour uriner », explique-t-il. « Il était impossible de s’allonger, il fallait dormir assis, et il y avait les odeurs. »

Des portraits de survivants de la Shoah affichés au musée du patrimoine juif au-dessus du wagon allemand, semblable à ceux utilisés pour transporter les déportés à Auschwitz et dans les camps de la mort, New York, le 31 mars 2019. (Crédit : AP Photo/Richard Drew)

Intitulée « Auschwitz. Il n’y pas longtemps. Pas loin. », l’exposition mettra les visiteurs dans un face à face macabre entre les assassins et les victimes. On y retrouvera également 400 photos, des poteaux en béton provenant de la clôture barbelée et électrifiée d’Auschwitz, un masque à gaz utilisé par les SS, un bureau utilisé par le commandant d’Auschwitz Rudolf Höss ou encore un poignard et un casque qui ont appartenu à Heinrich Himmler, principal architecte de la « solution finale » de Hitler.

Tous les objets présentés ont été prêtés par une vingtaine d’institutions à travers le monde entier ou proviennent de collections privées. Le conservateur de l’exposition, Robert Jan van Pelt, est l’un des plus grands experts d’Auschwitz. Le musée d’Etat d’Auschwitz-Birkenau de Pologne et Musealia, une entreprise espagnole qui organise des événements itinérants, ont également apporté leur aide.

« Ce wagon sombre et malodorant représente ce moment de transition entre le monde des vivants, que les gens comprenaient et auquel ils croyaient, et un autre monde radicalement étranger, celui des camps qui ont séparé des familles pour toujours », explique Van Pelt.

« Les nazis voulaient faire disparaître les Juifs du monde entier » et, au terme d’un voyage en train, « c’était là où se faisaient les derniers adieux ».

L’exposition a déjà fait escale au centre d’art de Madrid, où elle a accueilli 600 000 visiteurs, faisant d’elle l’une des expositions en Europe les plus visitées l’année dernière.

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