Une ancienne employée accuse Shalom d’harcèlement sexuel
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Une ancienne employée accuse Shalom d’harcèlement sexuel

Une femme, qui a travaillé avec le ministre de l'Intérieur, dit qu'il avait à plusieurs reprises tenté de la toucher et d'avoir des contacts intimes

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

L'ancien ministre de l'Intérieur Silvan Shalom, au ministère de l'Intérieur à Jérusalem le 17 mai 2015 (Crédit : Hadas Parush / Flash90)
L'ancien ministre de l'Intérieur Silvan Shalom, au ministère de l'Intérieur à Jérusalem le 17 mai 2015 (Crédit : Hadas Parush / Flash90)

Une ancienne employée du ministre de l’Intérieur, Silvan Shalom, affirme qu’il l’avait harcelée sexuellement pendant plus d’un an.

La femme, qui a informé la police des incidents allégués, mais qui a refusé de déposer une plainte, a raconté sa version des événements au quotidien Haaretz, lequel l’a publiée mercredi. Shalom nie les allégations.
 
Selon la femme, Shalom a souvent essayé de la toucher quand ils étaient au travail, et à certaines occasions, quand ils étaient assis ensemble sur la banquette arrière d’une voiture, il a mis sa main entre ses jambes et a tenté de la toucher. Ce n’était que grâce aux vêtements qu’elle portait qu’il n’a pas réussi à le faire, selon elle.

Les séjours dans les hôtels étaient, dit-elle, les plus traumatisants, puisque Shalom lui demandait de venir dans sa chambre et la pelotait.

La femme a affirmé qu’elle a ecarté plusieurs fois les mains du ministre et lui a dit d’arrêter. Après les agressions présumées à l’hôtel, la femme a affirmé qu’elle était si bouleversée qu’elle a été malade physiquement et qu’il lui arrivait de s’absenter au travail.

Dans un effort pour prévenir les avances, dit la femme, elle a demandé qu’une autre employée les accompagne dans les occasions où elle devait travailler à l’exterieur avec Shalom, afin de limiter les occasions où elle devait être seule avec lui.

La femme, qui n’a pas été nommée dans l’article, se souvient que chaque fois qu’elle a rejeté les avances de Shalom il cessait immédiatement, mais recommençait plus tard. Elle a souligné qu’elle n’a jamais accepté que Shalom la touche et qu’elle n’a jamais eu de rapports sexuels avec lui.

Le journal n’a pas précisé quand la femme a travaillé avec Shalom ni à quel poste.

Malgré les allégations, elle a insisté qu’elle ne cherche pas à se venger et ne souhaite pas voir le ministre envoyé en prison.

Selon l’article, la femme a été invitée à expliquer pourquoi elle a continué à travailler avec Shalom pendant une période aussi longue et dans de telles conditions, et pourquoi elle avait acheté au ministre un cadeau d’adieu quand elle a quitté son poste. Elle a répondu qu’elle aimait son travail mais que finalement le harcèlement est devenu tel qu’elle ne pouvait plus le supporter.

Dans un communiqué, le bureau de Shalom a rejeté les allégations comme étant sans fondement.

« Ce sont des affirmations qui n’ont aucun fondement. La question a été soigneusement vérifiée dans le passé par les autorités compétentes et, en conformité avec une décision prise par le procureur général et les avis de la police et du procureur, l’affaire a été classée. »

La députée Tamar Zandberg (Meretz) à une séance d'une commission parlementaire à la Knesset le 30 juin 2015 (Crédit photo: Issac Harari / Flash90)
La députée Tamar Zandberg (Meretz) à une séance d’une commission parlementaire à la Knesset le 30 juin 2015 (Crédit photo: Issac Harari / Flash90)

Des élues du parti d’opposition Meretz se sont adressées mercredi au procureur général Yehuda Weinstein et lui ont demandé de charger la police de mener une enquête criminelle sur les allégations contre Shalom.

Dans leur lettre, les députées Zahava Galon, Michal Rozin et Tamar Zandberg ont écrit : « Un responsable élu ne peut pas se barricader dans le silence ou se contenter d’un démenti laconique dans les médias. Il doit rendre compte et donner sa version des faits à la police.

« Nous demandons, » ont-elles poursuivi, « que vous demandiez à la police de convoquer le ministre Shalom pour un interrogatoire à la lumière des accusations répétées d’harcèlement sexuel de la part de ses subordonnées. »

Les allégations d’inconduite sexuelle ont accompagné Shalom dans le passé et furent apparemment ce qui l’a incité à abandonner la course à la présidence en 2014.

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