Une association européenne annule une conférence en Israël par crainte du BDS
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Une association européenne annule une conférence en Israël par crainte du BDS

Des membres de l'European Network for Mental Health Service Evaluation ont démissionné ; le président affirme avoir voulu anticiper un scandale de la part des partisans du boycott

Le panneau publicitaire appelant au boycott d'Israël près de l'aéroport Logan de Chicago. (Crédit : capture d'écran CBS)
Le panneau publicitaire appelant au boycott d'Israël près de l'aéroport Logan de Chicago. (Crédit : capture d'écran CBS)

Une association européenne aurait annulé une conférence prévue en Israël parce qu’elle craignait que le mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) ne fasse pression.

Deux semaines après que l’European Network for Mental Health Service Evaluation (ENMESH) a conclu ses conférences de 2019 avec la décision d’organiser sa prochaine conférence biennale à Jérusalem en 2021, le président du la commission exécutive a unilatéralement annulé cette résolution, selon Haaretz dimanche.

Dans une lettre adressée aux membres du conseil d’administration, Mike Slade a déclaré que sa décision fait suite à plusieurs plaintes exprimées par plusieurs de ses membres, et qu’il tentait d’anticiper un scandale de la part des partisans du boycott, indique l’article, qui relaye les propos de sources ayant consulté la lettre.

Si les projets d’organiser la prochaine conférence à Jérusalem avaient abouti, le travail des deux prochaines années de l’ENMESH aurait été dominé par la gestion de la controverse et la pression qu’auraient exercé les militants anti-Israël, a expliqué Slade.

Cette annulation a fait scandale, selon l’article. Deux membres du conseil d’administration qui ont annoncé leur démission : Bernd Puschner, professeur de psychiatrie à l’université d’Ulm en Allemagne, et David Roe, professeur de psychologie à l’université de Haifa.

Sylvia Tessler-Lozowick, présidente de l’Israel Psychiatric Rehabilitation Association, a jugé « étonnante » l’annulation de la conférence, dans une lettre adressée à l’ENMESH, selon l’article. Elle a estimé que les considérations qui ont mené à cette décision étaient « hors propos et déshonorantes pour l’organisation professionnelle ».

« Pour certains d’entre vous, c’est une prise de position idéologique. Pour d’autres, c’est une fuite du malaise généré par les idéologues. Quelles que soient vos raisons personnelles, vous avez compromis vos valeurs professionnelles au nom d’une posture politique », aurait écrit Tessler-Lozowick.

En réponse à Haaretz, Slade a déclaré qu’après cette décision, « plusieurs membres du conseil de l’ensemble de l’Europe ont soulevé des questions sur le choix du lieu et d’autres y étaient favorables. En tant que président, j’ai consulté de nombreux collègues au sein du conseil de l’ENMESH et d’ailleurs, y compris des collègues en Israël, sur la meilleure façon d’avancer au regard des divergences exprimées par les membres du conseil d’administration. »

« Après cette consultation, j’ai conclu qu’il était dans l’intérêt d’ENMESH de changer de plan », a-t-il dit. « si je reconnais que cette décision sera considérée par certains comme idéologique, il s’agit en réalité d’une décision pratique prise dans l’intérêt d’ENMESH. Aucun « harcèlement n’a été impliqué et aucun communiqué n’a été fait sur le soutien ou l’absence de soutien au boycott d’Israël. »

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