Une chroniqueuse du New York Times défend l’anti-sionisme
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Une chroniqueuse du New York Times défend l’anti-sionisme

Michelle Goldberg a estimé que tant que le gouvernement s'opposerait à un Etat palestinien, le rejet de l'ethno-nationalisme juif était légitime et n'était pas de l'antisémitisme

Le chroniqueuse du New York Times Michelle Goldberg lors d'une interview avec  Margaret Atwood (absente de l'image) au neuvième sommet des Femmes du monde à New York, le 13 avril 2018 (Crédit : AP/Mary Altaffer)
Le chroniqueuse du New York Times Michelle Goldberg lors d'une interview avec Margaret Atwood (absente de l'image) au neuvième sommet des Femmes du monde à New York, le 13 avril 2018 (Crédit : AP/Mary Altaffer)

JTA — Michelle Goldberg, chroniqueuse pour le New York Times, a écrit un article défendant l’anti-sionisme, qu’elle a différencié de l’antisémitisme.

« La confusion de l’anti-sionisme et de l’antisémitisme tient un peu du tour de passe-passe rhétorique qui dépend de l’incarnation – dans ce qui est Israël – de toutes les populations juives, partout dans le monde », a-t-elle écrit vendredi. « Il y a très certainement des critiques d’Israël qui sont antisémites mais il est absolument possible de s’opposer à l’ethno-nationalisme juif sans être un fanatique ».

Cette chronique a son importance dans la mesure où la rubrique Opinions du Times – qui offre généralement un regard de gauche sur Israël – rassemble pour la plupart des chroniqueurs allant des sionistes conservateurs à libéraux lorsque ce sujet est abordé.

Goldberg a noté que deux femmes qui viennent d’être élues au Congrès, Ilhan Omar et Rashida Tlaib, ont approuvé le mouvement BDS (Boycott, Divestment and Sanctions). Elle a écrit qu’un grand nombre de personnes qualifiaient le BDS d’antisémite parce que le groupe soumettait Israël à une règle du deux poids, deux mesures et qu’en approuvant le retour des réfugiés palestiniens au sein de l’Etat juif, il prenait le risque de mettre fin à un Etat à majorité juive.

Des manifestants pour le boycott de l’Etat juif devant la Délégation gouvernementale espagnole à Barcelone, le 20 octobre 2015 (Crédit : Albert Llop/Anadolu Agency/Getty Images/via JTA/File)

Et en effet, l’équation entre BDS et l’antisémitisme est un consensus dans un grand nombre d’organisations juives. La semaine dernière, la CoP (Conference of Presidents of Major American Jewish), qui représente plus de 50 groupes juifs, a qualifié Roger Waters, l’un des fondateurs du groupe Pink Floyd, « d’anti-Israël et anti-juif » pour son fervent soutien à BDS.

Mais Goldberg a déclaré que s’opposer à Israël et appeler à la création d’un état binational israélo-palestinien était légitime. Elle a critiqué l’Etat juif pour la relation étroite entretenue par son gouvernement avec l’administration Trump et les gouvernements nationalistes de droite en Europe, ainsi que pour l’expansion des implantations en Cisjordanie et l’opposition du gouvernement israélien à un Etat palestinien.

« Tant que la politique de facto du gouvernement israélien est qu’il ne doit y avoir qu’un seul Etat dans la Palestine historique », a écrit Goldberg, « il est déraisonnable de considérer les demandes palestiniennes à une égalité des droits dans cet Etat comme antisémite ».

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