Une décennie d’inventions israéliennes révolutionnaires à célébrer
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Une décennie d’inventions israéliennes révolutionnaires à célébrer

De Waze à des innovations contre le cancer en passant par des cœurs en 3D, le Times of Israël plonge dans ces technologies qui nous font avancer - en sécurité et en bonne santé

La dernière image envoyée par Bereshit avant qu'elle ne s'écrase sur la surface de la Lune. (Capture d'écran YouTube)
La dernière image envoyée par Bereshit avant qu'elle ne s'écrase sur la surface de la Lune. (Capture d'écran YouTube)

Alors que 2020 commence, le Times of Israël a sélectionné certaines des meilleures innovations technologiques israéliennes de ces dix dernières années – celles qui ont déjà un impact énorme sur notre mode de vie et celles qui ont le potentiel de changer nos vies et notre santé.

La liste est bien sûr purement subjective, et il y a beaucoup d’autres technologies et start-up israéliennes à faire la différence.

Conduire avec votre navigateur personnel : Waze

Ce logiciel de navigation GPS opère sur nos téléphones portables et nos écrans de voiture, en fournissant des informations en temps réel aux conducteurs sur la meilleure façon d’arriver à destination, dont le temps de trajet estimé et l’heure d’arrivée prévue.

Le logiciel a révolutionné la manière dont les gens conduisent. Comme des systèmes GPS classiques, il vous débarrasse des cartes imprimées et recalcule l’itinéraire si vous vous trompez. Ce logiciel imperturbable met aussi à jour ses instructions en temps réel et base ses conseils notamment sur les recommandations d’autres utilisateurs afin d’éviter des embouteillages et autres ralentissements sur la route.

Waze navigation screen (photo credit: Courtesy)
Ecran de navigation Waze. (Autorisation)

La technologie a été développée par les fondateurs israéliens Ehud Shabtai, Amir Shinar et Uri Levine. Elle a été rachetée par le géant américain Google en 2013 pour environ un milliard de dollars.

Mieux utiliser les transports publics : Moovit

Cette application pour smartphone permet aux utilisateurs de trouver le meilleur moyen afin de parvenir à leur destination en utilisant les transports publics. Cet été, cette start-up israélienne a passé le cap symbolique du demi-milliard d’utilisateurs dans le monde. Moovit, fondée par les entrepreneurs Bir Erez, Roy Bick, et Yaron Evron et qui a son siège à Ness Ziona, est surnommée la « Waze pour les transports publics ».

L’application Moovit en utilisation. (Autorisation)

L’application gratuite, dont les données sont renseignées par les utilisateurs, donne les horaires en temps réel des bus, trains, métros et tramway. L’application propose aussi des options pour aider les utilisateurs à trouver le moyen le plus rapide, le plus efficace pour atteindre leur destination, et donne des instructions précises pour s’y rendre.

A l’heure actuelle, l’entreprise a déjà levé 131,5 millions de dollars d’investisseurs dont Intel Capital, le département investissement d’Intel Corp., Sequoia Capital Israel, BMW i Ventures et NGP Capital, un fond d’investissement basé à Palo Alto, en Californie.

De l’eau à partir de l’air : Watergen

Cette start-up créée de l’eau potable en capturant l’humidité de l’air. Elle a été fondée en 2010 par Arye Kohavi, un ancien commandant d’une unité de reconnaissance dans l’armée israélienne.

Une personne prend de l’eau d’un générateur Watergen à Boukhara, en Ouzbékistan. (Capture d’écran : YouTube)

Cette machine qui fabrique de l’eau utilise une série de filtres pour purifier l’air. Après aspiration de l’air, qui est refroidi pour ôter l’humidité, l’eau qui se forme est traitée et transformée en eau potable.

Cette technologie utilise un échangeur thermique plutôt qu’en aluminium, ce qui aide à réduire les coûts. Elle comprend également un logiciel propriétaire qui fait fonctionner les différents dispositifs.

Contrôler la subsistance de tissus cancéreux : Dune Medical Devices

La start-up a développé le dispositif MarginProbe pour aider les chirurgiens à déterminer, en direct, s’ils ont bien enlevé tous les tissus cancéreux – aidant ainsi les femmes atteintes d’un cancer du sein à éviter une redoutable chirurgie de suivi visant à ôter les cellules cancéreuses résiduelles après excision d’une tumeur. Le dispositif a montré qu’il réduirait les ré-excisions dans les chirurgies de conservation du sein de plus de 50 % et il a été utilisé au cours de plus de 20 000 procédures dans des hôpitaux aux Etats-Unis et au sein de l’Etat juif, selon la firme.

MarginProbe de Dune Medical réduit le nombre de chirurgies de suivi du cancer du sein (Crédit : Autorisation)

La start-up avait été fondée en 2002 par le docteur Dan Hashimshony.

Sortir les roquettes du ciel : Le système de défense antimissile du Dôme de fer

Le Dôme de fer est un système de défense antiaérien développé par Rafael Advanced Defense Systems et Israel Aerospace Industries. En utilisant un radar et un logiciel avancés, ce dispositif, qui prédit la trajectoire prise par une roquette et la fait éclater dans le ciel, a aidé à sauver des vies en Israël au cours d’attaques menées depuis la bande de Gaza. Le système a été initialement déployé en 2011 près de Beer Sheva, où il avait intercepté avec succès son premier projectile. Ce sont le général de brigade Danny Gold et Chanoch Levine qui sont à l’origine du développement de ce système.

Un missile israélien lancé par le système antimissile du Dôme de fer, créé pour intercepter et détruire les roquettes à courte portée et les obus d’artillerie, dans la ville israélienne de Sdérot, le 12 novembre 2019. (Crédit : Menahem Kahana/AFP)

Lève-toi et marche : ReWalk Robotics

Cette firme israélienne a développé le « système d’exosquelette » ReWalk qui permet aux personnes paralysées de marcher en laissant les capteurs informatiques et de mouvement se charger de l’ensemble de la « lourde levée » du corps. Ce système contrôle les mouvements en utilisant des changements subtils intervenant dans le centre de gravité et imite la démarche naturelle. Il offre une vitesse de déplacement fonctionnelle – ce qui permet aux personnes paralysées de se lever, de marcher dans la rue et même de courir des marathons.

Avec l’aide de ReWalk Robotics, Dudu Shevy a pu marcher vers le dais nuptial. (Capture d’écran : Deuxième chaîne)

ReWalk Robotics est une compagnie israélienne inscrite au Nasdaq. L’inventeur du système, Amit Goffer, est un ingénieur mécanique, lui-même devenu paraplégique après un accident.

Aider l’aveugle à ‘voir’: OrCam

Cette start-up israélienne développe des produits basés sur les capacités d’interprétation visuelle avancées par ordinateur. Le produit de vision artificielle sans fil de la firme est, à la base, une caméra miniature attachée à un dispositif informatique, qui pèse moins de 30 grammes et qui est de la taille d’un doigt, avec un petit haut-parleur personnel placé à l’autre extrémité.

OrCam’s MyEye 2 peut reconnaître un texte de n’importe quelle surface. (Autorisation)

Lorsque la caméra OrCam est attachée au cadre d’une paire de lunettes, les utilisateurs peuvent désigner un texte, quelle que soit la surface – et le haut-parleur transforme l’image en mots et il la lit. De cette façon, les utilisateurs peuvent « lire » le journal, des menus au restaurant ou des livres – et même des bulletins électoraux. Ce logiciel basé sur l’intelligence artificielle utilise une caméra vidéo de haute résolution et des algorithmes intelligents qui analysent ce que voit la caméra et il lit ainsi en temps réel les informations à destination de l’usager.

Ziv Aviram, directeur-général et co-fondateur de cette start-up dont le siège est à Jérusalem, a créé l’entreprise en 2010 aux côtés du professeur Amnon Shashua. Les deux hommes sont également les fondateurs de MobilEye, fabricant de technologies automobiles de conduite autonome, qui a été acheté en 2017 par Intel Corp. au prix de 15,3 milliards de dollars.

Pour votre nouveau cœur : Le cœur en 3D

Les scientifiques de l’université de Tel Aviv ont dévoilé une impression en 3D d’un cœur avec du tissu humain et des vaisseaux au début de l’année, qualifiant leur réalisation « d’avancée médicale majeure » permettant d’élargir les possibilités en termes de greffes.

Le professeur Tal Dvir présente une impression 3D d’un cœur avec des tissus humains à l’université de Tel Aviv, le 15 avril 2019. (Crédit : Jack Guez/AFP)

Si l’objectif à accomplir reste encore éloigné, les scientifiques espèrent bien, un jour, être en mesure de produire des cœurs adaptés aux transplantations chez les êtres humains, ainsi que des pièces susceptibles de régénérer les cœurs défaillants.

Des cellules fantômes qui ciblent les cancers : NanoGhost

NanoGhost est une start-up qui a été créée par la professeure Marcelle Machluf et dont les activités se concentrent sur la nécessité de réduire les formes les plus mortelles de cancer en prenant pour cible les tumeurs, le plus précisément possible. Marcelle a développé sa technologie dans son laboratoire de l’Institut de technologie d’Israël-Technion et vient de fonder une start-up, en partenariat avec l’université, pour commercialiser sa technologie. La start-up a obtenu un financement, au début du mois, du fonds de capital-risque aMoon.

Dans leurs travaux, Machluf et son équipe du Technion ont utilisé des cellules-souches mésenchymateuses – des cellules, trouvées chez tous les êtres humains, qui jouent de multiples rôles dans le corps, en se différenciant en une grande variété de types de cellules. Ces dernières aident les cellules cancéreuses à se cacher du système immunitaire, ce qui permet au cancer de se développer et d’atteindre une taille que le système immunitaire est incapable d’attaquer ultérieurement.

Marcelle Machluf, professeure au Technion, à gauche, avec un assistant de laboratoire, le 19 juin 2019. (Crédit : Shoshanna Solomon/Times of Israel)

L’équipe de Machluf a pris ces cellules et les a vidées de leur contenu – créant des cellules dites « fantômes » – puis les a reconstruites en en faisant des nano-véhicules remplis de médicaments anti-cancéreux. Elles ont été alors réinjectées dans le sang, et diffusées directement dans les tumeurs. Les expérimentations faites sur les animaux ont montré que NanoGhosts pouvait réduire jusqu’à 85 % la taille des tumeurs dans le cancer du poumon à petites cellules, dans les cancers de la prostate et du pancréas, a fait savoir la firme.

Que disent vos intestins ? DayTwo

La start-up DayTwo a développé une application qui fournit des recommandations de nutrition personnalisées sur la base des bactéries intestinales présentes dans l’organisme avec pour objectif d’aider les diabétiques à trouver les meilleurs aliments susceptibles de leur éviter des pics de glycémie.

Les utilisateurs du service reçoivent un kit à domicile, à travers lequel ils envoient par courier un échantillon de selles à un laboratoire, qui va analyser le profil génétique bactérien de leurs intestins. Les malades doivent également remplir un questionnaire médical et soumettre les résultats d’une analyse sanguine. Ils obtiennent ensuite un régime personnalisé avec des recommandations sur les menus les plus adaptés à leur flore intestinale.

L’application DayTwo en fonctionnement. (Crédit)

DayTwo a été fondé en 2015 par Marius Nacht, qui est également le fondateur de la firme de cybersécurité israélienne Check Point Software Technologies Ltd., qui a pour président actuel Yuval Ofek, pour directeur-général Lihi Segal, et Yair Schindel qui y est associé.

La technologie de la firme se base sur des recherches qui ont été développées à l’Institut des sciences Weizmann. Les chercheurs ont réalisé la séquence génétique ADN de toutes les bactéries présentes dans l’intestin, puis ils ont créé des profils multiples d’individus sur la base de leurs bactéries. Leurs études ont montré que des individus différents, mangeant la même alimentation, peuvent avoir des réponses différentes en termes de glycémie en fonction de leurs bactéries intestinales.

Rêveries dans la Lune : Bereshit, par SpaceIL

Bereshit est un vaisseau spatial qui ne sera jamais parvenu à se poser sur la Lune – s’y écrasant – mais un projet gagnant, quoi qu’il en soit, en raison de la chutzpah et de l’audace dont il a témoigné. Si l’alunissage avait réussi, il aurait fait d’Israël le quatrième pays, avec le tout premier vaisseau spatial privé, à se poser sur la Lune.

Yariv Bash, (à droite), Yonatan Winetraub, (au centre), et Kfir Damari, les fondateurs de SpaceIL, insérant une capsule témoin dans le vaisseau spatial Bereshit, le 17 décembre 2018. (Yoav Weiss)

« Nous sommes sur la Lune, mais pas de la manière dont nous l’aurions voulu », avait commenté avec tristesse le directeur du contrôle opérationnel Alex Fridman alors qu’il s’adressait aux ingénieurs, dans la salle de contrôle, après que l’appareil s’est écrasé au mois d’avril.

Le vaisseau, qui faisait à peu-près la taille d’une voiture compacte, avait bénéficié d’un budget beaucoup moins élevé que celui dédié par les Etats-Unis, la Russie et la Chine à la fabrication de véhicules similaires dans le passé.

Cette idée folle était née dans l’esprit de trois amis qui se trouvaient dans un bar à Holon. Yonatan Winetraub, Kfir Damari et Yariv Bash avaient ensuite établi la start-up SpaceIL pour réaliser leur rêve d’alunissage. Ensemble, ils étaient parvenus à collecter environ 100 millions de dons, faisant travailler une équipe formée de dizaines d’ingénieurs – et ils avaient réussi à capturer l’attention et les rêves d’Israël et du monde.

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