Une journaliste agressée par un agent du Hamas pour non-port du Hijab
Le groupe terroriste a présenté des excuses officielles et emprisonné l'officier pour avoir "violé les directives vis-à-vis des civils", a dit le ministère de l'Intérieur

Le Hamas a présenté des excuses à Hamas Riwa Murshid, une journaliste palestinienne, dans la journée de vendredi, après que la jeune femme a été agressée par un membre des services de sécurité du groupe terroriste parce qu’elle n’aurait pas porté le hijab.
Iyad al-Bozm, porte-parole du ministère de l’Intérieur, a fait savoir que le Hamas « présente ses excuses à Riwa Murshid, » à l’issue d’une enquête menée sur le comportement de l’agent. Al-Bozm a ajouté que ce dernier serait emprisonné.
« Il y a eu une querelle entre Murshid et l’un des membres d’une unité militaire du Hamas chargée de constater les infractions et cet agent a contrevenu aux directives appliquées en termes de traitement des civils. Il l’a frappée à l’aide d’une branche avant qu’un collègue ne mette un terme à l’incident et qu’il autorise la journaliste à partir », a expliqué al-Bozm.
Murshid a confirmé que l’origine de la « querelle » avait été sa décision de ne pas porter le voile traditionnel arboré par les musulmanes pratiquantes, connu en arabe sous le nom de hijab.
« Mon corps et mes vêtements étaient indécents, ce sont les termes qui ont été employés par mon agresseur, ce qui explique pourquoi l’un des agents a utilisé une branche pour me frapper jusqu’à me laisser des marques douloureuses et visibles sur le corps », a écrit Murshid dans un post paru sur Facebook.
???? لا للإعتداء على جنود الحقيقة
ارفعوا أيديكم عن الصحافة والصحفيين#رواء_مرشد pic.twitter.com/PC31l5eMD1— شبكة القلعة الإعلامية (@alklaanews) April 28, 2021
Le Hamas, à la tête de la bande de Gaza depuis 2007, a été mis en cause par les groupes de défense des droits de l’Homme pour les restrictions exercées sur les libertés personnelles au sein de l’enclave côtière. Depuis son arrivée au pouvoir, le Hamas a renforcé les limitations sur les comportements qui, selon lui, sont contraires à la loi islamique, selon l’organisation Human Rights Watch.
Murshid, qui travaille pour le site d’information arabophone populaire Raseef22, était entrée dans une zone ouverte de la bande, en compagnie de plusieurs collègues, proche de la frontière avec Israël pour filmer. Ce n’était pas la première fois qu’ils se trouvaient dans le secteur : Murshid a précisé avoir obtenu l’autorisation du propriétaire des lieux d’y tourner des images.
Deux membres des forces de sécurité du Hamas se sont approchés de Murshid et de son équipe après le tournage. La journaliste dit avoir présenté sa carte de presse et avoir noté qu’elle avait la permission de filmer dans le secteur – les autorités du Hamas, pour leur part, nient cette version des faits.
« Alors que j’étais en train de me présenter en tant que journaliste, la conversation a tourné sur mon apparence et le fait que je ne portais pas le hijab a été évoqué », a continué Murshid. « Il me balançait des phrases les unes après les autres, il me disait que j’étais une mécréante, que je n’étais pas des leurs, que je n’avais pas le droit de m’exprimer et que je ferais mieux de me taire ».
L’agent a continué son harcèlement. Lorsque Murshid s’est insurgée en lui demandant de lui adresser la parole plus poliment, il l’a frappée avec une branche, a-t-elle raconté.
Le Centre pour les droits de l’Homme, un organisme indépendant à Gaza, a qualifié l’incident « d’agression caractérisée ». Le groupe a accusé le Hamas de chercher à imposer une « idéologie spécifique » sur la bande de Gaza.
« L’intervention des services de sécurité dans les libertés personnelles, et notamment dans la liberté pour les femmes de s’habiller comme elles le veulent, est une violation flagrante des libertés individuelles et une discrimination inacceptable à l’encontre des femmes », a commenté le Centre dans un communiqué.
Au mois de février, une cour islamique placée sous l’autorité du Hamas avait déclaré que les femmes devaient demander la permission d’un tuteur mâle si elles désiraient se rendre à l’étranger. Le groupe terroriste avait annoncé qu’il réexaminerait ce jugement, suite à une vive indignation et à de nombreuses condamnations.







