Une synagogue désaffectée s’effondre en Pennsylvanie
Les équipes d’urgence interviennent après l’effondrement des murs de l’ancienne synagogue Beth Israel, fondée en 1923 par des familles de marchands juifs

JTA – Une synagogue abandonnée dans la région charbonnière de Pennsylvanie, qui avait servi la communauté juive de Mahanoy City pendant plus de 80 ans jusqu’au début des années 2000, s’est partiellement effondrée jeudi soir, ont déclaré des responsables et des riverains aux médias locaux.
Les équipes d’urgence sont intervenues après des signalements faisant état de murs effondrés et de débris éparpillés à l’ancienne synagogue Beth Israel, un bâtiment en briques dont la première pierre avait été posée en 1923.
Aucun blessé n’a été signalé, selon Skook News, un site d’information couvrant le comté de Schuylkill. Les équipes ont commencé à démolir ce qui restait de la structure et à évacuer les débris.
« C’est triste de voir ces bâtiments disparaître. J’ai vécu à Mahanoy City et y ai travaillé toute ma vie ; ces bâtiments historiques semblent disparaître les uns après les autres », a déclaré Paul Coombe, président et historien de la Mahanoy Area Historical Society, à la chaîne de télévision WFMZ.
Selon les archives locales, la première congrégation juive organisée de Mahanoy City remonte à 1888. Des familles et commerçants juifs se sont installés dans cette région, située à environ une heure et demie au nord-est de Harrisburg, au début du siècle. Ils y ont ouvert des magasins et des commerces pour répondre aux besoins de l’économie charbonnière en plein essor.
« Quand on parle des communautés juives de la Rust Belt, les Juifs ne sont pas venus pour travailler directement dans cette industrie ou dans cette main-d’œuvre. Ils sont venus pour la soutenir », explique Alanna Cooper, présidente du département d’études juives à l’université Case Western Reserve et spécialiste des synagogues disparues. « Ils avaient identifié cette niche économique pour répondre aux besoins des personnes qui travaillaient dans les mines ou l’industrie. »
À son apogée, la population juive de l’arrondissement comptait environ 50 familles. Celles-ci ont fondé la synagogue et, dans les années 1930, un cimetière juif. Comme beaucoup de petites communautés juives de la Rust Belt, la congrégation Beth Israel a décliné avec le recul de l’industrie et de l’économie locale dans les décennies qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale.
En 2003, la synagogue a cessé ses offices réguliers ; ses portes ont été scellées et le bâtiment condamné, raconte le rabbin Akiva Males, un rabbin de Harrisburg qui a publié en 2012 un article sur l’histoire de Beth Israel. Avant la fermeture du lieu de culte, les dirigeants de la congrégation ont vendu les rouleaux de la Torah et donné les objets rituels à des synagogues actives situées hors de la région.
En 2015, l’auteur Ted Merwin a rapporté dans le New York Jewish Week que les vitraux de Beth Israel avaient finalement été installés à Eitz Chayim of Dogwood Park, une synagogue orthodoxe de la côte sud de Long Island, dans des circonstances demeurées floues. Les responsables d’Eitz Chayim ont affirmé avoir reçu l’autorisation d’emporter les vitraux de la part de dirigeants locaux non identifiés.
Le même article indiquait que les descendants des familles de Beth Israel réclamaient la restitution des vitraux ou leur paiement à leur « juste valeur marchande », qu’ils espéraient consacrer à l’entretien du cimetière. L’affaire a été portée devant les tribunaux de l’État en 2017, mais son issue reste inconnue.
Merwin a indiqué cette semaine que, si les circonstances dans lesquelles les huit vitraux ont été transférés à Long Island restent mystérieuses, l’issue pourrait néanmoins être satisfaisante.
« Les vitraux sont magnifiques », a déclaré Merwin. « Quel est l’héritage de ces communautés disparues et tombées dans l’oubli ? Au moins, c’est une forme d’héritage durable. »
Cooper, qui prépare un ouvrage sur la préservation et la cession des biens des congrégations en déclin, a souligné que la disparition d’une synagogue touche profondément les Juifs attachés à cette mémoire historique.
« Les Juifs américains ont soif de communauté, et nous sommes en train de la perdre sous l’effet de la mobilité et des technologies numériques », a-t-elle déclaré. « La disparition de la communauté n’est pas seulement une histoire juive, elle trouve un écho bien au-delà. Que signifie appartenir à une communauté soudée où tous les adultes étaient comme des oncles et des tantes pour les enfants ? C’est quelque chose qui est en train de se perdre. »







