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Violence contre le personnel médical : Le système de santé publique en grève

Les établissements fonctionnent selon un calendrier de week-end avec des services réduits pendant 24 heures, le syndicat exigeant des mesures pour protéger les soignants

Illustration : Une affiche sur laquelle on peut lire : " Grève ! Arrêtez la violence dans le système de santé", à l'hôpital Hadassah Mount Scopus suite aux récentes attaques violentes contre le personnel, 19 mai 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)
Illustration : Une affiche sur laquelle on peut lire : " Grève ! Arrêtez la violence dans le système de santé", à l'hôpital Hadassah Mount Scopus suite aux récentes attaques violentes contre le personnel, 19 mai 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Le personnel des hôpitaux et cliniques publics a lancé une grève d’une journée lundi pour protester contre une série d’incidents violents à l’encontre des travailleurs médicaux.

L’action s’étend à tous les hôpitaux généraux, gériatriques, psychiatriques et de réadaptation du pays, ainsi qu’aux organismes de gestion de la santé, a déclaré l’Association médicale israélienne (IMA) dans un communiqué.

Elle a débuté à 7 heures ce matin et se poursuivra pendant 24 heures. La grève a été lancée malgré l’appel du directeur général du ministère de la Santé, Moshe Bar Siman-Tov, à l’annuler.

Les sites fonctionneront selon un horaire de week-end et n’offriront que des services réduits. L’IMA mettra en place une commission chargée de statuer sur les cas particuliers. Les services de consultation externe et les dispensaires sans rendez-vous seront également en grève, avec l’annulation probable des rendez-vous pour les bilans de santé et les traitements.

Le directeur-général du ministère de la Santé, Moshe Bar Siman-Tov, sur un site de testage au coronavirus type drive-in à Tel Aviv, le 20 mars 2020 (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

« Les services de dialyse urgente, les soins intensifs, les salles d’urgence, les salles d’accouchement, les naissances prématurées et les traitements oncologiques fonctionneront pendant la grève », a déclaré l’IMA. Les traitements de FIV seront examinés par la commission des exceptions.

Les caisses de santé et les centres de santé de district devraient également réduire leurs activités, à l’exception des cliniques de gastro-entérologie pour les opérations qui ne peuvent être reportées, les traitements de jour, les traitements oncologiques et les examens de suivi de dépassement de terme pour les femmes enceintes.

« Malgré la montée de la violence, et malgré le nombre de cas de violence, ni les employeurs ni le ministère de la Santé ne font assez pour éradiquer les cas de violence », a déclaré l’IMA.

Le syndicat demande que davantage d’agents de sécurité et de policiers soient déployés dans les hôpitaux et qu’ils se voient accorder des pouvoirs accrus à l’encontre des contrevenants. Le syndicat demande également des peines plus sévères pour les personnes reconnues coupables d’avoir agressé le personnel médical. Il a prévenu qu’en l’absence d’amélioration dans les semaines à venir, il déclencherait de nouvelles grèves. Par le passé, les hôpitaux et les centres de soins ont également connu des grèves sporadiques en raison de la violence.

Une grève au centre hospitalier Sourasky de Tel Aviv pour protester contre les récentes attaques violentes contre le personnel médical, le 16 juin 2022. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Le directeur général adjoint du ministère de la Santé, Sefi Mendlovic, a déclaré à la chaîne publique Kan que les médecins sont légitimement en droit d’exiger un environnement de travail sûr, mais a estimé que la grève ne sera pas efficace car un forum créé l’année dernière pour mettre en œuvre des changements a déjà commencé à appliquer les recommandations visant à réduire la violence.

« Il y aura des violences à l’avenir également, mais elles peuvent être considérablement réduites grâce aux mesures que nous avons commencé à adopter et aux peines de prison qui seront infligées aux agresseurs », a déclaré Mendlovic.

Kan a rapporté dimanche que parmi les demandes formulées par l’IMA figurait la possibilité pour les policiers et les agents de sécurité stationnés dans les hôpitaux de verbaliser les contrevenants sur place. Les aspects juridiques de cette demande sont en cours d’examen, selon le rapport.

Le président de l’IMA, Zion Hagay, a déclaré à Ynet que si, d’ici quelques semaines, aucune mesure significative n’est prise pour améliorer la sécurité du personnel médical, le syndicat appellera à de nouvelles grèves.

Le professeur Zion Hagay, président de l’Association médicale d’Israël. (Crédit : Twitter)

Ses remarques sont intervenues le jour même où un médecin a été agressé dans une clinique pour femmes à Akko. Un homme qui accompagnait sa femme a été prié de quitter la pièce pendant un examen et a répondu en giflant le médecin à plusieurs reprises et en lui jetant des objets, rapporte Ynet. L’homme a été arrêté.

La semaine dernière, la police a arrêté une patiente de 17 ans dans un centre de santé pour femmes à Ramle, soupçonnée d’avoir attaqué un médecin avec un poing américain et de lui avoir donné un coup de pied à la tête. Le médecin a dû être pris en charge dans un hôpital voisin.

La veille, un arrêt de travail de deux heures a été demandé au centre hospitalier Soroka après qu’un pédiatre a été agressé physiquement par les parents d’un garçon de 15 mois qui était soigné à l’hôpital.

Les cas de violence contre le personnel médical ne sont pas rares en Israël. En juin dernier, le syndicat des médecins avait annoncé une grève de deux jours pour protester contre la violence à l’encontre des médecins et contre l’incapacité supposée de l’État à mettre en œuvre un plan de lutte contre ces incidents.

Le ministre de l’Intérieur et de la Santé Aryeh Deri, au centre, entre le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à droite, et le ministre de la Justice Yariv Levin, à gauche, lors d’une réunion du cabinet au bureau du Premier ministre de Jérusalem, le 8 janvier 2023. (Crédit : RONEN ZVULUN / POOL / AFP)

En mai dernier, le ministère des Finances avait approuvé un budget pour l’embauche d’agents de police qui seront postés dans 28 hôpitaux du pays, dans un contexte de violence croissante contre le personnel médical.

La grève a eu lieu alors qu’Israël se retrouve sans ministre de la Santé, le Premier ministre Benjamin Netanyahu ayant été contraint de démettre Aryeh Deri de ses fonctions pour se conformer à une décision de la Haute cour selon laquelle il n’est pas apte à exercer cette fonction en raison de ses multiples condamnations pénales passées.

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