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Analyse

Washington, défenseur numéro 1 d’Israël après l’attaque du Hamas

Les violences ont fait que le président américain a relégué ses désaccords avec Benjamin Netanyahu au second plan et promis "un soutien total" à Israël

Le président américain Joe Biden rencontrant le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, à New York, le 20 septembre 2023. (Crédit : Susan Walsh/AP)
Le président américain Joe Biden rencontrant le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, à New York, le 20 septembre 2023. (Crédit : Susan Walsh/AP)

Le choc de l’attaque du Hamas contre Israël a ramené les États-Unis vers un rôle qu’ils connaissent bien : celui de soutien sans faille de l’État hébreu, utilisant son influence et sa puissance militaire pour protéger son allié historique.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a entretenu des relations difficiles avec les présidents démocrates comme Joe Biden, en raison de l’opposition du dirigeant israélien à une souveraineté palestinienne et à tout contact plus avancé avec l’Iran. Récemment, c’est une réforme du système judiciaire par son gouvernement très marqué à droite qui a mis les liens entre les deux pays à l’épreuve.

Mais M. Biden avait déjà décidé de tourner une page avec M. Netanyahu pour pousser à un accord de normalisation entre Israël et l’Arabie saoudite.

Mais la violence a aussi fait que le président américain a relégué ses désaccords avec M. Netanyahu au second plan et promis « un soutien total » à Israël. Washington a envoyé des munitions à son allié et ordonné à un navire de guerre de faire route vers la Méditerranée orientale, un avertissement voilé à l’adresse de l’Iran, allié du Hamas.

Interrogé sur la situation à Gaza, le porte-parole du Conseil de sécurité nationale John Kirby a déclaré que l’État hébreu « avait le droit de se défendre » et qu’il le faisait par conséquent de « façon très musclée ».

La réponse américaine n’a pas été « le jargon habituel sur l’appel à toutes les parties à montrer de la retenue. Ce fut ‘nous allons donner à Israël tout ce dont il a besoin’ et afficher un soutien clair, sans ambiguïté », estime David Makovsky du centre de réflexion Washington Institute for Near East Policy.

L’analyste s’attend à ce que la diplomatie américaine se focalise sur la protection d’Israël, y compris de critiques onusiennes, et sur la libération des otages plutôt que de tenter de contenir les représailles du gouvernement Netanyahu contre la bande de Gaza contrôlée par le Hamas.

« Il s’agit clairement du 11-Septembre israélien, et je pense que l’administration (Biden) estime que c’est son rôle de donner à Israël le répit dont il a besoin », ajoute-t-il.

Des avions à réaction F-35i israéliens et F-15 américains lors d’un exercice au-dessus d’Israël, le 29 novembre 2022. (Crédit : Armée israélienne)

Avec le soutien de la droite évangélique, le prédécesseur de M. Biden, le républicain Donald Trump, avait accédé à plusieurs demandes d’Israël, comme reconnaître Jérusalem comme sa capitale.

L’administration Biden est revenue à la position américaine consistant à appeler à l’établissement d’un État palestinien, mais n’a que très peu fait pour concrétiser cet objectif, ne voyant pas d’ouverture sous le gouvernement Netanyahu.

La violence de l’assaut du Hamas a sidéré les responsables américains. L’émissaire des États-Unis pour la lutte contre l’antisémitisme, Deborah Lipstadt, l’a qualifié de « l’attaque la plus meurtrière contre des Juifs depuis la Shoah ».

« Personne n’a le droit de dire à Israël comment se défendre », a-t-elle dit.

Pour Martin Indyk, ex-ambassadeur des États-Unis auprès d’Israël aujourd’hui au Council on Foreign Relations, même si M. Biden encourageait M. Netanyahu à faire preuve de retenue, « cela tomberait probablement dans l’oreille d’un sourd à ce stade ».

Mais une contre-offensive musclée d’Israël, qui a déjà annoncé cesser de fournir électricité, eau et nourriture à la bande de Gaza, pourrait enflammer davantage le Moyen-Orient. Or c’est ce que tentent précisément d’éviter les États-Unis, concentrés sur leur concurrence avec la Chine et la Russie, deux pays qui travaillent étroitement avec l’Iran et dont les relations se réchauffent avec l’Arabie saoudite.

« Sur le plan des valeurs, les États-Unis se tiennent aux côtés d’Israël ; sur le plan des intérêts, les États-Unis doivent pousser de côté la Russie et la Chine », résume Laura Blumenfeld, ancienne conseillère au sein de l’équipe de négociateurs du département d’État américain sur le conflit israélo-palestinien.

Pour elle, l’Arabie pourrait jeter son dévolu sur un autre camp si elle perçoit Israël comme étant faible.

Les membres de la Chambre des représentants avant un vote au Capitole américain, à Washington, le 30 juin 2021. (Crédit : AP Photo/J. Scott Applewhite, File)

Depuis l’assaut, les conservateurs américains ont attaqué Joe Biden pour sa discrète diplomatie avec l’Iran, même si Démocrates comme Républicains ont serré les rangs et appelé à davantage d’aide pour l’État hébreu.

Mais le soutien autrefois inébranlable dont bénéficiait Israël au Congrès américain a décliné ces dernières années, M. Netanyahu étant vivement critiqué par la gauche notamment en raison des implantations en Cisjordanie.

Pour Phyllis Bennis, de l’Institute for Policy Studies, les États-Unis seraient en position de demander au Hamas et à Israël d’assumer leurs responsabilités en ce qui concerne les civils.

« Si vous voulez vraiment mettre fin à la violence, vous devez vous pencher sur les causes profondes, même si beaucoup sont réticents à le faire », dit-elle.

Mais elle craint que Washington ne joue « un rôle très dangereux » en justifiant les actions d’Israël à Gaza, ce qui « pourrait être dévastateur ».

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