Washington demande à l’ONU d’ignorer le rapport « partial » sur la guerre de Gaza
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Washington demande à l’ONU d’ignorer le rapport « partial » sur la guerre de Gaza

Le porte-parole du Département d'Etat affirme qu'il n'est pas nécessaire que le Conseil de sécurité débatte de ce rapport

De gauche à droite : le membre de la Commission d'enquête sur le conflit de Gaza en 2014, Doudou Diene, la présidente de la commission, McGowan Davis, et l'officier d'Information pour le Bureau du Haut-Commissaire aux droits de l'homme, Rolando Gomez, assistant à une conférence de presse, le 22 juin 2015, aux bureaux des Nations unies à Genève.(Crédit : AFP / FABRICE COFFRINI)
De gauche à droite : le membre de la Commission d'enquête sur le conflit de Gaza en 2014, Doudou Diene, la présidente de la commission, McGowan Davis, et l'officier d'Information pour le Bureau du Haut-Commissaire aux droits de l'homme, Rolando Gomez, assistant à une conférence de presse, le 22 juin 2015, aux bureaux des Nations unies à Genève.(Crédit : AFP / FABRICE COFFRINI)

Le rapport de l’ONU consacré aux possibles crimes de guerre commis pendant le conflit de Gaza de l’été dernier ne doit pas être présenté au Conseil de sécurité ou utilisé pour d’autres travaux des Nations unies, ont exhorté les Etats-Unis mardi, contestant l’équité du Conseil des droits de l’Homme (CDH) à l’origine de l’enquête.

Le porte-parole du département d’Etat, John Kirby, a déclaré que Washington considérait le CDH comme ayant un « parti pris évident » contre Israël, ce qui ternis le rapport publié lundi, qui a accusé Israël et les membres des groupes armés palestiniens de possibles crimes de guerre lors du conflit de 50 jours de l’été dernier.

« Nous contestons le fondement même sur lequel ce rapport a été rédigé, et nous ne croyons pas qu’il y ait un appel ou une nécessité pour tout autre travail du Conseil de sécurité sur cette [question] », a déclaré Kirby lors d’une conférence de presse.

« Nous rejetons le fondement en vertu duquel cette commission particulière d’enquête a été établie, en raison de sa partialité très nette contre Israël. »

Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR) devrait discuter du rapport le 29 juin et pourrait décider de l’envoyer au Conseil de sécurité pour qu’il poursuive l’action. Lundi, Kirby a déclaré que les Etats-Unis ne feraient pas partie de ce processus.

Lorsqu’on lui a demandé si le rapport devait être déférée à la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye pour une enquête pour crimes de guerre, Kirby a simplement répondu que les Etats-Unis ne « soutenaient aucun autre travail de l’ONU sur ce rapport ».

La CPI a été créée par les Nations unies, mais pas directement sous son égide.

Kirby a également précisé que les États-Unis continuaient d’évoquer avec Israël leurs préoccupations sur la conduite de l’armée pendant la guerre de l’été dernier.

« Nous nous sommes montrés très clairs sur les problèmes que nous avions à l’époque avec l’usage de la force et nous nous sommes montrés très clairs auprès du gouvernement israélien sur nos préoccupations au sujet de ce qui se passait pendant ce conflit », a-t-il souligné.

« Nous avons un dialogue permanent avec le gouvernement d’Israël sur toutes ces sortes de choses ; le dialogue a continué et continue. »

Lundi, le porte-parole de la Maison Blanche, Josh Earnest, a déclaré que l’administration étudiait le rapport.

Même si Israël a un « droit à l’auto-défense », les Etats-Unis « ont exprimé leur profonde préoccupation au sujet des civils dans la bande de Gaza qui étaient en danger [pendant la guerre] ».

« Et nous avons exhorté toutes les parties à faire tout leur possible pour protéger les civils innocents qui ont été essentiellement pris dans les échanges de tirs de ce conflit », a déclaré Earnest. « Nous attendons d’autres conclusions du gouvernement israélien sur cette question en particulier. »

Le rapport de l’ONU, qui a constaté que les frappes aériennes israéliennes sur les bâtiments résidentiels ont causé de nombreux morts parmi les civils et a suggéré que les dirigeants israéliens les ont sciemment mis en danger, a été fermement rejeté par les responsables israéliens.

L’une des premières réponses au rapport fut celle du ministère des Affaires étrangères, qui a déclaré que le gouvernement israélien était en train d’examiner les conclusions, mais a rejeté le mandat « moralement vicié » donné à l’UNHRC pour enquêter sur la guerre.

« Il est regrettable que le rapport ne parvienne pas à reconnaître la profonde différence entre le comportement moral d’Israël lors de l’opération Bordure protectrice et les organisations terroristes auxquelles il s’est confronté », a déclaré le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.

« Ce rapport a été commandé par une institution notoirement partiale, qui a donné un rapport évidemment partial, et a initialement été dirigé par un président grossièrement partial, William Schabas », a indiqué le communiqué, notant le traitement démesuré par le CDH – par rapport aux principaux pays violant les droits de l’Homme comme l’Iran, la Corée du Nord et d’autres – des infractions alléguées d’Israël.

« Israël est une démocratie attachée à la primauté du droit, forcé de se défendre contre les terroristes palestiniens qui commettent un double crime de guerre : ils ciblent aveuglément des civils israéliens tout en mettant en danger de manière délibérée des civils palestiniens, dont des enfants, en les utilisant comme des boucliers humains », a conclu le communiqué israélien.

Le rapport a également constaté que des roquettes des « groupes armés palestiniens » avaient tiré aveuglément sur des civils israéliens, une constatation qui a été rejetée par le groupe terroriste du Hamas qui est de facto au pouvoir à Gaza.

Les responsables israéliens ont refusé de coopérer avec la commission d’enquête et l’ont rejetée depuis la formation du panel car ils l’ont considérée partiale.

Schabas, le professeur juif canadien qui a d’abord dirigé la commission d’enquête du HRC, a démissionné en février en raison des accusations de partialité qui pesaient contre lui et a été remplacé par l’ancienne juge de New York Mary McGowan Davis.

AFP et Mitch Ginsburg ont contribué à cet article.

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